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David Murray › Big band

8 titres - 71:16 min

  • 1/ Paul Gonsalves (17:37)
  • 2/ Lester (9:56)
  • 3/ Ben (10:10)
  • 4/ Calling Steve McCall (6:17)
  • 5/ Lovejoy (6:12)
  • 6/ Istanbul (9:24)
  • 7/ David's Tune (7:51)
  • 8/ Let the Music Take You (3:49)

enregistrement

Clinton Recording Studios, New York City, USA, 5-6 mars 1991

line up

Don Byron (saxophonebrayton, clarinette), Fred Hopkins (contrebasse), David Murray (saxophone ténor, clarinette basse), Sonelius Smith (piano), James Spaulding (saxopone alto, flûte), Bob Stewart (tuba), Graham Haynes (trompette), High Ragin (trompette), Rasul Siddik (trompette), James Zollar (trompette), Craig Harris (trombone), Frank Lacy (trombone), Al Patterson (trombone), Vincent Chancey (cor anglais), Kahlil Henry (flûte, piccolo), John Purcell (saxophone alto), Patience Higgins (saxophone soprano et ténor), Tani Tabbal (batterie), Joel A.Brandon (siffleur), Brother G'Ra (voix), Andy Bey (chant), Lawrence "Butch" Morris (chef d'orchestre)

remarques

chronique

Styles
jazz
Styles personnels
big band > post moderne

Ce disque de 1991 peut nous permettre de continuer à explorer la facette big band du jazz actuel. L'histoire, fût-elle musicale, serait donc un éternel recommencement ? Depuis l'émancipation bop en commité réduit, comme affirmation des individualités, on n'avait plus cru nécessaire de retourner à cette formule particulière qui, aux origines, n'avait autre volonté que de divertir. En dépit des apparences, cette tradition perdura, même si on lui connut des formes différentes ; la collaboration Gil Evans-Miles Davis, le Workshop de Charles Mingus, véritable révélateur de talents (Booker Ervin, Roland Kirk, Jackie McLean, etc.) ou à l'opposé l'Arkestra de Sun Ra et sa ribambelle de musiciens à lui avoir prêté allégeance, sans oublier le maître absolu, Duke Ellington, bien sûr... Comme vous le voyez, les exemples ne manquent pas. Et si la culture du big band a tout de même perduré, c'est à cause de cette puissance qu'elle est la seule à pouvoir générer de par son intrinsèque exubérance. Buddy Rich peut continuer à faire du sensationnalisme dans son coin s'il le veut, d'autres se sont accaparés le genre pour lui faire cracher les quelques mots appris entre temps au détour des nouvelles grammaires émergentes. Ce qui donne, dans le meilleur des cas, une armée de cuivres prêts à monter au front pour l'apocalypse final (les essais de Keith Tippett ou Alan Silva en sont un bel exemple) ou, comme ici, un compromis pas pleinement satisfaisant entre swing ancestral et écriture moderne où se mêlent harmolodie, dodécaphonie et autres principes hérités de la musique du vingtième-siècle. Malgré leurs airs peu conventionnels, les trois hommages que sont "Paul Gonsalves", "Lester" (Young) et "Ben" (Webster) portent encore trop l'empreinte des artistes auxquels ces titres sont dédiés. La deuxième partie d'album est quant à elle plus convaincante. Elle tergiverse moins aussi et se distingue avant tout par sa faculté à créer des atmosphères brumeuses et troublantes ("Calling Steve McCall", "Istanbul"). La direction de Lawrence "Butch" Morris, comme fièrement indiquée sur la pochette, n'apporte rien fondamentalement, tout comme le rap de "Let the Music Take You", pas crédible un seul instant. Mais sans être redoubalement innovant, ce disque ambitieux propose tout de même la plupart du temps une musique fragile où la normalité peut basculer à tout moment dans l'étrange, où le réel - avec la vigueur d'un rêve éveillé - se déforme et titube comme le souvenir d'une nuit trop arrosée.

note       Publiée le samedi 20 août 2005

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