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Compilations - Bandes originales de films › A Clockwork Orange

15 titres - 46:23 min

  • 1/ Title from A CLockwork Orange (2:21)
  • 2/ The Thieving Magpie (abridged) (5:57)
  • 3/ Theme from A Clockwork Orange (Beethoviana) (1:44)
  • 4/ Ninth Symphony, second movement-abridged (3:48)
  • 5/ March from A Clockwork Orange (Ninth Symphony, fourth movement-abridged) (7:00)
  • 6/ William Tell overture-abridged (1:17)
  • 7/ Pomp and circumstance march n°I (4:28)
  • 8/ Pomp and circumstance march n°IV-abridged (1:33)
  • 9/ Timesteps (excerpt) (4:13)
  • 10/ Overture to the sun (1:40)
  • 11/ I want to marry a lighthouse keeper (1:00)
  • 12/ William Tell overture-abridged (2:58)
  • 13/ Suicide scherzo (Ninth Symphony, second movement-abridged) (3:07)
  • 14/ Ninth Symphony, fourth movement-abridged (1:34)
  • 15/ Singin' in the rain (2:36)

enregistrement

détails non précisés

line up

Walter Carlos, Rachel Elkind, Erika Eigen, Gene Kelly. (Les interprètes "classiques" ne sont pas mentionnés.)

chronique

"Orange Mécanique" est le genre de film qui marque, surtout quand on le voit adolescent et qu'on transgresse avec délice l'interdiction faite aux moins de seize ans. Inspiré par le classique d'Anthony Burgess (qui dans son livre invente carrément une nov-langue futuriste, sorte de sous-instrument de communication fait de mots d'argot pris dans différents idiomes), le film de Kubrick fit scandale à l'époque avec ses femmes dénudées, ses scènes de viol collectif, sa violence revendiquée. On en sourit bien sûr aujourd'hui (quoique le film demeure marquant) à cause d'une mise en scène très démonstrative et de partis-pris esthétiques chocs qui ont bien mal vieilli (le film date de 1970 et ça se voit !). Pourtant, l'oeuvre reste passionnante par le questionnement philosophique qu'elle implique, et par sa narration en forme de parcours initiatique inversé. La musique qu'on y entend lui reste indissolublement liée, quoiqu'on en pense par ailleurs. Avec le recul, et prise en elle-même, sans le support de l'image, il n'y a tout de même dans cette bande originale pas grand' chose à se mettre sous la dent. Son principal intérêt réside en fait dans les expérimentations électroniques de Walter Carlos (ingénieur-musicien qui se fit connaître dès 1968 par le triomphal "Switched on Bach", heureusement tombé aujourd'hui dans l'oubli), Walter Carlos, qui, armé de ses synthétiseurs moogs prototypiques (il a lui-même collaboré avec Robert Moog à partir de 1966), transforme, malaxe, recrée des thèmes célèbres de la musique classique pour en faire une hypothétique bande-son d'un futur proche où l'humanité tombe en déchéance. Ainsi transforme-t-il le célèbre thème de Purcell tiré de la musique funèbre de la Reine Mary pour en faire la grande ouverture de l'opéra kubrickien, morbide et glauque à souhait. Il s'amuse à passer des airs célèbrissimes de Rossini et surtout de Beethoven à la moulinette (passages en accéléré, chant de l'hymne à la joie vocodé et réverbéré) pour les faire mieux correspondre au "dérangement mental" du protagoniste. Car les thèmes musicaux occupent une place prépondérante dans le film : c'est en chantant "Singing in the rain" qu'Alex brutalise et viole ; et c'est à cause de ce même air qu'il sera retrouvé et "puni" (on le retrouve d'ailleurs avec plaisir à la fin de cette B.O., dans l'interprétation originale de Gene Kelly). La musique de Beethoven est elle-même détournée et pervertie puisqu'elle sert de fond sonore aux images de violence dont on sèvre Alex et à laquelle il deviendra donc allergique. Cette musique de célèbration humaniste devient soudainement le corrélat objectif des cauchemars du héros, de la violence et de la haine qu'il est obligé de refouler en lui. Les autres bonnes surprises de ce disque sont, outre deux "Pomp and circumstance March" du britannique Elgar (compositeur trop méconnu hors de son pays, qui signe quasiment là des hymnes nationaux anglais bis), la présence du thème folklorique "Overture to the sun" et surtout celle d'un standard anté-diluvien aux accents délicieusement canailles, "I want to marry a lighthouse keeper" d'Erika Eigen. L'effet de contraste se passe hélas mal de la présence des images. Pour le reste, c'est un massacre en règle d'interprétations "classiques" de la neuvième symphonie de Beethoven et des ouvertures de "La pie voleuse" et de "Guillaume Tell" de Rossini, puisqu'elles sont abominablement tronçonnées (et dénaturées) sous la forme d'extraits très abrégés - je vous interdis bien sûr formellement d'écouter ça en disque et vous conjure de vous reporter d'urgence à des enregistrements intégraux de ces chefs-d'oeuvre. La nostalgie n'excuse pas tout.

note       Publiée le samedi 20 août 2005

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bubble › lundi 13 octobre 2014 - 11:27  message privé !

la version de wendy est tres tres largement superieur .. http://www.wendycarlos.com/+wcco.html

zugal21 › dimanche 12 octobre 2014 - 20:55  message privé !

Euh .... mais il est très très bien, ce dixe

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NevrOp4th › mardi 8 octobre 2013 - 23:40  message privé !

J'ai revu le film il n’y pas si longtemps que çà et outre le côté totalement visionnaire du film, la musique du film m'a totalement scotché. Elle colle tellement bien au film avec tout ses synthétiseurs venus d'ailleurs qui arrive à bien se fondre dans une Angleterre rétro futuriste à l'ambiance totalitaire. J'en suis encore troublé.

Note donnée au disque :       
bubble › mardi 10 novembre 2009 - 15:17  message privé !

c'est pas la bonne version ... il faut acheter cette version (http://www.wendycarlos.com/+wcco.html) imfiniment mieux . timesteps vaux a lui seul le coup

The Gloth › mardi 10 novembre 2009 - 13:01  message privé !

Question de goût... moi j'aime beaucoup.

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