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Jethro Tull › Benefit

10 titres - 42:22 min

  • 1/ With You There to Help Me (6:19)
  • 2/ Nothing to Say (5:14)
  • 3/ Alive and Well and Living In (2:48)
  • 4/ Son (2:51)
  • 5/ For Michael Collins, Jeffrey and Me (3:51)
  • 6/ To Cry You a Song (6:15)
  • 7/ A Time for Everything ? (2:44)
  • 8/ Inside (3:49)
  • 9/ Play in Time (3:49)
  • 10/ Sossity, You're a Woman (4:42)

enregistrement

Morgan Studio, Londres, Angleterre, automne-hiver 1969

line up

Ian Anderson (flûte, guitare acoustique, chant), Martin Barre (guitare), Clive Bunker (batterie, percussions), Glenn Cornick (basse), John Evan (piano, orgue)

remarques

Il s'agit du pressage cartonné japonais à tirage limité. Cette édition comprend quatre titres bonus : "Singing All Day" (3:07), "Witch's Promise" (3:52), "Just Trying to Be" (1:37) et "Teacher" (3:49) portant la durée de l'album à 54:47

chronique

Styles
folk
progressif
Styles personnels
hard rock

J'ai beau avoir tourné le problème dans tous les sens, je ne vois pas comment je pourrais aborder "Benefit" sans tomber dans le piège des lieux communs... Tant pis, allons-y. Le troisième disque de Jethro Tull est l'archétype de ce que l'on appelle un album de transition : les signes d'un changement en profondeur sont palpables mais pas encore suffisamment accomplis que pour prétendre pouvoir séduire du premier coup. Ainsi, comment percevoir "To Cry You a Song" sinon comme une ébauche de "Locomotive Breath" par exemple ? S'y trouvent donc les germes d'une nouvelle grammaire qui, peu à peu, commence à prendre forme. L'atout numéro un de ce nouvel album réside en effet dans son mode d'écriture ; Ian Anderson multiplie les thématiques au sein d'un même morceau, même quand ils s'avèrent être aussi courts que "Alive and Well and Living In" ou "Son". La richesse de Jethro Tull ne se limite donc plus à la simple collision d'univers que jusqu'à présent l'on avait eu un peu peur de rapprocher, mais bel et bien dans l'émergence d'un langage nouveau où ces différentes influences s'interpénètrent pour donner naissance à quelque chose d'unique. Le blues a du se perdre quelque part dans les solii de Martin Barre - exit donc aussi l'harmonica, trop connotée - alors que les guitares acoustiques néo-folk deviennent petit à petit une composante essentielle de leur univers. Les progrès en terme de production permettent à chaque fois d'aller un pas plus loin, aussi Jethro Tull n'hésite pas à jouer avec divers effets studio ("Play in Time") ou autres réverbérations pour donner de nouvelles perspectives au son du groupe. En chemin, Jethro Tull perd aussi un peu de cette rondeur généreuse qui donnait à "Stand Up" et surtout "This Was" ce charme instantané. Mais contrairement à "Stand Up", les mélodies y sont immédiates ("For Michael Collins, Jeffrey and Me") si bien que les derniers progrès accomplis depuis lors compensent largement ses autres défauts. Avec John Evan dans leur rang, les choses sérieuses vont vraiment pouvoir commencer.

note       Publiée le mardi 4 octobre 2005

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notes

Note moyenne        13 votes

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Ramon › mercredi 5 mars 2014 - 12:32  message privé !

Album de transition ? Je suis d'accord, on est dans l'archétype même du propos avec Benefit, bien plus qu'avec le précédent qui "hardifiait" tout même le ton. Le charme des oeuvres de jeunesse est par contre bien présent, d'ailleurs c'est l'album du Tull où la voix d'Anderson sonne le plus fraichement. Sinon "album de la maturité" siéra comme le manteau d'hermine sur les épaules du Roi pour celui qui suivra.

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taliesin › jeudi 20 juin 2013 - 23:16  message privé !

J'avais le vinyle (qui, comme le plupart de mes disque du Tull, sont devenus inaudibles à force d'écoutes), là je viens de dégoter la version avec les bonus... Tout ça vaut bien 6 bouboules !

Note donnée au disque :       
Thierry Marie › mardi 7 décembre 2010 - 17:49  message privé !

Un pas de plus vers la maturité d'une expression qui se cherche encore,maturité qui exlosera dès l'album suivant. Benefit c'est un peu comme le charme de l'adolescence...

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sog › dimanche 9 octobre 2005 - 19:55  message privé !
Un disque excellent qui marque, comme le dit la chronique, le début des choses sérieuses... Une musique raque, agressive, un son encore relativement sale, les envolées d'Anderson à la flûte, font de "Benefit" une petite perle de hard rock 70's malheureusement un peu oubliée - peut-être parce qu'aucun des grands classiques du groupe n'y figure.
Note donnée au disque :