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Kraftwerk › Autobahn

cd • 5 titres

  • 1Autobahn22:43
  • 2Kometenmelodie 16:25
  • 3Kometenmelodie 25:51
  • 4Mitternacht3:45
  • 5Morgenspaziergang4:03

enregistrement

Allemagne, 1974.

line up

Ralf Hütter, Florian Schneider (électronique, voix), Klaus Roeder (violon, guitare), Wolfgang Flür (percussion).

remarques

chronique

Ralf et Florian ont beau être encore en activité (et ils sont même en assez bonne forme, ma foi), il faut quand même le dire : Kraftwerk est un dinosaure. L'Allemagne fut le premier pays par lequel l'électronique a pénétré l'idiome pop/rock et ça n'a rien de surprenant. Pensez par exemple que Can et Kraftwerk comptent parmi leurs membres des anciens élèves de Stockhausen, dont l'enseignement laisse paraît-il une trace indélébile. Je serais tenté de dire que l'influence de Kraftwerk fut encore plus déterminante que celle des formations Krautrock les plus célèbres (Can, Faust, Amon Düül II, Neu!) car les deux gaillards, outre que leur medium est purement électronique, font de la musique répétitive et minimaliste, celle-là même qu'ils ont entendu chez Riley et Glass. Ils exploitent cette influence comme Eno ou Pinhas le firent en même temps qu'eux. Mais eux s'en tiennent à une pop squelettique : toute la chair a été grattée de l'os, et c'est la transe des nappes et des beats primitifs du synthé moog, le bercement des voix vocodées, au service d'une suite d'harmonies sirupeuses et hypnotisantes. Kraftwerk est non seulement à la fondation de la musique techno (c'est d'ailleurs à cet album historique, précisément, que Carl Craig rend hommage avec son "Landcruising") mais également le relais indispensable vers toutes les formations de pop/electro qui sévissent aujourd'hui encore et auxquelles vous ne pourrez échapper à moins d'être coupés du monde (pas de nom). Par la force des choses, cette musique a vieilli. "Autobahn", voyage de 22 minutes sur les autoroutes allemandes, au mieux berce et repose, au pire provoque l'hilarité avec ses sonorités bontempi et sa musique mielleuse. Ce fut pourtant, en 1974, le morceau qui mit Kraftwerk sur le devant de la scène, après quelques essais expérimentaux restés dans l'ombre. La suite du disque révèle heureusement une face plus sombre ("Kometenmelodie 1", l'inquiétant "Mitternacht" avec ses échantillons qui jouent du contraste entre une tonalité sépulcrale et une tonalité suraiguë proche des stridences d'un violon). Avec l'introduction de "Morgenspaziergang", les deux allemands mettent carrément les pieds dans le plat et démontrent, avec simplicité, le pouvoir de suggestion de la musique concrète, exactement comme certains compositeurs français de cette école ont pu le faire avant eux. Et J'avoue même ne pas rester non plus insensible à cette naïveté confondante des idylles synthétiques que sont "Kometenmelodie 2" ou la conclusion du disque. Cela s'appelle le charme.

note       Publiée le mardi 20 décembre 2005

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notes

Note moyenne        21 votes

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Shelleyan aka Twilight › mardi 15 février 2011 - 15:25  message privé !
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pas mal mais il a mal vieilli...En se replaçant dans le contexte, il est très avant-gardiste mais comment tiendrait-il le coup face aux suivants ? Il n'évite pas les longueurs et l'ennui par moments.

Note donnée au disque :       
Phaedream › vendredi 6 novembre 2009 - 22:22  message privé !
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Superbe album...Hypnotique, envoûtant et très avant-gardiste pour l'époque. Je lui colle ses 6 boules sans hésitations.

Solvant › vendredi 6 novembre 2009 - 00:54  message privé !

Kraftwerk en allemand ne veut pas dire étymologiquement "puissance/station" mais "amour du travail bien fait". Dans sa version moderne on peut y entendre "Amour de l'artisanat". C'est à rapprocher de "Lovecraft". Analyse bizarre, alambiqué ? Et qui sert à rien ? Oui complètement. Rideaux.

Note donnée au disque :       
Horn Abboth › vendredi 6 novembre 2009 - 00:11  message privé !

Viens de me réécouter la première partie de leur discographie, de Tone Float à Ralph und Florian et c'est clair que ça claque trop. Je trouve que y'a vraimment un monde qui sépare le premier d'un Autobhan ou d'un Radioactivity. Mon écoute du groupe s'étant arrêter à ce dernier. Mais bon, vu que Computer world à l'air plutôt sympa, je vais élargir mon horizon sur ce groupe.

Note donnée au disque :       
dariev stands › jeudi 5 novembre 2009 - 23:48  message privé !
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et du coup, je vais enfin les faire ces premiers kraftwerk (ça fait pile deux ans que je l'avais plus ou moins promis héhé )