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Ornette Coleman › Science fiction

8 titres - 37:06 min

  • 1/ What Reason Could I Give (3:07)
  • 2/ Civilization Day (6:05)
  • 3/ Street Woman (4:50)
  • 4/ Science Fiction (5:02)
  • 5/ Rock the Clock (3:17)
  • 6/ All My Life (3:56)
  • 7/ Law Years (5:22)
  • 8/ The Jungle Is a Skyscraper (5:27)

enregistrement

Columbia Studios, New York City, USA, 9 septembre - 13 octobre 1971

line up

Ed Blackwell (batterie), Bobby Bradford (trompette), Don Cherry (trompette de poche), Ornette Coleman (saxophone alto), Charlie Haden (contrebasse), Billy Higgins (batterie), Dewey Redman (saxophone ténor), Gerard Schwag (trompette), Asha Puthli (chant), David Henderson (poésie)

remarques

La réédition double cd paru en 2000 réunissant les albums "Science Fiction" et "Broken Shadows" sous l'intitulé "The Complete Science Fiction Sessions" propose quatre titres supplémentaires concernant ce premier disque, à savoir "School Work" (5:36), "Country Town Blues" (6:25), issus de "Broken Shadows", et des prises alternatives de "Street Woman" (5:46) et "Civilization Day" (6:04) portant la durée totale du disque à 60:57

chronique

Styles
jazz
Styles personnels
free jazz

Le court passage d'Ornette Coleman chez Columbia allait se révéler encore plus expéditif que son séjour en demi teinte chez Blue Note. Avant d'atterrir ici, un crochet chez Impulse ! pour trois albums - "Ornette at 12", "Crisis" et "Man on the Moon" - non réédités à ce jour, puis chez Flying Dutchman, laissent à penser que l'agitateur public n'intéresse désormais plus personne. Même nombre de disques chez Columbia et, heureusement pour nous, d'un intérêt nettement supérieur. C'est que pour ces sessions de l'automne 1971, Coleman a choisi de réunir autour de lui quelques éléments clefs de son univers. C'est là que l'on peut se rendre compte à quel point il est essentiel de se retrouver en confiance dans l'espoir de pouvoir enfin explorer de nouvelles pistes. Ainsi, membres anciens et plus anciens de son quartette d'origine reviennent en force (Don Cherry, Ed Blackwell, Charlie Haden, Billy Higgins), plus quelques autres, comme Dewey Redman ou Bobby Bradford. On y retrouve la confusion ordonnée qui a depuis toujours été la matrice même de son univers. Les idées foisonnent à nouveau et bousculent les convenances dans lesquelles le musicien s'était peu à peu replié. Pour la première fois depuis longtemps, Ornette Coleman semble être assez sûr de lui que pour oser remettre son titre en jeu, ce qui a pour conséquence directe de faire de "Science Fiction" son album le plus futuriste, à la croisée des chemins entre le jazz électrique qui vient d'émerger, les voyages interstellaires de l'Arkestra et la perspective du précepte harmolodique qui peu à peu se met en place. Asha Puthli vient prêter sa voix sur "What Reason Could I Give" et "All My Life", des essais pop à l'abstraction odorante alors que David Henderson récite sa poésie hallucinatoire sur la déstabilisante plage titre. Ses anciens acolytes font merveille, Charlie Haden tenant le haut du pavé avec les interprétations épatantes de "Street Woman" et "Law Years". "Civilization Day" ou "Rock the Clock" déploient quant à eux une féroce énergie qui va aller puiser sa source dans les différents éléments précités alors que ce qui ressemble à une fuzz bass et la musette de Redman viennent apporter ce goût hors du commun qui définit au mieux la perception kaléidoscopique que l'on peut se faire de ce disque... Étrange !

note       Publiée le lundi 7 novembre 2005

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notes

Note moyenne        4 votes

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saïmone › mardi 24 septembre 2019 - 14:44  message privé !
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Le pendant "dingue" du délire studio d'In a Silent Way. Ce début sans début, c'est tellement brutal

Dioneo › vendredi 20 octobre 2017 - 10:55  message privé !
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J'y retourne... Toujours aussi fantastique, ce disque. Toute la période free initiale d'Ornette encore intacte (Street Woman et son passage de contrebasse incroyable, et cette batterie...) ; Science Fiction - le morceau - qui me fait décidément penser au Sun Ra le plus lâché des années 70 (à Sea of Sound sur Space Is the Place en particulier) autant qu'à certains délires de Funkadelic (Wars of Armageddon, la conclusion folle de l'album Maggot Brain) ; les morceaux chantés à la fois bien sophistiqués et complètement "out there", comme ils disent... Je pose la note, incidemment. (Pendant que lui, le disque, continue de m'embarquer à chaque fois qu'il décolle).

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Dioneo › dimanche 2 octobre 2016 - 02:17  message privé !
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Oui, il y a ça aussi, on a l'impression que "côté distribution" le mec n'existe que dans cette période "classique", alors qu'il a sorti des dizaines de disques, a enregistré jusqu'en 2010 plutôt régulièrement, en tout cas sans grosse éclipse même dans les années 80 - contrairement à d'autres jazz/freejazzmen "historiques" - et que oui, même de cette période supposée dorée, il en a fait un paquet d'autres. C'est sans doute bien plus marqué pour lui que pour Miles ou Coltrane, dont on trouve assez facilement en magasin les disques hors supposés incontournables, bien que la littérature à leur sujet ait tendance à encenser/causer toujours des quelques mêmes... Heureusement qu'aujourd'hui c'est assez facile de trouver tout ça sous forme virtuelle en qualité très valable au moins pour se faire une idée. (Et j'avais pas vérifié mais apparemment celui-là par exemple se trouve à prix assez raisonnable si on veut posséder l'objet physique...).

Note donnée au disque :       
Klarinetthor › samedi 1 octobre 2016 - 22:31  message privé !

C'est-a-dire qu'on voit toujours passer les memes dans les bacs, Free Jazz, The Shape, Ornette!, this is our music et des fois le live at the Golden Circle

Dioneo › samedi 1 octobre 2016 - 16:03  message privé !
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Tiens-donc, disais-je, comment j'ai pu ignorer celui-là aussi longtemps ?! Sacrée somme - et disque singulier en lui-même, oui. On entend encore toute la force du Ornette free des années fin 50/60 - joué comme le note Proggy en grande partie par ceux qui l'avaient inventé avec lui (Cherry, Blackwell, Haden...) - mais déjà comme le remarque plus bas Coltrano, des ébauches de ce que sera le Prime Time étrangement funky, ensuite... Aussi - Proggy en parle également, décidément - une parenté avec un certain Sun Ra électrique (je pense à Strange Celestial Road par exemple, ou à certains passage du fameux Space is the Place sur les morceaux chantés). Le plus beau étant que ça ne sonne jamais patchwork - "bien sûr", on serait tenté de dire, tant la musique d'Ornette et de ses groupes semble partout ou presque dégager une inimitable personnalité. Je ne note pas pour l'instant parce que je découvre le disque ou à peu près mais... Je pense qu'il va me revenir plus d'une fois dans les jours qui viennent, cet album.

Note donnée au disque :