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Software › Electronic-Universe Part I

6 titres - 74:12 min

  • Fluting Electronic Universe| 19:57
  • Surfing Saturn| 20:32
  • Dancing Venus| 19:37
  • Cosmic Calimba| 2:21
  • Add-Space-To-Time| 5:33
  • Psychomellow-Planet| 6:12

line up

Peter Mergener & Michael Weisser : Keyboards, Electronics

chronique

Ici, en Amérique de Nord, la MÉ, de style Berlin School ou progressive, a disparu du paysage culturel et radiophonique au milieu des années 80. Mis à part les gros noms comme Tangerine Dream, Klaus Schulze, Kraftwerk, Jean Michel Jarre et Vangelis, dont les œuvres étaient disponibles en importations seulement, c'était le silence le plus total eu égard aux autres noms de la MÉ. Sauf qu'à cette même époque, le New Age étendait fermement ses racines avec des labels tels que Narada et Windham Hill Records. La chaine de magasins HMV avait dans sa section New Age un groupe nommé Software. C'est de cette façon que j'ai découvert le merveilleux univers électronique de Software. Si dans certaines de mes chroniques je fais souvent référence à ce groupe, ou au duo Mergener/Weisser qui est la même entité artistique, c'est que pendant près de 5 ans la musique de Software, ainsi qu'un bel éventail du label Innovative Communication comme Mind Over Matter et Peter Seiler, étaient les seules liens restants avec la vrai MÉ du genre Berlin School, Tangerine Dream ayant entrepris son charme New Age sur les marchés américains. De ce que je compris de l'histoire Software serait que Mergener/Weisser, très porté sur les œuvres de science-fiction, serait à l'origine du mouvement de la New Berlin School avec des sonorités clairement digitales qui étaient au cœur d'une approche électronique minimaliste nettement plus pop si on fait exception des œuvres charnières tels qu'Electronic Universe et Chip-Meditation. Mais Software c'est aussi l'histoire d'un des groupes de MÉ les plus méconnus de l'histoire où ont gravité une pléiade de noms très influents de la scène Teutonique, dont Klaus Schulze, Klaus Hoffmann-Hook et Georg Stettner pour ne nommer que ceux-là. Ma première expérience musicale avec ce phénomène toujours trop méconnu fut avec l'énorme Electronic Universe Part I; un joyau de MÉ très psychédélicosmique où une multitude de tonalités robotiques et cybernétiques scintillent dans une vide interstellaire et s'entremêlent dans des lignes aussi sombres qu'harmonieuses ainsi qu'à des voix astrales sur des rythmes sphéroïdaux finement saccadés. Au-delà de ces lignes de séquences, le duo Mergener/Weisser a ajouté une structure musicale plus mélodieuse où un froid univers intergalactique brille dans des ambiances déchirées entre la tranquillité lunaire et les rythmes hypnotiques. À sa première édition c'était un album double dont les 3 premiers disques étaient occupés par un seul titre. Un phénomène plutôt rare à une époque où une grande majorité d'artistes visait des titres plus courts avec une approche plus commerciale. Peter Mergener et Michael Weisser misaient sur ces longues pièces à lente et constante évolution et aux cadences cassantes pour jouer avec les sons, les rythmes et les innombrables probabilités des équipements digitaux et des synthétiseurs numériques. Des grésillements ondulants et des réverbérations résonnantes stimulent les vents musicaux qui allument un cosmos noir. Un duel de flûte émerveille nos oreilles avec des harmonies qui chantent dans des lignes de synthé évasives. Une belle ligne de rythme harmonique, avec des séquences limpides roucoulant dans le cosmos, éveille "Fluting Electronic Universe" à un rythme délicat. Les touches de séquences scintillent et voltigent dans les souffles flûtés, créant une symphonie galactique qui à ce jour est un moment d'anthologie dans l'univers de la MÉ. On devine un rythme qui se dessine en arrière-plan. Chétif il hoquète de ces séquences un brin flûté qui ceinturent cette ambiance de rêve où une nuée de notes dansent, chantent, s'entremêlent et finissent par embrasser la chute des percussions qui ne modifient en rien