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Underworld › A hundred days off

10 titres - 62:13 min

  • 1/ Mo Move (6:53)
  • 2/ Two Months Off (9:07)
  • 3/ Twist (6:24)
  • 4/ Sola Sistim (6:26)
  • 5/ Little Speaker (8:36)
  • 6/ Trim (3:22)
  • 7/ Ess Gee (2:20)
  • 8/ Dinosaur Adventure 3D (7:55)
  • 9/ Ballet Lane (3:39)
  • 10/ Luetin (7:00)

enregistrement

Recorded, engineered and mixed by Rick Smith and Mike Nielsen at Lemonworld (Essex, UK). Mastered by Kevin Metcalfe at Soundmasters (London, UK).

line up

Karl Hyde (machines, voix), Rick Smith (prodution, machines), Juanita (spoken word)

remarques

chronique

Styles
techno
Styles personnels
deep house

Qu’attend-t-on vraiment d’un disque de techno ? Qu’il nous donne des fourmis dans les pattes ? Qu’il impressionne sur le poste de la Peugeot 206 (certains se contentent de ça...) ? Ou bien qu’il nous fasse voyager ? Qu’il nous transporte dans un univers bien à part, comme peut le faire un disque de métal, de progressif ou de psyché ? C’est la question que s’était déjà posé le duo Orbital, désireux de faire évoluer les mentalités et surtout les attentes que l’on peut avoir envers un disque de techno. Beaucoup n’osent pas espérer tant en écoutant cette musique. Pourtant les tentatives réussies d’insuffler une âme dans le corps mécanique et précis d’une techno ou d’une house résolument dansante sont légion. Cette gageure, Underworld est l’un des groupes à l’avoir le mieux réussi. L’enchanteur « Second Toughest In The Infants », déjà présenté en ces lignes par proggy, en témoigne… C’était en 1996 et depuis, bien des déboires sont arrivés au trio. La gloire est passée par là, Darren Emerson a quitté le groupe, et Karl Hyde a sombré dans le silence et l’alcoolisme. Autant dire qu’on ne s’attendait pas à les revoir sur le devant de la scène en 2002, à une ère ou la techno était volontiers donnée pour morte… Et pourtant, discrètement, le duo a pansé ses plaies, Hyde s’est remis de son addiction en écoutant les variations Goldberg (!) et un bien impromptu « A Hundred Days Off’ » (titre en forme de clin d’œil à la période d’absence du groupe ?) est atterri dans les bacs sans crier gare. Et si l’heure de gloire du groupe est passée, c’est le moment pour eux de livrer leur album le plus personnel et profond. De quoi faire balbutier les critiques qui ont parlé de « blues électronique » à l’époque, ne sachant trop à quel saint se vouer pour cerner ce retour en force (Hyde, après une crise d’inspiration énorme, est ici à l’apogée) condamné à passer inaperçu. Musicalement, en effet, une sorte de spleen lascif se dégage de ces 10 pistes, souvent étirées comme Underworld les affectionne, mais parfois courtes, comme ce superbe « Ess Gee », une simple bluette cousue main à la guitare slide, ou encore « Trim », sorte de chanson éléctro pop à la voix légèrement vocodée, idéale bande-son d’une virée en voiture sous la pluie. Et que dire de « Sola Sistim », si ce n’est qu’elle se rapproche le plus possible de l’idée d’un blues électronique… Non, rassurez vous, pas de samples à la Moby ici. Pas de samples du tout d’ailleurs. Ces incartades renforcent le parti pris ambient du disque, qui s’entend dans les sonorités toujours douces et souples, même dans les pièces les plus dancefloor comme « Dinosaur Adventure 3D » envolée techno verdoyante et fraîche, virevoltant à des hauteurs vertigineuses. C’est la seule du disque d’ailleurs. « Two Months Off » (aussi grand que Born Slippy), instantanément classique, s’ancre plus dans la mélodie et focalise sur la répétition des textures sonores (superbes claviers, un son qui décidément vieillit bien). Les autres morceaux uptempo, « Little Speaker » et « Luetin » en tête, sont évanescents mais toujours dansants, presque berçants, oserai-je écrire. Incontestablement, Hyde est le meneur du Underworld 2002. C’est lui qui chante sur presque tous les morceaux, écrit les paroles (abstraites, un brin zenifiantes dans l’esprit). Fait tout sauf anodin, séparés du DJ Emerson qui les avait rejoints en 92, les deux comparses se retrouvent dans la formation originale de leur groupe : Freur, groupe new-wave maudit de la fin des années 80 qui ne manquera pas d’être chroniqué ici un jour. Donc, quelque part, la boucle est bouclée. Dernier album pop et timide, et pourtant démesurément profond pour qui s’y attarde. Leur plus abouti ? C’est ce qu’on peut se demander, avec 4 ans de recul (A Hundred Days Off est sans cesse revenu sur la platine, entre-temps). Si le son Underworld a toujours été aérien, le vent n’a jamais été si résolu et paradoxalement, tempéré. Il charrie des myriades de basses frétillantes, toujours concoctées avec bonheur par le groupe, ainsi que cette mélancolie insistante qui nous rappelle que l’aventure Underworld s’achève ici. « Ballet Lane », downtempo cristallin, est encore une pépite à ranger dans les curiosités musicales qu’on peine à classer mais qui n’en resteront que plus longtemps dans nos oreilles. En s’affranchissant du genre techno à proprement dit, Underworld s’est offert son plus beau tour de danse, avant de se retirer, enfin en paix. (Ceci dit, depuis 2005, quelques minis albums en mp3 ont été diffusés de leur site… watch out)

note       Publiée le samedi 10 juin 2006

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Note moyenne        13 votes

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Raven › dimanche 22 novembre 2009 - 10:30  message privé !
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plus gonflant que gonflé

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cyprine › mardi 14 juillet 2009 - 10:03  message privé !

Barbant à donf oué !

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Wotzenknecht › samedi 30 mai 2009 - 10:43  message privé !
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ce skeud est comme une crème Gillette spéciale peaux sensibles : il rase sans douleur

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empreznor › mardi 28 octobre 2008 - 20:21  message privé !

moi j'aime les chamallows, mais que ceux vraiment sucrés.

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Walter Benjamin › lundi 7 avril 2008 - 23:48  message privé !
Bon, il est pas si naze, ce site...