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Pressure Drop › Elusive

cd • 15 titres • 67:58 min

  • 1Intro0:43
  • 2Writing on the Wall4:06
  • 3Got to Be for Real5:05
  • 4Silently Bad Minded4:47
  • 5Foetus3:49
  • 6My Friend4:43
  • 7Let Me Be Me3:25
  • 8Uh Oh3:18
  • 9Darkness5:36
  • 10Don't Run Away6:42
  • 11Dusk5:24
  • 12Sounds of Time4:57
  • 13Obsessed4:36
  • 14The Road8:20
  • 15End of the Road2:26

enregistrement

Studio 4, Londres, Angleterre, 1997

line up

Scott Garland (flûte, saxophone), Godhead (flûte, harmonica), Duncan Mackay (trompette), Chris Taylor (batterie), Dave Hendley (basse, claviers, programmation), Justin Langlands (basse, claviers, programmation, platines), Anita Jarrett (chant), Martin Fishley (chant), Constantine Wier (chant)

remarques

chronique

Le début de la deuxième moitié des années quatre-vingt dix n'a pas été avare en disques de qualité. Et une des seules scènes à tirer profit de cette formidable effervescence créative fût bien sûr le trip hop. Pour les quelques impatients qui au passage viennent voler sur ce site quelques informations en jetant un rapide coup d'oeil, d'abord à la côte attribuée au disque, et ensuite seulement aux deux dernières lignes de la chronique où ils espèrent trouver une conclusion à même de les satisfaire, sachez que s'il fallait résumer en une sentence expéditive ce que m'évoque instantanément cet album de Pressure Drop, ce serait la rencontre entre le Massive Attack de "Blue Lines" et le formidable "Radar" que l'on doit à Earthling, le tout saupoudré - pensez-vous donc - d'une petite pointe de progressif, ne serait-ce que par certains aspects de son esthétique. Une musique des mélanges donc ; world, soul, dub, hip hop, et même jazz dans un climat plutôt claustrophobique, voire même carrément malade. Et sur "Elusive", ce malaise latent ne sent pas le chiqué, c'est le moins qu'on puisse dire ; il vous poursuit de la première à la dernière seconde. De sombres instrumentaux comme "Foetus" et "Dusk", ou encore "Darkness", au tempo lent quadrillé par des nappes de mellotron (vous avez bien lu) et un ensemble de cordes presque Goreckien montrent déjà à quel point on se trouve ici à l'exact opposé de la tendance alors en vogue et qui prônait le retour à une plus grande légerté. Certains feront peut-être volontairement l'impasse sur des titres comme "Silently Bad Minded" ou "Don't Run Away", au feeling reggae/dub assuré par Martin Fishley. Mais ce serait une erreur de passer également sous silence d'autres exercices tels que "My Friend", pièce inquiétante, sorte de Dead Can Dance à la sauce trip hop, "Uh Oh", aux accents jazzy et ethniques fort marqués, ou le tourmenté "The Road" et son coda mémorable qui peuvent être interprétés en tant que parfait résumé. "Elusive" est un des rares albums trip hop à véhiculer des atmosphères singulières entendues nulle part ailleurs.