l'axe flottant du rythme de "Fluting Electronic Universe" mais ajoute une dimension plus profonde à un rythme évanescent qui s'évanouit dans les douceurs astrales des flûtes enchantées. Des flûtes qui continuent de dominer sur les noirs vents intergalactiques, valsant avec les étranges visions d'un monde de science-fiction qui habite l'esprit de ses auteurs. Une autre ligne de séquence émerge un peu après la 13ième minute. Elle dessine un léger rythme harmonique qui berce de ses touches furtives les harmonies brumeuses et flûtées qui forgent la mise en scène de "Fluting Electronic Universe". Les vagues de la Mer de la Tranquillité déferlent sur l'introduction de "Surfing Saturn". Une ligne de piano et des accords limpides se donnent rendez-vous pour un duel harmonique qui valse avec une lenteur morphique. Pris dans un intense bouillon atmosphérique, "Surfing Saturn" dort dans des éclats d'harmonies, des lignes aux séquences valsantes et une faune sonore intergalactique d'où émerge une portion de rythme qui se laisse engloutir par une nuée de tonalités électronicosmiques. Et après une longue introduction nourrie d'une ambiance cosmique solidement étoffée, le rythme de "Surfing Saturn" sort des limbes vers la 13ième minute avec un beau mouvement rotatoire serti de séquences limpides et scintillantes qui élaborent un beau tracé spiralé hypnotique où postillonnent d'autres tonalités, autant organiques que cosmiques, conduisant ce bref sursaut rythmique vers les antres noirs d'un cosmos encore plus sombre. "Dancing Venus" est bâti dans le même moule. Le titre est plus ambiosphérique avec des cris de baleines stellaires qui irradient dans une lourde ambiance tamisée. Encore là; des touches de séquences, des pas dans le cosmos et des filaments argentés ornent un décor de paranoïa cosmique qui peut mettre notre patience auditive à rude épreuve. Mais il faut persévérer afin d'entendre ces doux chants cosmiques qui hantent les corridors instables du titre le plus faible, selon mes goûts, d'Electronic Universe Part I. Vient ensuite les petites pièces de musique courtes de ce premier opus de Mergener/Weisser. La version CD en offre 3, alors que ceux qui ont l’album en ont 5. Mais on retrouvera ces titres plus tard dans la discographie de Software qui a pris la très vilaine habitude de vivre de ses fruits du passé. Donc "Cosmic Calimba" est un envoûtant ballet cosmique avec des ions sauteurs qui palpitent en tous sens dans un mouvement croissant qui exulte d'une belle pirouette autant mélodique que cosmique. On retrouvera ce titre dans plusieurs autres œuvres de Software, de même que "Add-Space-To-Time" qui est devenu le classique de Software avec ses ions hachurés qui pianotent un rythme sphéroïdal. D'autres ions, limpides et mélodieux, s'ajoutent, façonnant un envoutant chassé-croisé d'un rythme qui demeure somme toute statique, mais délicieusement hypnotique. Un rythme qui court après la queue de son dernier ion sous de lourds solos et de tranchants riffs à la TD d'un synthé nasillard. "Psychomellow-Planet" est dans la même veine que "Cosmic Calemba" et de la portion animée de "Fluting Electronic Universe". Electronic-Universe Part I est une petite merveille, rien de moins. C'est un album très atmosphérique où les brèves intrusions rythmiques sont juste assez bien dosées pour ne pas endormir l'auditeur qui a les oreilles envahit par une étonnante et richissime faune sonique. Un élément psychédélicosmique qui deviendra la marque de commerce de Software. Le duo Mergener/Weisser tisse un univers cosmique de rêves où il prend soin d'élaborer ses structures avec une étonnante délicatesse en étendant un baume de poésie à une œuvre qui mérite amplement d'être découverte…ou redécouverte. Malheureusement, je crois que le catalogue de IC est discontinué, mais les cd de Software sont encore trouvables sur le marché de l'usagé. Si jamais vous croisez ce titre mettez la main dessus, c'est un incontournable et un classique de la MÉ cosmique.

note       Publiée le jeudi 11 mai 2006

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