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François Bayle (b. 1932) › La main vide

  • 1996 • Musidisc 245542 • 1 CD digipack

cd • 3 titres

  • 1Bâton de pluie19:55
  • 2La fleur future12:22
  • 3Inventions10:05

enregistrement

de 1993 à 1995

line up

François Bayle (b. 1932) (réalisation sonore)

remarques

Depuis que François Bayle a quitté la direction du GRM, il se consacre exclusivement à la composition et à la ré-édition de ses oeuvres plus anciennes avec son label Magison (distribué par Musidisc). Les disques du "cycle Bayle" prennent la forme de luxueux digipacks. Il s'agit du volume 8.

chronique

Styles
musique classique
contemporain
musique concrète
electro
Styles personnels
musique acousmatique

Ce disque débute d'une façon vraiment énorme, c'est un tremblement de terre, une cataracte sonore, à la fois dense et limpide, lourde et cristalline. Tout le monde connaît les bâtons de pluie, et leur pouvoir sonore un peu magique. Quand on les retourne se produit avec régularité la chute de graines qui laissent entendre des résonances aiguës d'une fluidité extraordinaire. Eh bien, François Bayle le tourne et le retourne, ce bâton. Et c'est par ce même mouvement ancestral que tombe et retombe le déluge des sons qui ouvrent cette oeuvre. Puis cette dynamique change, les sons circulent plus librement, mais ils arrivent toujours en masse, avec une lourdeur peu coutumière chez le compositeur : les échantillons de flûtes, cascatelles de verre, souffles... sont toujours là pour donner la "Bayle's touch", mais les traits sont davantage appuyés dans ce geste pictural qu'est la composition pour le Français. Oui, pictural : cette "main vide" du titre est la main du peintre qui forme ses circonvonvolutions dans l'espace-temps de la musique concrète. D'ailleurs, regardez les pochettes ds disques de Bayle, peintes par le compositeur lui-même : elles donnent le programme, les traits les couleurs dominantes de la musique. Dans "La fleur future", c'est un mouvement tournoyant qui domine, avec l'emploi de boucles plus ou moins rapides ; les sons se focalisent autour d'un motif mélodique vaporeux joué par les orgues célestes de François Bayle, dont on ne parvient jamais à savoir d'où ils sont issus, malgré leur caractère évidement concret, minéral, "physique". Combien d'instruments exotiques le compositeur est-il allé chercher pour en jouer et en ré-agencer les sons dans son studio ? Car malgré les analyses formelles détaillées qu'il fournit toujours lui-même, n'allez pas croire qu'il nous livre le dixième de ses secrets... "Inventions" propose une toile souvent plus sombre, plus marécageuse, dans laquelle surgissent des traits lumineux, ou "signaux" pour parler en termes un peu plus musicaux. Si vous vous amusez à laisser vagabonder votre imagination (ce que la musique de Bayle ne rend quand même pas évident), vous pourrez peut-être y entendre les petits cris, pépiements, chants, couinements, de mille animaux fabuleux... Même devant l'irréelle abstraction des pièces de Bayle, c'est peut-être plus parlant que d'évoquer des "formes incluses" ou des "intervalles-volumes" qui auraient tendance à rebuter le néophyte. Mais qui ne tente rien n'a rien.

note       Publiée le dimanche 9 octobre 2005

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