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Keith Jarrett › Expectations

  • 1972 • Legacy C2K65900 • 2 CD

11 titres - 77:50 min

  • 1/ Vision (0:51)
  • 2/ Common Mama (8:14)
  • 3/ The Magician in You (6:55)
  • 4/ Roussillon (5:25)
  • 5/ Expectations (4:29)
  • 6/ Take Me Back (9:33)
  • 7/ The Circular Letter [for J.K.] (5:04)
  • 8/ Nomads (17:23)
  • 9/ Sundance (4:31)
  • 10/ Bring Back The Time When [If] (9:53)
  • 11/ There is A Road [God's River] (5:32)

enregistrement

Columbia Studios, New York City, USA, avril 1972

line up

Charlie Haden (contrebasse), Keith Jarrett (piano, orgue, saxophone soprano, tambourin, percussions), Airto Moreira (percussions), Paul Motian (batterie, percussions), Dewey Redman (saxophone ténor, percussions), Sam Brown (guitare)

remarques

chronique

Styles
jazz
Styles personnels
free form > post bop

Tout ce que l'on aime ou tout ce que l'on déteste chez Keith Jarrett se trouve déjà concentré sur "Expectations", double album de 1972 qui a enfin fait son retour sur cd tout récemment. Les prétentions néo-classiques, la synthèse pianistique de l'auteur, le souci de modernité, la curiosité maladive qui en ces jeunes années porte avant tout sur l'exploration d'autres cultures musicales ; autant de manifestations flagrantes qui vont dès lors conditionner sa carrière qui mettra pourtant du temps avant de faire, puis d'assumer, pleinement son choix. Avec "Birth", publié un an plus tôt, le pianiste élargissait déjà son trio en quartette, l'arrivée de Dewey Redman (Ornette Coleman) complétant un carré où évoluaient un autre fidèle de la cause free jazz, Charlie Haden, et le batteur Paul Motian. Ce qui jusque là semblait n'être qu'une déclinaison à peine plus personnelle de l'univers de Bill Evans va alors prendre une autre dimension, trop bigarrée peut-être pour susciter une parfaite et complète adhésion. Il faut sans doute interpréter ce nouveau virage comme le désir sincère du pianiste à vouloir tirer le meilleur parti de son transit dans la galaxie Davisienne, emportant avec lui au passage quelques trop rares flamboyeuses couleurs dont son monde est habituellement dépourvu. "Common Mama", mais plus encore l'ambitieux "Nomads", chassé croisé de plus d'un quart d'heure, en sont les dignes représentants, même s'ils lorgnent plus vers un Weather Report en mode acoustique. Le free jazz n'est pas oublié ; auréolé par la présence du saxophoniste ténor, "Roussillon" et "The Circular Letter" laissent à penser que Jarrett s'est fait un devoir d'analyser puis de reproduire les enseignements harmolodiques du grand maître. Sans doute les meilleurs moments de ce disque, de mon point de vue du moins. Enfin, la fascination pour la grande musique ne manque jamais de ressurgir, que ce soit sur "Vision", "There is A Road" ou la plage titre, délicatement soulignés par des filets de violons majestueux qui permettent aux titres de décoller. Entre autres curiosités, on notera la présence des ondulations funky du guitariste Sam Brown ("Take Me Back") mais surtout l'emploi de nappes d'orgue, un fait tellement exceptionnel en ce qui concerne Keith Jarrett qu'il se devait d'être souligné. En bout de course, "Expectations" ne répond peut-être pas à toutes les attentes mais en suscite de nouvelles qu'il ne tient au pianiste qu'à concrétiser.

note       Publiée le mercredi 24 mai 2006

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