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Georges Aperghis (1945) › Machinations

  • 2002 • Accord 472 916-2 • 1 CD

10 titres - 51:37 min

  • 1/ I (4:15)
  • 2/ II (4:36)
  • 3/ III (9:11)
  • 4/ IV (1:10)
  • 5/ V (2:53)
  • 6/ VI (8:25)
  • 7/ VII (8:07)
  • 8/ VIII (4:19)
  • 9/ IX (4:48)
  • 10/ X (3:51)

enregistrement

IRCAM-Centre Pompidou, Paris, France, juin 2000.

line up

Sylvie Levesque, Donatienne Michel-Dansac, Sylvie Sacoun, Geneviève Strosser (voix), Olivier Pasquet (ordinateur).

remarques

chronique

Styles
musique classique
contemporain
electro
Styles personnels
contemporain/théâtre musical surréaliste

"Spectacle musical pour quatre femmes et ordinateur", cette création récente de Georges Aperghis peut fort bien se passer de l'image pour donner sa pleine dimension "spectaculaire". Partant des mêmes principes que dans ses "Récitations", à savoir un jeu virtuose de phonèmes énoncés, chantés, accumulés par des séries construites selon diverses variables (vitesse, ressemblances sonores, évocations concrètes, impact dramatique, sens des mots...), Aperghis en démultiplie la puissance. D'abord, il n'y a plus une seule récitante mais quatre : autant vous dire que les jeux de contrepoints, de questions-réponses, les paysages sonores plantés par des bruits de voix, de gorge, de souffles... en deviennent ahurissants. D'autant plus que l'aspect oulipien est ici transcendé par une dimension surréaliste : divers textes récités de François Regnault (de l'évocation d'une partie de bridge à celle du canard de Vaucanson), absurdes en eux-mêmes ou par leur juxtaposition, par leur mise en parallèle, viennent tromper l'auditeur par l'ajout d'une couche supplémentaire de signifiants à ce palimpseste théâtro-musical complètement barré. Et puis, aspect nouveau également qui donne tout son sel à l'affaire, les quatre voix sont saisies en direct (il s'agit d'un enregistrement live) par Olivier Pasquet, qui, derrière son ordinateur, les remixe, les renvoie en écho, les amplifie, les monte en boucle, les accélère ou les ralentit, prend une partie du texte pour la retranscrire un peu plus loin dans le spectacle, ajoute de ci de là des déflagrations électroniques... bref, il opère une transmutation informatique qui redouble la puissance polyphonique de l'ensemble. L'impression globale est vraiment redoutable d'efficacité : c'est un délire total, riche, dense, savant mais ludique, complexe tout en étant très accessible. Une étude musicale bouffonne et lacanienne... Les mathématiques y croisent le théâtre ; un logiciel électro-acoustique de l'IRCAM y est mis au service d'une musique de Tex Avery métaphysique. Le dispositif initial prévoyait également une projection vidéo des mains des quatre femmes, qui manipulent des petits objets tout en parlant ou chantant. Sur disque, la puissance d'évocation de l'ensemble y supplée largement, même pour l'auditeur novice, qui se perdra avec bonheur dans les labyrinthes de Georges Aperghis.

note       Publiée le lundi 20 juin 2005

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empreznor › jeudi 4 octobre 2007 - 19:54  message privé !
Au moins t'as lu la chro ! Non, meme pas...
Solvant › jeudi 4 octobre 2007 - 19:20  message privé !
Au moins t'as lu la chro ! Peut-être que plus tard tu comprendras tous les mots, t'es sur le bon chemin, bientôt la 6eme au loin te fera signe. Mission terminée.
empreznor › jeudi 4 octobre 2007 - 19:15  message privé !
branlette intellectuelle amha
Solvant › jeudi 4 octobre 2007 - 19:01  message privé !
"A mesure que la nécessité se trouve socialement rêvée, le rêve devient nécessaire." Guy Debord. (La société du spectacle.)