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Kiodyssea › Les océans de Psyché

  • 2003 • Signature SIG 11027/28 • 2 CD digipack

17 titres - 138:12 min

  • CD1. HEMISPHERE 1 (64:35) - 1/ Les gardiens du premier seuil (7:27) - 2/ Irisations liquides et le dialogue des nymphéas (8:46) - 3/ Comme un halo moiré (3:30) - 4/ Etreinte sauvage d'un double éclat (8:46) - 5/ Interstices flexibles et vagues pulsées (10:08) - 6/ Elégial (14:36) - CD2. HEMISPHERE 2 (73:37) - 1/ Fulgurances du second seuil (5:27) - 2/ Cités radieuses (9:59) - 3/ Petits séismes entre nuages (8:02) - 4/ Mouvement d'outre nuit (7:04) - Hallucinations minérales - 5/ D'un désert à l'autre (7:02) - 6/ Trajectoire (2:05) - 7/ Nocturne (5:12) - 8/ Vertiges granitiques (4:55) - 9/ Cristallisation-sourire (2:57) - 10/ La faille fertile (6:24) - 11/ Elégial 2 (14:23)

enregistrement

détails non précisés

line up

Jacques Derégnaucourt (réalisation sonore, violon, voix).

remarques

Edition digipack à ouverture magnétique.

chronique

Après le splendide "Vox in vitro" de Michel Redolfi, voici la seconde grande découverte en matière de musique concrète qu'il m'ait été donné de faire grâce au label de Radio-France. Sous le nom de "Kiodyssea" se cache Jacques Derégnaucourt, violoniste et compositeur concret qui nous fait basculer par le biais de ce projet dans un univers sonore d'une beauté plastique, d'une homogénéïté, d'une cohérence et d'un pouvoir de suggestion assez inouïs. Loin de tout formalisme et de toute intellectualistaion, nous sommes véritablement ici dans le domaine du rêve, d'une "poétique" du son, au sens étymologique de ce terme : l'artisanat, la fabrication patiente... Jacques Derégnaucourt n'utilise pas d'ordinateur, tout comme Pierre Henry, il préfère s'attacher au sculptage manuel d'une matière sonore brute mais en elle-même fascinante, pour la transfigurer, pour lui faire suivre un cheminement d'impressions. D'autre part, le Français a recours à deux autres instruments fascinants, eux aussi "traités" : son violon, tout d'abord, dont les errements dissonants, les envolées lyriques, les pluies de pizzicati ou les grincements sinistres, s'intègrent parfaitement à cet univers, lui ajoutant une dimension supplémentaire ; ensuite, sa voix : eh oui, Jacques Derégnaucourt chante, ou plutôt il ulule dans des registres suraigus, en voix de tête, comme pour faire planer de mystérieuses incantations sacrées sur un rite dont nous n'avons pas la clef. Autre atout, et véritable gage de réussite : "Les océans de Psyché" suscitent, tout au long de leur déroulement, des images nombreuses et multiples, des impressions quasi-picturales (on pense souvent à Dutilleux) ; tantôt d'une dureté minérale tantôt d'une douceur aquatique, les couleurs ne cessent de s'y mêler dans une profusion indescriptible. Il n'est pas faux de dire que dans sa chaleur et son abstraction, dans son mouvement et ses nuances de lumière, cette oeuvre nous offre presque un équivalent musical aux Nymphéas de Monet. Une grande et fascinante réussite.

note       Publiée le dimanche 22 janvier 2006

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mangetout › jeudi 3 janvier 2008 - 21:56  message privé !
Je possède "Migrations" de 1994 et un disque de 1995 du projet TRIPTYCK (Dominique Spriet, Jacques Derégnaucourt et Fréderic Gregson) tous les deux sortis sur le défunt label Art Gallery et j'aime beaucoup ce que ce monsieur fait, à la fois très libre et très inspiré, j'adore le titre "Fréquence" de Triptick, un impressionnant crescendo/decresendo à base de fréquences analogiques surpuissantes. Par contre je ne connais pas celui-là qui m'intéresse beaucoup d'après ce qu'en dit Trimalcion. A noter aussi que Derégnaucourt participe régulièrement aux productions du groupe LIGHTWAVE (présent eux aussi sur le label Signature).
jsp999 › lundi 23 janvier 2006 - 00:02  message privé !
putain ca a l'air génial!
Tango Mago › dimanche 22 janvier 2006 - 23:42  message privé !
@ jsp999 : la musique concrete est une musique constituée de "bruits" (sons auxquels on ne peux pas attribuer de hauteur tonale). Ces sons sont traités avec différents procédés : des plus rudimentaires (inversion, accélération, ralentissement) au plus évolués (pitch, strech, synthese granulaire...ect) Musique typiquement francaise à l"origine, née à la fin des années 40 dans le studio de l'ORTF sous l'impulsion de Pierre Scheaffer.
jsp999 › dimanche 22 janvier 2006 - 23:35  message privé !
c'est quoi la musique concrete?