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The Beatles › Rubber soul

cd | 14 titres

  • 1 Drive my car
  • 2 Norvegian wood (this bird has flown)
  • 3 You won't see me
  • 4 Nowhere man
  • 5 Think for yourself
  • 6 The word
  • 7 Michelle
  • 8 What goes on
  • 9 Girl
  • 10 I'm looking through you
  • 11 In my life
  • 12 Wait
  • 13 If I needed someone
  • 14 Run for your life

enregistrement

automne 1965

line up

George Harrison (guitare, voix, sitar sur Norvegian Wood), John Lennon (voix, guitare), Paul Mccartney (voix, basse, basse fuzz sur "Think for yourself", piano sur "Drive my car", "You won't see me", "The word"), Ringo Starr (batterie, voix, orgue Hammond sur "I'm looking through you"), George Martin (harmonium sur "The word", piano sur "In my life").

Musiciens additionnels : Mal Evans (orgue Hammond sur "You won't see me")

chronique

Styles
pop
rock

Sacré disque. Nos parents l'écoutaient avec bonheur. Nous l'écoutons avec bonheur. Et je suis sûr que nos enfants, à leur tour, tomberont tôt ou tard sous le charme. Il n'y a pas d'âge pour découvrir les classiques, et cet album en est un, indiscutablement. Pour les Beatles, c'est un peu le sortir de l'adolescence. Et pour le rock aussi, par la force des choses. En deux ans, ils ont grandi (le monde entier, émerveillé, grandit en quelque sorte avec eux), et leur musique aussi. C'est une aura nouvelle qui émane de cet album. Peut-être que les Fab Four sont revenus des drogues en gardant en tête quelques-uns de leurs trips, auxquels ils ont mêlé leurs chants d'amour habituels, mais en y insufflant une douceur, une grâce inaccoutumées, je n'en sais rien. Expliquer ce genre de mystère est aussi simple qu'expliquer les mystères de la religion. Il faudrait que je parle de la basse ronflante et tourneboulante de "Drive my car", qui ouvre les festivités ; des harmonies vaporeuses et sublimes de "Norvegian wood", où John est allumé, joue de la guitare sèche tandis que George l'accompagne au sitar (déjà) ; des choeurs langoureux de "Nowhere man" ; de l'harmonium de "The word" ; du bref solo de guitare électro-acoustique au milieu du célèbrissime "Michelle" ; de "In my life", petit bijou d'élégance nostalgique (avec George Martin au milieu qui joue un petit intermède baroquisant au clavier), d'une retenue toute britannique ; de l'inspiration érotique de John reprenant son souffle sur "Girl" ; de l'emphase et l'urgence nouvelles de "If I needed someone" ; ou encore de "Run for your life", qui met en garde les petites filles contre les grands méchants loups, avec des accents de country pour rire... mais ce ne serait pas donner une idée exacte de l'alchimie sonore qui s'opère ici, où se mêlent si bien l'acoustique et l'électrique, la beauté suave des compositions et l'énergie tirée des premières amours musicales, le caractère intime et l'impact universel de ces chansons, l'innovation et le classicisme, l'intelligence, la pertinence, l'humour, le second degré. Oui, le rock 'n' roll, c'est bel et bien terminé. Et pourtant, il y a là une évidence confondante qui laissa tout le monde sur le cul. Aujourd'hui encore, en le réécoutant, je n'ai pas réussi à me relever. Ce disque est la perfection-même, l'aboutissement de l'extraordinaire travail accompli au fil des premiers albums, qui avaient déjà remodelé le visage de la musique pop. "Help !" avait quant à lui le parfait profil du disque de transition. Mais ici, de transition il n'est plus question, ni même encore d'un quelconque tâtonnement. "Rubber soul" n'est pas un point de départ pour les Beatles, c'est un point d'arrivée, c'est la fin de la pureté pop anglo-saxonne, qui achève toute concurrence et qui va mettre un formidable coup de pied dans la fourmilière : comment faire mieux que ça ? Comment parvenir au même degré d'aboutissement et de perfection en gardant le même vocabulaire ? Car c'est bien là tout le problème... Avec les mêmes armes, personne ne pourra plus les battre. Brian Wilson n'arrivait plus à en trouver le sommeil : sur ce disque, tout était bon, il n'y avait plus aucune reprise ni aucun morceau de remplissage, plus faible que les autres ; les Beatles continuaient à jouer, à chanter de manière simple, avec leurs fameuses harmonies vocales, leurs mélodies éclatantes, ils étaient toujours à la portée de tous... On connaît la formidable réponse que trouva la tête pensante des Beach Boys avec "Pet sounds". Mais en attendant, ce "Rubber soul" continuera à poser de sacrés problèmes... aux Beatles eux-mêmes, qui pour le surpasser iront explorer des contrées nouvelles... ou comment, à force de travail, on finit par se porter, NATURELLEMENT, sans y avoir réfléchi au départ, vers les bouleversements les plus profonds, sans plus de peine, tout en restant soi-même... Un miracle.

note       Publiée le dimanche 16 octobre 2005

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(N°6) › dimanche 13 août 2017 - 23:25  message privé !
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C'est pas mal ce petit groupe anglais des sixties.

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Klarinetthor › jeudi 7 juillet 2016 - 20:07  message privé !

Elle a pas pris avec moi malgre les nombreuses ecoutes, quand a miche miche, je ne sais plus comment elle s'insere.

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Dioneo › jeudi 7 juillet 2016 - 19:56  message privé !
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Ah ben non, Moulin Rouge c'est pas pareil... Elle est grotesque certes tellement Buckley ne maîtrise de toute évidence pas la langue, et j'ai dû éclater de rire la première fois, tellement j'ai trouvé ça à l'ouest mais... Finalement les coups d'après j'ai trouvé qu'elle passait très bien - une sorte de respiration, en plus, entre deux morceaux plutôt "chargés" de cet album ô combien dense.

Klarinetthor › jeudi 7 juillet 2016 - 19:46  message privé !

Juste Michelle, pour des francophones c'est juste insupportable, comme le Moulin rouge de Tim Buckley

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SEN › jeudi 7 juillet 2016 - 18:57  message privé !

Pourquoi "Presque" Insupportable ?

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