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Lydia Lunch › Smoke in the Shadows

cd | 13 titres | 51:17 min

  • 1 Hangover Hotel [2:03]
  • 2 Smoke in the Shadows [4:53]
  • 3 Johnny Behind the Deuce [3:10]
  • 4 I Love How You… [3:13]
  • 5 Touch My Evil [4:39]
  • 6 Lost World [3:29]
  • 7 Sway [4:17]
  • 8 Gone City [2:19]
  • 9 Blame [4:01]
  • 10 Pass Like Night [5:27]
  • 11 Portrait of the Minus Man [2:47]
  • 12 Trick Baby [4:21]
  • 13 Hot Tip [6:37]

extraits audio

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enregistrement

Enregistré à Los Angeles aux Newzone Studios et produit par Nels Cline, Len Del Rio et Tommy Grenas. Le titre "Portrait of the Minus Man" fut enregistré au Sartorial Sound, à Londres avec Terry Edwards qui assura tous les instruments.

line up

Lydia Lunch (chant, spoken words, textes)Carla Bozulich (chant), Niels Van Hoorn (saxophone), Nels Cline (guitare), Adele Bertei (backing vocals), Alex Cline (batterie), Joel Hamilton (basse), Joe Berardi (vibraphone), Vinny Golia (cuivres), Chuck Manning (cuivres), Don Ostermann (cuivres), John Fumo (cuivres), Tommy Grenas, Len Del Rio,

chronique

Styles
jazz
ovni inclassable
Styles personnels
cinematographic jazz & spoken words

Pilier du courant "no-wave" né à la fin des années 70, Lydia Lunch a multiplié les expériences depuis ses débuts dans Teenage Jesus and the Jerks en 1976. C'est en 1980 qu'elle s'aventure pour la première fois en solo, avec l'étonnant "Queen of Siam". Elle enchaînera album solos et collaborations avec de grands noms de l'underground novateur, comme The Birthday Party, Einsturzende Neubauten, Michael Gira (Swans), Marc Almond, Thurston Moore et Kim Gordon de Sonic Youth et bien d'autres... Ecrivain, poétesse, actrice, performeuse, photographe, Lydia Lunch est une artiste hyperactive complète, égérie de la scène New-Yorkaise des années 70/80, qui a pourtant connu des débuts difficiles. A seize ans, Lydia quitte le foyer parental afin de fuir un père incestueux, pour gagner les rues de New York. Prostitution, drogue et alcool deviennent alors son lot quotidien. Mais Lydia est une battante, et presque 30 ans plus tard, elle continue de créer encore et toujours, comme en témoigne le langoureux "Smoke In The Shadows". Sur fond d'ambiances inspirées des films noirs des années 50, Lydia déverse le flot de ses spoken-words sensuels, désinvoltes à la tonalité éthylique, se rapprochant parfois d'un hip-hop classieux. Ses textes cruels parlent de meurtres, d'amants assassins, de vengeance sur un mode souvent narratif, un brin psychotique, fusionnant parfaitement avec l'ambiance jazzy-cabaret sombre, lounge et feutrée de la musique. La dame s'est entourée des membres de The Anubian Lights pour cet album, tout comme pour l'EP "champagne, Cocaïne & Nicotine Stains" sorti en 2002. Une sorte de retour aux sources, puisque son tout premier essai, "Queen of Siam" se tramait parfois autour du même type d'atmosphères. Ses susurements, sa voix langoureuse et sensuelle, haussent le ton sur certains titres; d'instants de séduction, en moments de cruauté, Lydia Lunch séduit et captive...

