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Keith Jarrett › Treasure island

8 titres - 44:17 min

  • 1/ The Rich [and The Poor] (9:26)
  • 2/ Blue Streak (2:35)
  • 3/ Fullsuvollivus [Fools of All of Us] (6:30)
  • 4/ Treasure Island (4:14)
  • 5/ Introduction & Yaqui Indian Folk Song (2:18)
  • 6/ Le Mistral (9:24)
  • 7/ Angles [without Edges] (5:23)
  • 8/ Sister Fortune (4:27)

enregistrement

Generation Sound Studios, New York City, USA, 27 et 28 février 1974

line up

Charlie Haden (contrebasse), Keith Jarrett (piano, saxophone soprano, percussions), Paul Motian (batterie, percussions), Dewey Redman (saxophone ténor, tambourin), Sam Brown (guitare), Guilherme Franco (percussions), Danny Johnson (percussions)

remarques

Il s'agit du pressage cartonné japonais à tirage limité

chronique

Styles
jazz
Styles personnels
free form > post bop

Au jeu des sept différences entre son quintette américain et son quartette européen, il y a des évidences qui ne trompent pas, même si on ne sait pas trop bien si les qualités que l'on décèle chez l'un ou l'autre sont des conséquences directes ou indirectes. Je m'explique ; l'oublié quintette américain a au moins le mérite de montrer une facette plus chaleureuse, plus abstraite du pianiste là où le quartette européen le conforte dans la préciosité glacée qui le définit encore aujourd'hui. En toute logique, opposer les deux styles de Dewey Redman et Jan Garbarek, aux antipodes l'un de l'autre, devrait pouvoir suffire à expliquer le phénomène. Cependant, on a connu l'américain nettemement plus hargneux en évoluant dans d'autres contextes. Aux côtés de Keith Jarrett, il se fera rarement violence, s'exprimant dans un registre qui le situerait plus volontiers quelque part à mi-chemin entre le Coltrane le plus audible et son dauphin Wayne Shorter. "Le Mistral" le prouve une fois encore. "Angles", à sa suite, plus ouvertement free, lui permet de se laisser aller à quelques stridences bien senties, mais tout cela se fait avec un minimum de tenue. Redman n'a de toute manière pas un tempérament de gueuleur comme Pharoah Sanders. Il est vrai que "Treasure Island" est un des rares disques du quintette américain, le seul même, à ne pas se perdre dans de longs développements, terrain propice aux envolées lyriques de toute sorte. Au contraire, Jarrett joue ici la carte de l'éclectisme sur une série de pièces au timing ramassé. Cela n'arrange toujours pas la nature plus ou moins dispersée de sa musique qui voit le pianiste s'abandonner à un style d'écriture mélodiquement imparable qui lui donne presque des côtés pop ("Sister Fortune" ou la plage titre), renforcé par la participation de Sam Brown à la guitare électrique et un Paul Motian qui ne montre pas la moindre réticence quant à l'idée de devoir adapter son langage ("The Rich and The Poor"). Irritant pour les puristes jazz, mais pas que pour eux, tant l'exercice paraît parfois désuet. Jeter une oreille à ce disque s'avère nécessaire si, comme quand on trempe son orteil dans l'eau, notre seul but est de prendre connaissance de la température avant de tenter le grand plongeon.

note       Publiée le mercredi 24 mai 2006

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