note       Publiée le mercredi 20 juillet 2005

chronique

Styles
trip hop

"Elusive", le premier disque de Pressure Drop, un projet musical des Blood Brothers (pas le groupe punk de Seattle mais les animateurs d’un célèbre show radio anglais), jouit d’une excellente réputation dans les sites et forums internet consacrés au trip hop et musiques affiliées, et même au-delà. Il s’agit d’un disque pour ainsi dire culte qu’on nous présente depuis dix ans comme une pépite méconnue et mésestimée du trip hop, un joyau que tout le monde devrait posséder. Vous vous en doutez, ces nombreux éloges ont piqué ma curiosité, et m’ont poussé à me procurer le disque, manifestement riche et magnifique, dont un journaliste anglais à même dit qu’il s’agissait de « la musique soul du XXIème siècle », rien que ça. Partout, on y allait fort avec les qualificatifs : « un album essentiel, sublime », « un indispensable du trip hop ». Eh bien à l’écoute de l’album, il est évident que… non. En réalité, si Pressure Drop se réclame du trip hop, c’est surtout dans une optique très radiophonique et jazzy, plutôt inoffensive en général, assez guillerette même, bien que leur approche du trip hop soit indéniablement originale et singulière, avec des zébrures sombres et expérimentales de-ci de-là, mais rien de bien méchant en réalité. La musique, inspirée du Massive Attack des débuts (surtout Blue Lines), mais moins raffinée et, surtout, bien moins cohérente, se réclame d’un melting-pot de genres black music dont les Blood Brothers sont amateurs : nous avons donc droit à une majorité de titres d’inspiration soul (« Writing On The Wall »), voire reggae (« Silently Bad Minded »), des gimmicks hip hop sur quelques titres, un feeling blues relatif, et un bon paquet de cuivres festifs slalomant entre des sonorités electro et un collage de samples plus ou moins maîtrisés. Ajoutez à cela une approche world évidente sur les moments instrumentaux. La particularité de Pressure Drop est aussi le saxophone, instrument très présent sur ce disque, pour le meilleur (« Writing On The Wall »), comme pour le pire (« Uh Oh », particulièrement irritante et vaine). Les aspects ethniques et afro sont chers à Pressure Drop, ce qui est tout à leur honneur, mais ils ne suffisent pas à sauver cet album de la case ‘poussière’ en ce qui me concerne, sans doute parce que je recherche avant tout la noirceur et l’introspection dans un disque de ce genre. L’album n’est en lui-même pas foncièrement mauvais entendons-nous bien, il a d’indéniables qualités (dont je vous parlerai après) mais il est assez mal fagoté et ampoulé par des instrumentaux trop longs et agaçants à force, des flows masculins bien souvent sans conviction ni réel feeling (ceux de Constantine et des autres, qui font rarement mouche), et des textes d’une mièvrerie et d’une banalité assez surprenantes (« Let Me Be Me », « Don’t Run Away »). Les atouts de Elusive ? Tout d’abord, la voix de leur « femme à eux », soit Anita Jarrett, qui est capable de passer d’un registre soul au gospel, et joue avec une grande souplesse à descendre dans les graves sur « Darkness ». Ensuite, leur capacité à générer des atmosphères dans lesquelles s'entrecroisent beaucoup de genres d'horizons différents, avec, toujours, cette touche afro plus ou moins appréciable selon l'humeur. "Elusive" est malgré tout ankylosé par une mauvaise gestion des beats, dispatchés de façon non linéaire ce qui – paradoxalement – m’agace, et aussi par ses instrumentaux, inutilement longs bien qu’intéressants par moments, ils sonnent plus comme du remplissage à mes oreilles, se targuant quelques moments obscurs mais flirtant la plupart du temps avec une musique cinématographique éthérée quand elle ne nous renvoie pas des échos de Enya dans les oreilles. Pour ce qui est des titres purement sombres de l’album, ils se comptent au nombre de… trois. « Darkness », dont je vous ai déjà parlé, avec la voix d’Anita en cantatrice un peu dérangée, grave et grondante, « Obsessed », dans l’optique de ce que Massive Attack a pu accomplir sur Mezzanine (toutes proportions gardées), et, pour finir, le titre qui tire le mieux son épingle du jeu, et, pour le coup, la seule et unique piste « gutsienne » du lot : « My Friend », qui a le mérite d’être à la fois obsédante, sombre et imprévisible, avec une mélodie de guitare bien prenante et une ascension rituelle d’anthologie (les deux dernières minutes bien tribales n’ont rien à voir avec les premières plus intimiste, et le titre est l’un des seuls de l’album à être prenant du début à la fin). Pour ce qui est du reste mes amis, vous nagerez en eaux claires, le malaise n’étant pas maître en ces lieux comme chez Earthling ou Tricky. dans un mélange de trip-hop, de soul, de funk et de longues plages instrumentales assez riches, sympathiques mais bancales. « Elusive » pourra donc vous servir de disque à passer pendant un repas entre amis, au mieux comme curiosité du genre que vous vous écouterez d’une oreille distante, mais je me vois mal vous le conseiller pour une écoute attentive, à l’exception des trois titres cités plus haut.

note       Publiée le lundi 12 novembre 2007

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notes

Note moyenne        6 votes

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dariev stands › samedi 18 juin 2011 - 12:39  message privé !
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boah, c'est parce qu'on t'as dit que c'était trop long ? si les gens sont pressés ils peuvent lire celle de proggy ! continue plutôt sur ta lancée actuelle sur des nouveaux trucs !

Raven › samedi 18 juin 2011 - 10:51  message privé !
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tu fais bien d'en parler, je dois refaire cette chronique (pas que mon avis aie changé... mais c'est une horreur à lire)

Note donnée au disque :       
born to gulo › samedi 18 juin 2011 - 10:38  message privé !

ah merde, bon, ok ...

Lapin Kulta › mardi 13 novembre 2007 - 20:09  message privé !
Pas de gros mots s'il te plait.
merci pour le fusil... › lundi 12 novembre 2007 - 22:31  message privé !
raven = proggy ???