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The Deadfly Ensemble › An entire wardrobe of doubt and uncertainty

  • 2006 • Trisol Tri 165 cd • 2 CD digipack

cd • 15 titres

  • 1Praise animals
  • 2Midsummer William
  • 3Black capped chaplains
  • 4Millions of flies
  • 5The anatomist
  • 6Cariodoc's kiss
  • 7In release of threepenny purge
  • 8The flight of the invisible siamese three year olds
  • 9An entire wardrobe of doubt and uncertainty
  • 10John fall apart John
  • 11Marimba improvisation no 29
  • 12Horse on the moor
  • 13Tee mit Hönig
  • 14Closina remarks
  • 15Kriminal Tango

line up

Lucas Lanthier (chant, guitares, programmation, marimba), Ashkelon Sain (guitares, basse, programmation), James Powell (guitares, basse, marimbas, harpischord), Mariza Rangel (violoncelle)

remarques

'Kriminal Tango' est chanté en duo avec Andi SexGang (Sex gang children)
Il s'agit de l'édition limitée proposant un 2ème cd de commentaires 'expérimentaux', un poster, un livret plus étoffé...

chronique

Styles
gothique
ovni inclassable
Styles personnels
cabaret folk batcave expérimental

Certains ont vu en Cinema Strange des opportunistes passéistes dont le seul talent consistait à remettre au goût du jour le batcave que l'électro avait depuis longtemps supplanté dans le coeur de bien des corbeaux. C'était sans compter leur talent et leur personnalité. Souvenez-vous, déjà leur second opus, 'Astonished eyes of evening', révélait un goût marqué pour le cabaret et des structures plus audacieuses, mais ce n'était sans doute pas assez pour leur chanteur Lucas Lanthier qui nous livre ici le premier cd de son side-project. Post-punks, batcaves étroits d'esprit, passez votre chemin, il n'y a ici rien pour vous ! En effet, 'An entire wardrobe of doubt and uncertainty est un album complexe et intense à l'écoute de par cette complexité. La base en est très cabaret folk, un prolongement des volontés de Cinema Strange débarrasé de tout relent post punk mais, à l'instar des Virgin Prunes à une certaine époque, Lucas s'en sert comme d'un cadre où libérer toutes ses pulsions, ses folies, d'où un certain nombre de pièces assez étranges. Citons 'Millions of flies', a cappella qui joue sur deux niveaux de voix et assume un côté faussement maladroit. Que dire de 'Marimba improvisation no 29' qui conjugue délires de boîte à rythme pour clavier à piles, improvisations de marimbas jouant sur les décalages, les accélérations...c'est un peu l'esprit de 'New form of beauty' que l'on retrouve ici, en plus ludique et moins industriel (feeling que l'on ressent mais en plus glauque sur l'instrumental 'Closina remarks') On pourrait aussi signaler que Lucas apprécie de rallonger les finals par quelques notes là où tout le monde s'attend à passer à la piste suivante. Pour le reste des chansons, je parlerais d'un cabaret assez allumé construit sur des arrangements de guitare, flirtant parfois avec le folk (sur les lignes de guitare sèche), de quelques cordes classiques, de restes batcave ('John fall apart John', 'Horse on the moor' qui se rapproche de...Cinema Strange !) et d'une percussion qui tout en rythmant l'ensemble lui donne de faux airs de fête foraine pour clowns funèbres. Silences, changements de tempi, coupures, accélérations, ralentissements sont comme des rois dans cet étrange théâtre surréaliste. Quant au chant, Lucas s'en donne à coeur joie, tour à tour poignant dans un rôle de mannequin brisé, fou, joueur, clown triste même proche d'un Sopor Aeternus cabaret sur 'Tee mit Hönig'...mais LE chef-d'oeuvre de ce disque est un titre bonus, une reprise de 'Kriminal Tango' en duo avec Andi SexGang ! Autant le dire, c'est le meilleur titre du disque, même si plus classique dans ses lignes, mêlant à la perfection en ses notes l'essence du batcave dans ce qu'il a de plus théâtral et du cabaret dans ce qu'il a de plus fou et malsain. Les alternances des deux chants, le contraste entre les parties post punk (celles de Andi) et celles de Lucas, cabaret en diable, sont maîtrisées à la perfection. Un titre à se proccurer d'urgence pour tout fan du genre ! Quant au reste du disque, il vaut l'achat même si on peut reprocher parfois une certaine similitude d'écriture sur les morceaux. Son écoute requiert néanmoins un esprit ouvert et il y a fort à parier qu'il ne plaira pas à tous; Lucas s'est fait plaisir et a pris des risques (à écouter son autre projet, Shangai Triade, il aime ça), ce qui est tout à son honneur. A noter que l'édition limitée propose un booklet enrichi, un poster, un second cd avec près de 50 minutes de commentaires sur le disques, des gigs de Deadfly Ensemble,... accompagnés de bruits, de conversations téléphoniques, de superpositions de voix qui en font presque une sorte de spoken word expérimental (témoignant de l'état d'esprit du géniteur de cet opus !), tout ça dans un luxueux digipack !

note       Publiée le mercredi 24 mai 2006

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Richard › samedi 4 juillet 2020 - 07:43  message privé !

Nostalgie de Cinema Strange quand tu nous tiens. Même si musicalement il y a évidemment de nettes différences entre les deux combos, avoir sa dose de Lanthier, ça me fait du bien ces temps-ci.

Note donnée au disque :       
cyprine › mardi 28 avril 2009 - 19:24  message privé !

Je préfère écouter du Marc Almond...

Note donnée au disque :       
disease_k › mercredi 24 mai 2006 - 01:49  message privé !
A noter la seconde grande personnalité de ce projet n'est autre que le compositeur de Trance To The Sun, Ashkelon Sain, qui a également produit le second album de Cinema Strange. Et qui joue actuellement dans Submarine Fleet aussi. Il faut vraiment que je mette la main sur cet album :)