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John Coltrane › Kulu sé mama

  • 1966 • Impulse! 543 412-2 • 1 CD digipack

3 titres - 34:16 min

  • 1/ Kulu Sé Mama [juno sé mama] (18:50)
  • 2/ Vigil (9:51)
  • 3/ Welcome (5:35)

enregistrement

Rudy Van Gelder Studio, Englewood Cliffs, New Jersey, USA, 16 juin 1965 et Western Recorders, Los Angeles, Californie, USA, 14 octobre 1965

line up

Frank Butler (batterie, percussions), John Coltrane (saxophone ténor), Donald Rafael Garrett (contrebasse, clarinette basse), Jimmy Garrison (contrebasse), Elvin Jones (batterie), Pharoah Sanders (saxophone ténor), Mccoy Tyner (piano), Juno Lewis (percussions, voix)

remarques

La réédition cd comporte trois titres bonus : "Selflessness" (14:49) et deux prises différentes de "Dusk Dawn" (11:00) et (9:29), portant la durée du disque à 69:34

chronique

Styles
jazz
world music
Styles personnels
freeform

Quand vous aurez jeté une oreille - mais deux c'est mieux - à "Kulu Sé Mama", le mysticisme aux fragrances ethniques qui se dégage des plus grandes réalisations de Pharoah Sanders n'auront plus le moindre secret pour vous. Presque un an avant que son jeune protégé ne publie "Tauhid", John Coltrane revient sur ses errances en terre noire, celle de "Africa/Brass", et y adjoint désormais la parole au geste. Il y poursuit ses recherches au sein de larges ensembles à géométrie variable où contrebasse, batterie et saxophone sont désormais dédoublés. Mais cette fois, l'élément le plus hors du commun est l'apport de Juno Lewis qui, partagé entre ses incantations et ses parties de percussions aux sonorités typées, apporte aux chants Coltranien une image, certes connotée, mais plus forte encore. Enregistrée en octobre 1965, cette session peut être vue comme le dernier chapitre d'une pièce en trois actes où le saxophoniste a tout fait pour confronter son quartette à ses propres limites. "Ascension" en fut le premier manifeste, sans pardon, l'obscur "Om" en fut le second, mais ne sera révélé que quelques mois après sa mort. Toutefois, "Kulu Sé Mama" serait un album mineur s'il n'avait pas contenu cette longue pièce improvisée qui lui donne son titre, et ce même si Coltrane n'y est pas aussi présent qu'on aurait pu le souhaiter. Car les deux autres titres, provenant d'une session antérieure apportent peu de nouvelles perspectives. Il y a bien "Vigil", un duo batterie/saxophone qui préfigure en quelque sorte "Interstellar Space" et enfin le méditatif "Welcome", toujours très beau, mais rien qui puisse apporter au saxophoniste le sentiment d'avoir accompli quelques progrès. Heureusement, la réédition cd inclut entre autres bonus le titre "Selflesness", enregistré pendant les sessions "Kulu Sé Mama" et qui aurait idéalement constitué une superbe seconde face au trente-trois tours d'origine. Malgré sa présentation devenue pour la peine assez décousue, les quelques morceaux qu'il contient méritent qu'on s'attarde sur ce disque.

note       Publiée le dimanche 27 novembre 2005

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notes

Note moyenne        8 votes

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darkmagus › dimanche 9 septembre 2012 - 18:16  message privé !

Je ne suis pas un exégète de Coltrane, je ne sais pas le pourquoi ni le comment, j’ai un avis de pur amateur, et si parfois j’aime ou je n’aime pas un disque parce que ceci ou à cause de cela, il m’arrive simplement d’aimer une œuvre parce que ça me parle. Et Kulu Se Mamma, ça m’a parlé tout de suite. C’est une œuvre à part dans l’univers de Coltrane, c’est un roman, avec un début, un développement et une fin, un début inquiétant, et une voix incantatoire qui annonce un futur sombre, un développement fait de turbulences et de chaos , mais, c’est paradoxal et c’est la force de cette oeuvre, toujours empreint de beauté, furieuse, violente et douloureuse. Et puis la fin, le dénouement qui amène l’accalmie, pas la sérénité, le malheur reviendra, il revient toujours…
Kulu Sé mamma, (le thème), c'est une oeuvre majeure de Coltrane, une oeuvre majeure du jazz, une oeuvre majeure de la musique contemporaine, de la musique sombre et expérimentale, Kulu Sé Mamma, c’est un cantique païen !

Note donnée au disque :       
Coltranophile › vendredi 7 septembre 2012 - 09:48  message privé !

Merveilleux les labels de jazz: à l'époque, ils découpaient les sessions et en disséminaient les titres sur un nombre incalculable de disque et ce sur 15 ans. Et depuis, ils réussissent à réunir ces sessions sans vraiment les réunir car ils en collent d'autres au milieu. En fait, ce disque aurait une plus grande unité si seule étaient présent "Kulu Sé Mama" et "Selflessness" datant d'une seule session d'octobre 65. Le fait d'y laisser les deux titres qui datent de deux sessions différentes de juin 65 (auquel on rajoute après coup "Dusk Dawn" qui vient de la même session que "Vigil") a tendance à en diminuer la portée lors d'une écoute d'une traite. Entre temps, l'été 65 avait vu Coltrane changer à nouveau de dimension. Bout à bout, "Kulu Sé Mama/ Selflessness" n'a que peu à envier aux plus grandes réussites de Coltrane à l'époque.

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CeluiDuDehors › mardi 24 avril 2007 - 22:17  message privé !
Puisque je suis sur Coltrane je vais terminer mes petits commentaires; cet album vaut l'achat rien que pour la plage titre, et "Selflessness" en bonus vaut son pesant de cacahuete aussi; chaud bouillant, ritualiste et envoutant, Coltrane en grande forme et qui en veut!Ca mérite au moins 5 boules
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