Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesAAmon Düül II › Tanz der lemminge

Amon Düül II › Tanz der lemminge

  • 1971 - Liberty, LBS 83473/74 (2 vinyle)

lp | 6 titres

  • 1 Syntelman's March of the Roaring Twenties (15:47)
  • 2 Restless Skylight-Transistor-Child (19:28)
  • Chamsin Soundtrack
  • 3 The Marilyn Monroe-Memorial-Church (Impr.) (18:05)
  • 4 Chewing Gum Telegram (2:43)
  • 5 Stumbling over Melted Moonlight (4:34)
  • 6 Toxicological Whispering (7:48)

enregistrement

Allemagne, 1971

line up

Peter Leopold (batterie, percussions, piano), Karl-Heinz Hausmann (électronique), John Weinzierl (guitares acoustiques et électriques, chant, piano), Chris Karrer (guitares acoustiques et électriques, violon, chant), Lothar Meid (basse, contrebasse, choeurs), Falk U.Rogner (orgue, électronique), Al Gromer (sitar), Jimy Jackson (orgue, piano, choeurs), Henriette Kroetenschwanz (chant), Rolf Zacher (chant)

chronique

Combien de groupes sont parvenus à publier deux doubles albums studio, l'un à la suite de l'autre, avec seulement un an d'intervalle ? Je n'en connais pas. Ou plutôt, je n'en connais qu'un, et il s'agit de Amon Düül II. "Tanz Der Lemminge" me fait l'impression d'une image miroir. Bien qu'étant le dernier volet d'une trilogie de l'extrême avec laquelle la formation germanique ne renouera jamais, il donne l'impression de reprendre à son compte le discours de "Yeti" mais à rebours, c'est à dire en débutant par les pièces les plus longues (trois plages entre quinze et vingt minutes tout de même), laissant le soin aux titres les plus courts de mettre un terme à ce nouveau périple cinématographicauditif, vous me pardonnerez (ou pas) ce néologisme. Mais à l'image de tous les types de reflets, celui que nous offre "Tanz Der Lemminge" est traître. La restitution de l'image n'est pas fidèle, le groupe allemand semant déjà dans son discours les premières graines d'un changement en profondeur qui va rapidement bousculer leur devenir. En dépit de leurs longueurs, "Syntelman's March of the Roaring Twenties", "Restless Skylight-Transistor-Child" et "Chamsin Soundtrack" sont en réalité des suites, constitiuées d'embryons d'idées mises bout à bout sans lien apparent entre elles. Preuve s'il en est que la sauce ne prend pas toujours même quand on se laisse déborder par le processus créatif... Pour cette raison, il me sera bien difficile de recommander ce disque auprès des néophytes tant son entrée en matière ma paraît ardue (contrairement aux trois derniers titres de proportions plus modestes - et digestes dirons-nous - recelant un nombre hautement plus conséquent de pistes à creuser qu'une seule des trois monstruosités précitées). Les parties strictement improvisées ne se partagent plus la plus grosse part du gateau comme autrefois mais possèdent, il est vrai, une noirceur et un abandon parfaitement maîtrisé (je pense surtout au très planant "The Marilyn Monroe Memorial Church"). En lieu et place, l'esthétique du groupe commence tout doucement à se parer de couleurs inédites (guitares acoustiques entre autres) et, plus encore, s'efface au profit d'un mode d'écriture beaucoup plus convenu qui, plus tôt que tard, finira bien par imposer un cadre à une musique pourtant fondamentalement éprise de liberté.

note       Publiée le mardi 20 juin 2006

partagez 'Tanz der lemminge' sur les rseaux sociaux

ajoutez des tags sur : "Tanz der lemminge"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Tanz der lemminge".

ajoutez une note sur : "Tanz der lemminge"

Note moyenne :        12 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Tanz der lemminge".

ajoutez un commentaire sur : "Tanz der lemminge"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Tanz der lemminge".

Raven › dimanche 2 décembre 2018 - 14:17  message privé !
avatar

Ouais il est génial ce groupe, et ne surtout pas passer à côté de Wolf City, une vraie partouze cosmique.

Aladdin_Sane › samedi 1 décembre 2018 - 15:32  message privé !

Quel groupe et quel disque fascinant ! Tout au long de l'album, on a effectivement cette impression que la musique a (encore) une incroyable liberté. Comme pour Can, l'accrochage à cette musique bigarrée, qui me semblait sans queue ni tête au premier abord, a pris du temps. Depuis, je reviens fréquemment m'abreuver à cette source incroyable.

Note donnée au disque :       
Raven › jeudi 22 décembre 2016 - 09:08  message privé !
avatar

Faut prendre le temps avec celui-ci. Circonspection. Les premières fois j'avais l'impression frustrante - tout en sentant bien qu'il se passait plein de choses là-dedans - de me fader une démo sans fin à base de jams mal captées, avec un son qui fait des zig-zags énervants, le tout parti d'une chanson folk débile. Le déclic a eu lieu via les passages successifs sur "Marilyn Monroe..." (une vraie maison hantée cette piste).

snooky › mardi 10 février 2009 - 19:32  message privé !

J'avais pas fait attention, mais comparer Léo Ferré et Amon Duul II , c'est très audacieux. Celà dit, quand on a des choses à dire, on ne compte pas. A la différence de Léo Ferré, Amon Duul II a certainement fourgué ses armes un peu trop rapidement...

Note donnée au disque :       
snooky › mardi 10 février 2009 - 19:12  message privé !

Paradoxalement, cet album me paraît beaucoup moins intense que les deux précédents.Peut être parce que les idées semblent plus confuses.Amon Duul II est déjà au sommet de son art et la chute n'en sera plus que douloureuse.Un bon disque malgré tout, fort recommandable...

Note donnée au disque :