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Compilations - Labels › Folks pop in at the Waterhouse

20 titres - 70:43 min

  • 1/ David-Ivar Herman Düne : An afternoon dance party - 2/ My Broken Frame : I was there - 3/ Pokett : Train (acoustic version) - 4/ Cyann & Ben : After those nights - 5/ Flowers From The Man Who Shot Your Cousin : No home - 6/ Julie Doiron : Swan pond - 7/ Oly Arkle : From Paris to Barcelona - 8/ Sleepy Yule Overture : Signifier/Signified - 9/ Tcharlz : Belleville - 10/ Adeline Fargier : White. Your blood - 11/ Wilfried : Mum's song - 12/ Rivkah : Don't fall - 13/ HitchcockGoHome! : The autumn leaf between us - 14/ Shantu : Fly me home - 15/ Loons : It might never happen - 16/ Matthew Carr : Italian perfume - 17/ El Boy Die : Lullaby - 18/ Lisa Li-Lund : Jewish Cemetery - 19/ Cowbird : Are you alive - 20/ Paloma : John Wood

enregistrement

Studios de Waterhouse Records, Paris, France.

chronique

Styles
folk
pop
Styles personnels
indie folk

Un nouvau label français vient de voir le jour, dédié à musique pop/folk indépendante. Personnellement, j'ai toujours eu un petit problème avec tous ces folkeux français qui chantent en Anglais, font la même musique que Jonathan Richman, Leonard Cohen, Elliott Smith, Will Oldham, et un bon millier d'autres... et prônent l'acculturation, ou plutôt l'adoption totale d'une culture anglo-saxonne qu'ils ne parviendront de toute façon jamais à égaler (parce qu'en France, le seul "folk" authentique, c'est Brassens, qu'on le veuille ou non). Il ne s'agit nullement de chauvinisme, simplement d'une interrogation : pourquoi se donner tant de mal pour singer des modèles qui, eux, sont nés avec cette musique dans l'âme ? Quel intérêt y a-t-il à pratiquer cet "exercice" (ça en restera toujours un) alors qu'il est autrement difficile et rare de pouvoir vraiment, quel que soit le style adopté, jouer avec ses tripes ("guts") ? Bref, il m'a fallu tenter, pas aidé par une pochette grotesque mais qui finalement en dit long, de me débarrasser de ces préjugés négatifs pour écouter cette compilation, première sortie, en forme de manifeste esthétique, du label parisien "Waterhouse records". Un dur labeur, car le plutôt bon y côtoie parfois le pire. Tout a été enregistré dans les studios "analogiques" (nous, on fait de l'authentique, ma bonne dame !) du label, certains musiciens s'accompagnant mutuellement d'un titre à l'autre, dans un style folk/pop plutôt dépouillé (et jouer accompagné d'une simple guitare ou d'un seul wurlitzer est redoutable : ça ne pardonne pas) ; beaucoup gravitent autour de la galaxie Herman Düne, un des noms les plus connus de cette compilation (avec celui de Julie Doiron, en ce qui me concerne). Le titre de David-Ivar Herman Düne est sympathique, sans plus. Il est hélas loin d'ouvrir cette compilation sous les auspices les plus ténébreux et mélancoliques, comme on les aime par ici... Mais les suivants se rattrapent. Comme il serait vain de s'attarder sur tous les titres, disons que les découvertes les plus intéressantes seront à faire du côté de "My broken frame", pop sombre du meilleur aloi, "Pokett", dans la filiation Nick Drake, "Cyann & Ben", ou encore "Flowers From The Man Who Shot Your Cousin" (Waterhouse a eu du nez en le signant pour son premier album) ou Wilfried, dans le même registre. Adeline Fargier s'en sort également très bien, tout comme "Rivkah" qui m'a fortement fait songer à Laura Veirs (excellente référence). Matthew Carr et Cowbird s'en tirent quant à eux plus qu'honorablement dans l'exercice du minimalisme folk le plus absolu, alors que les choeurs de "El Boy Die" font merveille. Pour ce qui est des crises de rire, hélas, elles seront déclenchées par la voix de Julie Doiron (insupportable), celle, nasillarde à souhait, d'"Ory Arkle", s'accompagnant d'une guitare-jouet (à mon avis, c'est le type qui est photographié sur la pochette) ou dans une moindre mesure celle de "Tcharlz". "Loons" m'a irrésistiblement fait penser à Claudine Longet (c'est dire que là, nous survolons des sphères hautement gutsiennes, hé hé, mais je pense être ici le seul admirateur de cette dame), Claudine Longet avec le charme en moins... Un disque cependant assez homogène qui, écouté d'un seul tenant, peut conduire à saturation malgré ses indéniables qualités. Et même si mes préjugés sur l'indie folk made in France n'en ont pas tout à fait disparu, l'oreille est en alerte, et l'émotion, à ma grande surprise, souvent au rendez-vous.

note       Publiée le mercredi 17 mai 2006

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Trimalcion › mercredi 17 mai 2006 - 19:23  message privé !
avatar
Et "pop", ça vient pas de "peuple" ? :)) Pour moi, c'est confondre "folk" au sens habituel depuis Woody Guthrie ou Hank Williams (en gros : chanson à texte, plus ou moins engagée, à la base issue du folklore blanc, contemporain du blues, du sud des Etats-Unis) et "folklorique", qui est un contresens.
Note donnée au disque :       
mangetout › mercredi 17 mai 2006 - 16:07  message privé !
Je trouve bizarre de parler de Folk, seulement parce que c'est joué sur une guitare sèche, c'est un contresens. Folk, à mon humble avis, est une expression anglicisée du mot allemand Volk qui veut dire peuple. La musique folk serait donc la musique traditionnelle d'un pays. Je ne suis pas sur que la musique traditionnelle anglo-saxonne soit le mieux représentée par Jonathan Richman ou Léonard Cohen, pas plus que Brassens pour la France, ce qui n'enlève rien au talent de ces trois là.