note       Publiée le dimanche 28 août 2005

chronique

Rita Hayworth était capable d’érotiser un effeuillage de gant…Lydia, c’est sa voix qu’elle effeuille, diva elle-aussi mais des lendemains de cuite. Quand tu te réveilles avec la gueule dans le coltard, que tu titubes vers le bar où ils connaissent bien ta tronche tant ton ardoise chez eux est longue, le souffle encore lourd du whisky de hier…pardon, d’il y a à peine trois heures, elle est là, à chanter, reine des petits matins, et ton sexe tout mou se remet à durcir méchamment. L’atmosphère est voilée, comme dans un film en noir et blanc légèrement au ralenti, hypnotique…Entre climats jazz lounge, cabaret, et une pointe d’inquiétude (‘Touch my evil’), Lydia Lunch délivre probablement son album le plus sensuel, l’un de ses plus riches en termes d’instrumentations. Elle le fait pour toi seul, bien que tu sois des millions à travers le monde. Et alors que ‘Hangover Hotel’ te cueillait avec des guitares fatiguées, des cuivres de fin d’aurore, un xylophone sur le point de rupture, un groove se met gentiment en place, tandis que Lydia fait une mini pause pour s’en allumer une, comme un serpent qui se tortille dans les buissons. Peu de sons agressifs, le cocon est en place, un cocon qui pue l’alcool et la fumée mais qu’importe. S’écoule le splendide ‘Smoke in the shadows’ au déhanché comparable à celui de Madame Lunch tandis qu’elle se glisse entre les tables sales transformant ce bouis-bouis en un palais dont serait jaloux n'importe quel cheikh de la terre. Rumba, tango, cabaret, jazz, r’n’b, music-hall éthylique (‘Johnny behind the deuce’), un zeste de trip hop (‘Pass like night’, ‘Blame’, la réponse féminine new-yorkaise à Tricky), tout s’enchaîne se mélange tandis que la voix infatigable se décline entre chant, récitation théâtrale, quelques pointes rap old school même (‘Trick baby’) mais toujours avec la même sensualité/sexualité torve. Tu aimerais te lever, la prendre dans tes bras, la presser contre toi, sentir ses seins contre ton torse, te la jouer protecteur sauf que tu es incapable d’esquisser un geste tant le timbre de Lydia mène la danse comme un boss (le fabuleux ‘Touch my evil’ sur un groove de samba menaçant, ‘Gone city’ faussement brisé). Un haussement de ton t’apprendra vite que la danse, effectivement, c’est elle qui la gère et que ne la baise pas qui veut, reprends-toi plutôt un verre et reprends-toi tout court, ça vaudra mieux. Entourée d’invités prestigieux (les membres d’Anubian Lights, avec qui elle collaborera encore, Carla Bozulich, des musiciens des Contortions et des Legendray Pink Dots), la reine Lydia nous livre un des ses opus les plus fascinants et les plus vénéneux, un de ses disques dont il est impossible de se lasser tant son groove sexuel poisseux s'insinue au plus profond de l'âme.

note       Publiée le jeudi 14 septembre 2017

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Scissor Man › vendredi 15 septembre 2017 - 12:41  message privé !

Et bien je suis plutôt jouasse de lire cette double chro, occasion de réécouter l'album, de découvrir qu'une chroniqueuse du nom d'Estëe sévit déjà sur Guts depuis 2004 (désolé, j'ai du passer entre les mailles…) et aussi que le Niels Van Horn des Dots est présent sur ce disque. Du coup, je me rappelle que Lydia Lunch livre très bientôt une performance solo aux instants Chavirés le 22 septembre.

http://www.instantschavires.com/22sept2017/

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Klarinetthor › samedi 29 novembre 2014 - 22:41  message privé !

J'ai croisé Retrovirus en LP cet aprem, hésité devant lui; Lydia lunch version senior a tout de meme ce charme d'un Tom Waits au féminin bien particulier.

(N°6) › samedi 29 novembre 2014 - 22:17  message privé !
avatar

Y a un rapport avec le dernier Suicide, ou les trucs de Vega en solo, dans le côté "eh, le New-York de 77 a disparu depuis longtemps, mais je suis toujours là, vous me remettez bande d'enculés ?". Et bizarrement quand on sort juste de ses trucs post-punk, c'est quasiment easy-listening (pour du Lunch, s'entend) en comparaison. C'est à dire vraiment pas difficile à s'enfiler. C'est du Lydia Lunch taggé "mature", avec tout ce que ça sous-entend. "Touch my Evil" est épique.

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azfazz › mardi 11 août 2009 - 14:33  message privé !

Un peu long quand même, je préfère le "Queen of Siam", mais l'ambiance feutrée, la voix chaleureuse sont vraiment accrocheuses. Une surprise à ma première écoute (de "Queen of Siam"), ne connaissant de Lydia Lunch que sa présence surexitée dans le fameux "Death Valley 69" de Sonic Youth...

Cockrellus Wumbus › vendredi 12 juin 2009 - 04:12  message privé !

Haaaaaaaaaaaaaaa !!! (Voix hystérique de koala albinos perdue dans la mer) Quel jolie voix cette Lydia Lunch !!! et jolie femme aussi ouf !!! un bel album d'ambience dont j'ai beaucoup de plaisir à mettre dans mon apartement lorsque j'invite de jolies dames héhé !!! Mais c'est vraiment la voix de la belle Lydia qui m'emporte, c'est fou mais quel sensualité !!! j'suis presque venue dans mon pantalon en écrivant mon commentaire.......

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