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François Bayle (b. 1932) › Fabulae

  • 1998 - Musidisc, 244732 (1 cd digipack)

15 titres - 56:45 min

  • ... FABULA (14:28)
  • 1/ (5:45)
  • 2/ (6:19)
  • 3/ (2:23)
  • ... ONOMA (15:55)
  • 4/ (3:06)
  • 5/ (3:45)
  • 6/ (3:29)
  • 7/ (2:36)
  • 8/ (2:59)
  • ... NOTA (10:18)
  • 9/ (4:30)
  • 10/ (3:33)
  • 11/ (2:15)
  • ... SONORA (15:37)
  • 12/ (4:08)
  • 13/ (4:20)
  • 14/ (5:17)
  • 15/ (1:52)

enregistrement

1990-1992.

line up

François Bayle (b. 1932) (réalisation sonore)

remarques

Depuis que François Bayle a quitté la direction du GRM, il se consacre exclusivement à la composition et à la ré-édition de ses oeuvres plus anciennes avec son label Magison (distribué par Musidisc). Les disques du "cycle Bayle" prennent la forme de luxueux digipacks. Il s'agit du volume 4.

chronique

Styles
musique classique
contemporain
musique concrète
electro
Styles personnels
musique acousmatique

François Bayle est un des innombrables rejetons du grand Pierre Schaeffer. Il a cru en l'utopie d'une nouvelle musique, faite uniquement de bruits et de sons échantillonnés; et il n'y a jamais renoncé jusqu'à aujourd'hui. Figure marquante de la musique concrète française, il a succédé à Schaeffer à la tête du GRM en 1966. Et c'est jusqu'en 1997 qu'il s'est consacré à ce laboratoire d'expérimentations sonores unique en France (jusqu'à la création de l'IRCAM en 1977), basé à la Maison de la Radio à Paris, et qui a vu défiler un nombre impressionnant de compositeurs, venant y chercher un peu de ce "nouveau solfège" emprunté au monde des objets sonores. Pour ses propres compositions, mais aussi pour celles des autres, Bayle a également inventé en 1974 l'acousmonium, un dispositif permettant, avec un système de haut-parleurs et d'amplis répartis en cercle autour de l'auditoire, de distribuer le son dans l'espace de manière beaucoup plus complexe qu'en simple stéréo (hélas, j'ai dû quant à moi me contenter d'écouter ses disques sur ma pauvre chaîne qui ne dispose que de deux enceintes). La musique concrète de François Bayle n'a pas le caractère spectaculaire de celle de Pierre Henry. Elle n'opère pas non plus de déviation par rapport à un environnement sonore "réel" comme le fait Luc Ferrari. On est également loin d'une electro-noise bruitiste. Cette "musique acousmatique" (comprenez : musique faite de sons concrets et entièrement fixée sur bande, qui ne supporte ni variations ni ré-exécutions) a ses particularités qui ne sont dues qu'aux spéculations esthétiques du compositeur. Tout d'abord, Bayle ne prend ses sons que dans la nature - à de rares exceptions près, son orchestre imaginaire ne saurait tolérer la moindre émission produite par une machine. Qui plus est, les sons utilisés ne subissent guère d'altérations. Bayle s'autorise parfois à les accélérer ou à les ralentir, afin de pouvoir en modifier la fréquence pour pouvoir utiliser le même son à plusieurs hauteurs différentes, mais globalement et quels que soient les traitements informatiques qu'il puisse utiliser, la source du son est presque toujours parfaitement reconnaissable. D'ailleurs, le compositeur en fournit lui-même la liste, la plupart du temps, dans le programme de ses oeuvres (pour tel mouvement : "figure de flexatone agité, trajet de souffle aigu, fragment bref de roulement de caisse claire, éclats percutés, brassés, gelés, crécelle et grelot, pizz de shamisen, de wind-chines, de vibraphone, de flexaphone, souffle en glissando") - sons qu'il peut lui-même aisément produire en studio, puis reproduire, accumuler, superposer, répéter... Et pourtant, le paradoxe de sa musique réside précisément dans ce fait que Bayle tire de ses sons concrets une musique d'un très haut degré d'abstraction. Comme si ce son si concret, si "réel", était "dématérialisé", "déréalisé", en rentrant dans la forme que veut lui faire prendre le compositeur - d'où cette impression étrange d'un orchestre abstrait jouant de sons concrets, d'une réalité sonore mutante, entièrement recomposée, dont il faudrait saisir les mouvements et les lignes de fuite. Car les musiques de Bayle sont réellement des peintures à la Pollock ou à la Rothko, et peuvent s'analyser avec les mêmes outils. Bien, ceci posé, qu'en est-il de ce disque en particulier ? Eh bien il s’agit d’un lavis : sons clairs, assez dilués, qui s’éparpillent et se recomposent successivement dans l’espace selon un rythme assez soutenu. Mais la couleur, mes amis, la couleur, ça ne peut être que celle de François Bayle – on la reconnaît entre mille. Il s’agit d’une stridulation particulière qui traverse toutes ses œuvres : sons instrumentaux "naïfs" de flûte ou de xylophone, répétés avec insistance et dont les évolutions perpétuelles retrouvent miraculeusement la fraîcheur et la spontanéïté d'un dessin d'enfant (le rêve de bien des peintres...) La seconde partie, moins aérienne, mixe des petites percussions, guitares ukulélé, glou-glou aquatiques... et ça vibre, ça vrombit... "Nota" est un trompe-l'oeil sur fond de trame moirée qui superpose des sons de valeur plus courte : les accélérations fulgurantes dominent. Le dernier mouvement de cette comptine acousmatique et synesthésique est traversé de couleurs plus sombres, elles-mêmes trouées en quelques endroits par les soleils radieux du premier tableau. J'arrête là, mon texte n'étant qu'un ridicule, périphrastique et circumvolant verbiage, boursoufflure superflue. (Et chronique impossible.) (Et pourquoi mettre une note ? Quelle idiotie, ces notes... Un critique d'art ne met pas de notes, bordel.)

