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Taku Sugimoto › Opposite

  • 1998 • Hat Noir 802 • 1 CD digipack

20 titres - 47:59 min

  • 1/ Mirrors (1:08) - 2/ Bells of... (4:05) - 3/ Flagments of Happiness (1:35) - 4/ Spoon River I (3:57) - 5/ Sprin (3:22) - 6/ Midnoon (1:43) - 7/ Opposite (0:45) - 8/ Subtle (1:37) - 9/ Birds of Afternoon (1:32) - 10/ Stained Glass Windows (1:21) - 11/ A Narrow Pat (1:32) - 12/ Tansylvania (2:34) - 13/ Paris (1:31) - 14/ Spoon River II (3:17) - 15/ Monad (8:49) - 16/ Treading (2:22) - 17/ Pale Light (1:33) - 18/ A Day Book (2:04) - 19/ At the Corner (2:01) - 20/ To War (1:11)

enregistrement

Galerie de Café Den, Tokyo, Japon, 24,25 et 29 avril 1997

line up

Taku Sugimoto (guitare)

remarques

chronique

Styles
jazz
Styles personnels
improvisation

Parmi la légion de guitaristes jazz à s'être lancés à corps perdus dans l'improvisation, Taku Sugimoto fait figure d'exception. Quelques disques - et non des moindres - ont déjà fait leur apparition sur ce site - d'autres suivront - mettant en avant les qualités de chaque instrumentiste, qu'ils s'appellent Derek Bailey, Bill Frisell, Keiji Haino, Pat Metheny ou Gary Smith. Mais aucun d'entre eux n'approche avec autant d'acuité le souci d'épure qui régit désormais la seconde partie de carrière du japonais. Les vingt courtes plages de "Opposite" (exception faite de "Monad" du haut de ses huit minutes), première publication européenne du guitariste, nous irradient d'une lumière aveuglante. De ses lumières de mort réfléchies par les monts maculés d'une neige translucide à l'aube d'un nouveau monde. Le scénario est simple, et pourtant très convenu : un homme, une guitare, électrique ou non. Une oreille et un sens de l'espace inattaquable. Mais surtout, une dévotion presque méditative dans le geste. Tout se passe comme si Sugimoto enchaînait au ralenti les katas d'un art martial aux vertus purement philanthropiques, d'un mouvement souple et jamais hésitant, dessinant des courbes dans les airs dont la rémanence exerce sur nous un pouvoir hypnotique. Et puis il y a la qualité exceptionnelle de ce son. Cristallin. Pur. Son choix d'intervalles, d'accords et d'harmoniques l'isolent de ses contemporains. Et même si par moments il peut faire penser à certains d'entre eux (comme à Derek Bailey par exemple sur "Paris"), il demeure en soi plus proche d'un Bill Frisell qui aurait été dépossédé de son maniérisme culturel. Bill Evans jouant du Jim Hall, ou plutôt l'inverse, après un long séjour derrière les enceintes d'un temple bouddhiste. Plus qu'un disque de chevet, un sablier magique dont la faculté première est de pouvoir geler le temps. "Opposite" s'adresse aussi bien aux oiseaux de nuit aimant flirter avec les ombres qu'aux oiseaux diurnes aimant se perdre dans la brume épaisse du matin.

note       Publiée le vendredi 26 août 2005

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kranakov › jeudi 25 décembre 2014 - 14:50  message privé !

Littéralement au-dessus de mes forces. Un hermétisme poseur et vain - on me semble très loin de Cage, de son humour et de sa sensualité. Effectivement aussi chiant que n'importe quelle prestation solo de Sachiko M...

Note donnée au disque :       
freaks › vendredi 23 décembre 2011 - 13:34  message privé !

Voilà, ça va faire presque 15 ans qu'il est sorti. Un disque monumental en réponse à la scène Onkyo et à l'impasse dans laquelle elle se fourrait. Une réponse en apparence simple, mais franchement radicale, à voir comment silence et notes pouvaient être bannis du langage propres aux musiques improvisées. Je crois qu'il faut se méfier des analogies religieuses ("dévotion", "méditatif") et se concentrer non sur ce qu'il retire mais sur ce qu'il a apporté: une nouvelle conception de l'espace sonore, du caractère spatial des notes, et surtout, de la puissance de la résonance et du silence. Retour à Cage, après passage par l'improvisation. C'est vrai que les sonorités ressemblent à Derek, mais l'approche musicale de Taku est aux antipodes, et se réclame surement plus de Cage et d'une issue à l'improvisation telle que la pratiquait Toshimaru, Otomo et Sachiko, et plus globalement, à l'EAI en général. Un disque qui a ouvert de nouveaux horizons dans les musiques expérimentales (tout ce qui gravite autour du collectif Wandelweiser aujourd'hui, mais aussi l'autre Taku, Taku Unami, l'ovni inclassable). Un classique, pierre angulaire de l'histoire des musiques improvisées et expérimentales. Un chef d'oeuvre!

Note donnée au disque :       
Seb de Super › vendredi 12 juin 2009 - 09:25  message privé !

J'ai acheté le Taku Sugimoto Guitar Quartet avec Otomo YOSHIHIDE mais je suis pas convaincu car il y a vraiment trop de silence.

zero › lundi 20 mars 2006 - 17:41  message privé !

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Note donnée au disque :