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Bengt Berger › Bitter funeral beer

  • 1982 - Ecm, ECM 1179 (1 cd)

cd | 5 titres

  • 1 Bitter Funeral Beer [9:16]
  • 2 Blekete [3:05]
  • 3 Chetu [3:20]
  • 4 Tongsi [5:05]
  • 5 Darafo/Funeral Dance [Dar Kpee] [22:11]

enregistrement

Stockholm, Suède, janvier 1981

line up

Don Cherry (pocket trumpet), Jörgen Adolfsso (violon, saxophone alto et soprano), Tommy Adolfsson (trompette, sogo), Tord Bengtsson (violon, guitare électrique), Bengt Berger (ko-gyil, axatse), Christer Bothèn (clarinette basse, saxophone ténor, clochettes), Thomas Mera Gartz (violon, saxophone ténor, kidi, batterie), Matthias Helldèn (violoncelle, dondo), Sigge Krantz (guitare électrique, basse, kagan), Anita Livstrand (chant, clochettes, axatse, sogo), Bosse Skoglund (batterie, kagan), Ulf Wallander (saxophone soprano et ténor), Kjell Westling (clarinette basse, sopranino sax)

chronique

Styles
jazz
world music
Styles personnels
fusion

C'est peut-être ironique, mais la mort a depuis toujours occupé une place primordiale dans l'histoire de l'humanité, surtout depuis que ce bipède soit disant évolué s'est aperçu qu'il avait autant de plaisir, si pas plus, à donner la mort plutôt que la vie. Quand on voit avec quel détachement l'occidental se plie à l'exercice du rite qui entoure le décès d'un proche, il devient très facile de comprendre pourquoi cet art de la célébration des esprits nous fascine tant chez d'autres peuplades qui, elles, ont su conserver du sacré cette aura mêlant à la fois magie et mystère, loin du protocole ultra codifié de notre culture de la peur. Séduit par cet angle de vue inédit, le percussioniste suédois Bengt Berger a fait le voyage jusqu'en territoire Lobi, à l'intersection du Ghana, de la Côte d'Ivoire et du Burkina Faso, pour venir entendre les grands maîtres honorer la mémoire des défunts dans des processions hautes en couleur où le xylophone mène souvent la danse. "Bitter Funeral Beer" ne fait que s'inspirer de la musique des funérailles locales. Il l'adapte au discours jazz dont il provient, un exercice dans lequel d'autres avant lui ont déjà eu l'occasion de s'essayer, avec un certain savoir-faire. Il s'entoure ici de deux formations scandinaves, Ett Mine För Livet et Arkimedes, auquel s'adjoint tout près le presque suédois d'adoption Don Cherry. Non seulement on ne s'étonnera pas de la participation de l'américain à un tel projet, mais on y verra aussi la garantie d'une démarche authentique et sincère. Ce désormais large orchestre de treize personnes, partagé entre cuivres et percussions tout azimuts, nous délivre là un disque tout simplement excellent, habité de bout en bout. La douleur, le poids de la perte s'y exprimant avec autant d'aisance (la plage titre) que les transes interminables et hypnotiques provoquées par un travail polyrythmique étourdissant ("Chetu" et le kilométrique "Darafo"). Parfois, le solennel confine au sublime. N'ayons pas peur des mots ; c'est bel et bien le cas ici.

note       Publiée le mercredi 29 mars 2006

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