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David Murray › Deep river

7 titres - 63:28 min

  • 1/ Jazz [is back] (7:11)
  • 2/ Home (10:03)
  • 3/ Mbizo (10:52)
  • 4/ Theme 2A (11:14)
  • 5/ Dakar Dance (5:30)
  • 6/ Mr. P.C. (12:44)
  • 7/ Deep River (5:54)

enregistrement

A&R Recording, New York City, USA, janvier 1988

line up

Dave Burrell (piano), Fred Hopkins (basse), David Murray (saxophone ténor, clarinette basse), Ralph Peterson Jr. (batterie)

remarques

chronique

Styles
jazz
Styles personnels
free jazz > post bop

Un free sans agression, pour l'amour de l'abstraction. Pour sa capacité aussi à révéler des beautés maintenues à l'abri de notre perception pour cause d'une trop grande influence des systèmes d'écriture préexistants auprès de l'inconscient collectif. Voilà en somme le programme de ce "Deep River", à l'image du reste de toute la seconde partie de carrière d'un David Murray de plus en plus porté par un désir légitime de retour aux sources. Personnage haut en couleur à l'abondante discographie, il n'est pas rare à cette époque de voir ses albums publiés par grappe de trois. Il en fût ainsi de "Ballads" et "Spirituals", tous deux bâtis autour des mêmes sessions qui ont donné le jour à l'objet de notre chronique. À nouveau en commité réduit, l'allié de circonstance s'appele cette fois Dave Burrell : un pianiste au passé free qui normalement ne devrait déjà plus avoir de secret pour vous et dont la caractéristique principale demeure sans doute sa relative timidité à vouloir s'abandonner sans restriction au plus exaltant des langages. La relecture de "Home" permet au pianiste de montrer qu'après une trentaine d'années de métier, ses doigts peuvent désormais être agités par autre chose qu'une crispation passagère. Ailleurs, sa propension mélodique innée fait le reste. Le cadre étant beaucoup plus introverti, les attaques du saxophoniste paraissent beaucoup plus directes. Il en est ainsi de "Theme 2A" qui partage avec le contemplatif "Mbizo" la culte inconscient de l'oeuvre d'Ornette Coleman. "Dakar Dance", puis la reprise de "Mr. P.C" de John Coltrane viennent affirmer la toute grande forme d'un saxophoniste généreux qui, dans ces moments de grande intensité, semble préparer le terrain pour un David S.Ware qui a soif de revanche. Question de sensibilité peut-être aussi, je le trouve personnellement plus passionnant encore quand il empoigne sa clarinette basse, avec laquelle il parvient à véhiculer la même urgence mais auréolée d'une beauté étrange emprunte d'une sensation de nostalgie pervertie.

note       Publiée le samedi 20 août 2005

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