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Tortoise › Millions now living will never die

6 titres - 42:56 min

  • 1/ Djed (20:53)
  • 2/ Glass Museum (5:23)
  • 3/ A Survey (2:51)
  • 4/ The Taut and Tame (4:59)
  • 5/ Dear Grandma and Grandpa (2:58)
  • 6/ Along the Banks of the River (5:52)

enregistrement

Soma Electronic Music Studios, Chicago, Illinois, USA, juin-septembre 1995

line up

Dan Bitney (programmation, percussions), John Herndon (programmation), Douglas Mccombs (basse), John Mcentire (batterie, percussions), David Pajo (basse)

chronique

Styles
post rock
rock alternatif
Styles personnels
post rock

Le second Tortoise est le premier dans mon coeur. Le seul et l'unique d'ailleurs serais-je fort tenté de dire. À ce stade, le multi-instrumentiste David Pajo (Slint) vient gonfler les rangs d'un groupe de jeunes gens extrêmement compétents, et se coltine à la basse. C'est peut-être excessif et réducteur de penser que l'excellence atteinte par Tortoise sur "Millions Now Living Will Never Die" s'explique par la seule présence de ce musicien intuitif. Pourtant, les faits parlent d'eux-mêmes : il quittera le groupe dès leur prochain disque, et Tortoise ne sonnera plus jamais comme avant. Mais qu'a donc de si spécial cet album au titre aussi énigmatique que kilométrique ? Déjà, un titre comme "Djed" est là pour faire irrémédiablement pencher la balance du côté des musiques sombres et expérimentales, pour rappel ; le sujet qui nous occupe. Alors que l'on se remet à peine de ce revival rock seventies appelé grunge, voici que le groupe de Chicago se met en tête de réactiver ce qui ressemble ni plus ni moins à une déclinaison réactualisée du kraüt rock ! Comment ne pas succomber aux cheminements tortueux de cette pièce instrumentale de plus de vingt minutes qui allie avec pertinence programmations électroniques et densité musicale où chaques détails comptent ? Des rythmiques entêtantes viennent donner au morceau toute sa dimension, qu'il s'agisse de boîte à rythme, de batterie, ou même de vibraphone, l'instrument roi sans lequel Tortoise ne serait pas ce qu'il est... Les nappes déployées tournent à l'obsession sans perdre de vue un instant l'impact mélodique qui se dessine dans les contours flous d'une musique née de la matière. Après un tel pavé, on se dit que tout ce qui peut bien suivre paraîtra forcément inutile. Mais Tortoise réussit à condenser le même feeling dans des pièces aux temps d'exposition nettement plus raisonnables, alternant plages plus nerveuses ("The Taunt and Tame", indy dans la forme) et plages plus atmosphériques ("Glass Museum" ou le subaquatique "Survey"). Jouez hautbois, résonnez musettes : le post rock est né !

note       Publiée le mercredi 7 septembre 2005

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(N°6) › lundi 6 mai 2019 - 18:59  message privé !
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"you gotta keep them separated". Je l'ai dit ailleurs sous une autre chro de Tortoise, mais si les groupes qui voulaient faire du post-rock avaient suivi ce groupe ou Gastr Del Sol, ou lieu d'imiter Mogwai ad libitum, on aurait eu plein de trucs plus intéressants que, au hasard, Explosions in the Sky et autre groupe à crescendo emo-larmoyant et titres à rallonge. C'était aussi plus facile à faire, faut bien dire.

Langouste-mayonnaise › lundi 6 mai 2019 - 14:53  message privé !

Rooh te fâche pas tout de suite, j'essayais de dire pas trop méchamment que j'arrivais pas à t'imaginer autrement que toujours très congestionné. Après si c'est aussi de la provoc alors je m'incline, ta maîtrise es pignolage n'est plus à démontrer ! :)

Hallu › lundi 6 mai 2019 - 13:57  message privé !

Ah pardon faut plus discuter étiquette sans être qualifié d'ignare insensible par des bien pensants qui croient que la musique doit être purement émotionnelle et détachée de tout conformisme désormais c'est vrai...

Langouste-mayonnaise › lundi 6 mai 2019 - 11:47  message privé !

N'empêche, j'y connais rien, ni au post-rock, ni à cet album, ni à Tortoise (c'est sûrement pas les mêmes qu'ont remixé Techno Animal?) mais je me demande au vu de tes commentaires (c'est pas très sympa de ma part mais de toutes façons je suis déjà un trou du cul avéré par ici) : est-ce que la musique représente autre chose pour toi que la cristallisation d'une étiquette ?

Hallu › lundi 6 mai 2019 - 09:20  message privé !

Au final on dit que cet album c'est le post rock. Sauf que tout ce qu'on appelle post rock, à savoir GYBE, Mogwai, Red Sparowes etc... ne sonne pas du tout comme ça. La définition qu'on lit du post rock ce serait de prendre le rock comme un jeu de textures musicales, et c'est bien ce que fait Tortoise ici. En revanche les autres c'est plus du rock instrumental en comparaison.