note       Publiée le jeudi 29 septembre 2005

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mangetout › lundi 1 octobre 2007 - 20:36  message privé !
On ne dira jamais assez que l'absence de Trimalcion sur Guts actuellement est d'une extrême cruauté pour tout amateur de musique qui se respecte (cette chronique mes aïeux !).
mangetout › samedi 14 avril 2007 - 13:48  message privé !
Très bonne chronique (comme d'habitude) de ce compositeur exigeant et admirable dans sa démarche jusqu'au boutiste de création de cette musique qu'il qualifie d'acousmatique (en référence à Pythagore qui enseignait derrière un rideau, dans le noir et dans un silence total de réception afin de maximiser la concentration de ses disciples sur son discours). Ce "Fabulae" est effectivement une de ses pièces phares et dégage une poésie peut-être moins agressive que dans ses productions passées (je pense à son énorme "Expérience acoustique" ou à "La divine comédie" avec Parmegiani) mais dont la force, ou la base on va dire, d'évocation ou de production d'images est toujours au rendez-vous. Pour reprendre le titre de l'excellente série du label Metamkine, on assiste à un véritable cinéma pour l'oreille et entièrement d'accord avec toi, Trimalcion, sur l'inadéquation d'une notation, noter ce disque par rapport à quoi, à qui, comme si l'objet de la chronique n'était plus musical mais commercial.
Trimalcion › vendredi 30 septembre 2005 - 20:53  message privé !
avatar
Ha si tu la voyais ma tête... :-))
Note donnée au disque :       
heirophant › vendredi 30 septembre 2005 - 00:23  message privé !
merde trimalcion, je croyais que tu n'avais pas la tete à rediger des chroniques de musique contemporaine?