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Neil Young › After the gold rush

  • 1970 • Reprise 7599-27243-2 • 1 CD

cd • 11 titres • 35:17 min

  • 1Tell me why2:54
  • 2After the gold rush3:45
  • 3Only love can break your heart3:05
  • 4Southern man5:41
  • 5Till the morning comes1:17
  • 6Oh, lonesome me3:47
  • 7Don't let it bring you down2:56
  • 8Birds2:34
  • 9When you dance you can really love3:44
  • 10I believe in you2:24
  • 11Cripple creek ferry1:34

enregistrement

Sunset Sound et Sound City, Hollywood, et home-studio de Neil Young, Topanga, Californie, Etats-Unis, août 1969-juin 1970

line up

Nils Lofgren (piano, voix), Jack Nitzsche (piano), Stephen Stills (Steve Stills) (voix), Billy Talbot (basse), Danny Whitten (guitare, voix), Neil Young (piano, guitare, voix, harmonica), Greg Reeves (basse), Susan Young (patches)

remarques

chronique

A cette époque-là (et encore aujourd'hui, d'ailleurs), Neil Young enchaîne vite, très vite. Après deux premiers albums très importants parus à quatre mois d'intervalle début 1969, il décide d'interrompre temporairement son idylle avec le Crazy Horse pour aller rejoindre le trio Crosby, Stills & Nash (qui deviendra de ce fait un quatuor : Crosby, Stills, Nash & Young ; ça va, tout le monde suit ?) Pourquoi un si soudain demi-tour ? Stephen Stills avait déjà tracé un bout de chemin en sa compagnie avec les Buffalo Springfield. Mais il y a surtout l'appel des trompettes de la renommée... Le trio était déjà énorme, le quatuor le sera encore plus (de brillants vocalistes tout de même, écoutez l'album "Déjà vu"). La prestation à Woodstock forge un peu plus leur gloire (mais Neil Young seul refuse d'y être filmé : "Je suis ici pour faire de la musique, pas du cinéma." So fuckin' huge !) Cependant, il ne faut pas s'y tromper : le meilleur de son inspiration, Young l'avait gardé pour son album solo suivant : "After the gold rush", paru quelques mois après Woodstock, alors que C S N & Y n'existent déjà plus. Comme la dernière pépite oubliée sur le bord d'une route aux abords désertés et à la végétation sèche emportée par le vent, ce disque est splendide : brut, travaillé seul dans l'enfermement, mais l'esprit ouvert sur le monde, des compositions qui tuent : la rage à fleur de peau (un mémorable "Southern man" pour dénoncer l'esprit du vieux sud américain) y alterne avec des visions pastorales et mélancoliques d'un autre âge. Acoustique limpide et électricité dévastatrice s'y côtoient déjà sans heurts, même si l'on n'est pas encore au temps de la grandiose antithèse de "Rust never sleeps", où les extrêmes finissent par se rejoindre dans le broyeur de la noire amertume. Ce disque est devenu aujourd'hui le numéro un dans le coeur de beaucoup. C'est à la mode de le préférer au suivant, le célèbre "Harvest", un peu trop rutilant, trop bien produit. La fameuse voix haut perchée du chanteur s'y révèle dans sa plus touchante fragilité : "After the gold rush" en est une bien émouvante mise à nu, de même que "Don't let it bring you down", "Birds", ou la bouleversante reprise de Don Gibson "Lonesome me", trois autres chansons foudroyantes (moins foudroyantes encore, cependant, que le rock lo-fi hurlant et crade du "Southern man" déjà évoqué, qui est une AUTRE manière de se faire violence jusqu'au bout du bout). Pour le reste, cet album gracieux et irréprochable reste un tout petit peu trop gentil à mon goût, mais il lui reste la qualité suprême de se situer hors des modes, jamais en manque d'une conscience à torturer.

note       Publiée le samedi 4 février 2006

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notes

Note moyenne        31 votes

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Raven › mardi 9 juin 2020 - 23:12  message privé !
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Scarlett m'en a parlé. Gentleman, va.

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(N°6) › mardi 9 juin 2020 - 22:22  message privé !
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J'ai chanté (ok, sans doute massacré) "Southern Man" dans une cabine de karaoke très tard dans la nuit à Kabukichô, Bill Murray-style. Souvenir impérissable (de toute cette nuit).

Raven › mardi 9 juin 2020 - 21:42  message privé !
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Doux-amer. C'est pas Everybody knows, c'est pas Harvest, c'est un peu entre les deux. Et je l'aime moins que ces deux-là mais il a son spleen, ses aigreurs, sa nunucherie à lui. Découvert "Don't let it bring you down" via la version Lennox (dans cette scène d'American Beauty...), et faut reconnaître que c'est un de ses crève-cœurs. Avec "Southern Man" bien sûr. Cette voix de crécelle qu'il a sur celle-là, je vois bien les expressions torturées pas possibles qu'il devait tirer entre ses rouflaquettes en la couinant. Dire qu'il se flagelle encore de l'avoir écrite, rah lala, on devrait peut-être lui traduire du Sardou de l'époque pour le décomplexer un peu.

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SEN › samedi 19 janvier 2019 - 18:46  message privé !

Bon ben voilà ! Au final j'suis passé à côté de Neil Young pendant trop longtemps ! Southern Man déchire tout !

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Alfred le Pingouin › vendredi 7 décembre 2012 - 12:20  message privé !

Mon préféré de Neil.

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