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Brian Eno › Ambient 1 - Music for airports

4 titres - 48:00 min

  • 1/ 1/1 (17:21)
  • 2/ 2/1 (8:54)
  • 3/ 1/2 (12:07)
  • 4/ 2/2 (9:38)

enregistrement

Brian Eno's Studio, Angleterre, 1978

line up

Brian Eno (synthétiseur, piano), Robert Wyatt (piano), Christa Fast (voix), Christine Gomez (voix), Inge Zeininger (voix)

remarques

Il s'agit du pressage cartonné japonais à tirage limité

chronique

Styles
ambient

Que pouvait bien écouter Marcel Proust, à cheval entre le dix-neuvième et le vingtième siècle ? Aurait-il été lui aussi un amateur transis des musiques environnementales réalisées par Brian Eno, et désormais officiellement reconnues sous l'appellation ambient à l'aube de ce premier manifeste ? Depuis "Another Green World", on a bien senti que Brian Eno préférait se laisser ballotter au gré des courants tièdes mais invisibles qui l'amenèrent jusqu'aux rivages d'un pays encore inconnu qu'il restait encore à explorer. Y pénétrer à tâtons, mesurant chacun de nos pas... Brian Eno a toujours pris plus de plaisir à établir des stratégies qu'à les exécuter. Et sa dernière idée en tête, c'est de rester alerte face au contexte, ou mieux ; développer une musique de fond en support à l'horlogerie infernale qui dicte nos existences. Comme disait Erik Satie - auquel l'approche du britannique nous fait inmanquablement penser - "une musique qui pourrait se mélanger au bruit des fourchettes et des couteaux lors d'un repas". Cette sacralisation du silence n'induit pas nécessairement la disparition pure et simple. La musique continue à bel et bien exister, mais elle est d'une telle discrétion qu'elle tend à s'effacer pour ne faire plus qu'un avec le décor. Un piano mélancolique, comme des gouttelettes de pluie qui s'écoulent lentement d'une corniche après un orage violent. Des voix aériennes, comme les vagues d'une mer calme qui se sublimeraient aussitôt en nuages à leur approche de la côte. Si les beautés que l'on découvre le plus tôt sont aussi celles dont on se fatigue le plus vite, il y a des moments de la vie où une sorte de beauté naît de la multiplicité des ennuis qui nous assaillent. Ces mots ne sont pas de moi, mais de l'auteur de "La Recherche du Temps Perdu". Et elles traduisent parfaitement le travail entamé ici par Brian Eno ; celui d'une musique à laquelle on peut tour à tour s'intéresser ou l'ignorer. Un disque doux et déléctable. Tendre comme une madeleine.

note       Publiée le jeudi 21 juillet 2005

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zugal21 › mardi 8 novembre 2016 - 17:33  message privé !

Friand ici de ce quasi continuum avec patterns monotones propice aux paliers de décompression

Note donnée au disque :       
Seijitsu › mardi 8 juillet 2014 - 21:26  message privé !

Quelle purge... A part son titre très classe et son intérêt historique, c'est quand même difficile de trouver des qualités à ce disque. C'est vraiment l'ambient dans ce qu'il y a de plus jetable et d'ennuyeux. Impossible d'écouter ça sans faire quelque chose à côté.

Note donnée au disque :       
Alfred le Pingouin › samedi 14 juin 2014 - 01:03  message privé !

Les deux, vu que Brian Eno EST Dieu. Du moins, il l'a touché, c'est sûr. Y a Dieu en lui. Il l'a rencontré quelque part dans les nuages, dans une dimension dont il est le seul à avoir la clé. Genre après sa femme peut y accéder parce que c'est sur le porte-clé devant l'entrée.

Note donnée au disque :       
Klarinetthor › samedi 14 juin 2014 - 00:55  message privé !

Dieu?

Alfred le Pingouin › samedi 14 juin 2014 - 00:11  message privé !

Il mourra jamais.

Note donnée au disque :