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John Coltrane › The John Coltrane Quartet plays

  • 1965 - Impulse!, IMP 12142 (1 cd digipack)

4 titres - 37:45 min

  • 1/ Chim Chim Cheree (6:56)
  • 2/ Brazilia (12:57)
  • 3/ Nature Boy (8:01)
  • 4/ Song of Praise (9:51)

enregistrement

Rudy Van Gelder Studio, Englewood Cliffs, New Jersey, USA, 18 février et 17 mai 1965

line up

John Coltrane (saxophones soprano et ténor), Art Davis (contrebasse), Jimmy Garrison (contrebasse), Elvin Jones (batterie), Mccoy Tyner (piano)

remarques

La réédition cd inclus les titres bonus suivants : "Feelin' Good" (6:21), une prise alternative de "Nature Boy" (7:01) ainsi qu'une version en concert (8:18), portant la durée du disque à 53:25

chronique

Styles
jazz
jazz modal
Styles personnels
jazz modal > freeform

Que reste-t-il de l'homme dans sa quête d'absolu quand l'impossible devient réalité, quand il finit bien malgré lui par se substituer au dieu qu'il a cherché après tant d'années ? "A Love Supreme" était un voyage trop dangereux, un aller simple dont l'issue se révélait bien incertaine. Retour il y eut pourtant, et retour de flammes en l'occurrence puisqu'à force de voler trop près du soleil, les ailes du poète torturé ont fini par brûler à leur tour. Non, Coltrane et les siens ne sont pas en méforme sur ce dernier manifeste officiel du quartette encore en activité, mais l'escalade est à présent belle et bien terminée. L'éternel insatisfait qu'il est et demeurera jusqu'à son dernier souffle exécute pour l'instant un tour de piste supplémentaire, deux mois à peine après les sessions de "A Love Supreme", et bien que le lyrisme puissant de cette bataille intérieure nous parle avec toujours la même générosité, il est difficile de rivaliser avec ce qui désormais, et pour toujours, fera office de perfection. Le groupe se donne du mal pourtant en nous livrant une interprétation incendiaire de "Brasilia", déjà entendue au Village Vanguard. "Nature Boy" et "Song of Praise", magnifiques et habités. Le soprano retente Coltrane aussi sur "Chim Chim Cheree" ; il s'y époumone comme jamais. Mais si tout cela est impeccablement joué, tout cela reste du déjà entendu aux oreilles du prêcheur. Le drame de Coltrane c'est que cette recherche inlassable a fini par se transformer en piège qui s'est finalement retourné contre lui, assez en tout cas pour le pousser à réenvisager du tout au tout son approche de la musique. L'accomplissement n'a jamais eu lieu. Il va falloir tout recommencer... Le batteur Elvin Jones nous parle du moteur du quartette : "C'était comme un parfait mélange, une joie. Cela a toujours été une joie de jouer, dans un studio d'enregistrement ou dans une boîte de jazz. C'était exactement la même sensation, face à un large public ou devant absolument personne. La musique était notre seul raison d'être". Voilà. Le quartette de John Coltrane joue. Tout simplement.

note       Publiée le vendredi 25 novembre 2005

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CeluiDuDehors › jeudi 21 juin 2007 - 18:49  message privé !
Assez d'accord sur ce que dit Coltranophile sur "A love supreme", un chef d'oeuvre mais pas le plus grand disque de Coltrane! Bon je vais peut être me répéter mais quand même, la version live enregistrée en 1965 est une sacré baffe bien meilleure que la version studio! "Plays" est un très bon disque, mais peut être le moins bon de la période post-"a love supreme" et pré-sanders.
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Coltranophile › jeudi 21 juin 2007 - 12:49  message privé !
Absolument pas d'accord avec la chronique. "A Love Supreme", tout chef d'oeuvre qu'il soit, est un disque surestimé dans l'oeuvre coltranienne, Coltrane y était arrivé aux limites de ce que le modalisme avait à offrir mais il semblait rester bloquer par les conventions qu'il avait lui-même grandement aidé à créer. 1965 est justement l'année où "l'escalade" sera la plus intense, la plus imaginative, la plus "libre". Coltrane commence à réinventer son langage mélodique , étire et intensifie la pulsion rythmique, et insuffle encore plus de spiritualité dans sa musique. Bien que les structures harmoniques soit encore modales ici, elles sont largement transcendées. Ce disque est immense, tout comme ce qui suivra la même année, que ce soit "Ascension", "Meditations", "Sun Ship" (totalement sous-estimé), "Kulu Sé Mama", etc...(à part peut-êtr "Om" qui est assez étrange dira-t-on).
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Macbeth › dimanche 27 novembre 2005 - 14:29  message privé !
Celui là aussi est très beau, et il est vrai que tout est dit dans la chronique mais quand même, jouer Chim Chim Cheree... Le thème de Mary Poppins bordel! Et bien ça sonne superbement, mieux encore que Nature Boy. Il faut quand même savoir que "My favorite things" était une des conneries les plus niaiseuses de l'hisoire (pourtant chargée) de Broadway. Et Coltrane en fait un lac de feu, un missile ballistique de la new thing! Il aurait pu faire un chef d'oeuvre de Baby One More Time. Mais c'était un musicien.
Note donnée au disque :