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Diabologum › C'était un lundi après-midi semblable aux autres

12 titres - 36:07 min

  • 1/ Comme un infriste
  • 2/ Le discours de la méthode
  • 3/ Kill sub pop stars
  • 4/ Logo
  • 5/ Too much sleep
  • 6/ Le courage des oiseaux
  • 7/ Point d'impact
  • 8/ Chanson bateau
  • 9/ Sticky hair-pin
  • 10/ One million kisses
  • 11/ Fotogena
  • 12/ Je ne reviendrai jamais

enregistrement

1993.

line up

Diabologum, Dominique A dans "Le discours de la méthode".

chronique

"Attention à jouer au génie, parce qu'on risque de le devenir." C'est par ces paroles de Salvador Dali que s'ouvre le premier album de Diabologum - groupe dont a irrésistiblement envie de découvrir les débuts, ne serait-ce que pour connaître la genèse de "#3", cet infatigable brûlot. Décidément, ces jeunes toulousains ne doutent de rien... c'est quand même un brin mégalo de commencer par une telle citation. Rétrospectivement, c'est si vrai... Pourtant, il leur faudra attendre leur troisième album pour toucher au "génie" revendiqué. Avec ce premier opus, qui contient tout de même quelques promesses, on est encore loin du compte. Intellos doués mais feignants, nos amis se livrent à un disque de pop-rock post-moderne, qui navigue de Dali à David Lynch, de citations de Nirvana à Woody Guthrie ("This land is your land") en passant par Messiaen ou les Beach Boys ("Pet sounds", venu de nulle part, qui termine l'album). Guitares acoustiques ou électriques au son clair, qui se recouvrent parfois de saturations, chant insupportable, petites ritournelles mélodiques accrocheuses, étalage de culture littéraire et musicale, reprises diverses, paroles volontairement superficielles (ça commence par un éloge de la paresse, suivi d'une méthode de drague)... on n'a pas tellement envie de croire qu'il s'agit-là de la musique de l'avenir, pas plus qu'en écoutant l'américain déconstructiviste Beck. "Kill sub pop stars", avec son riff métal qui laisse place à "Smells like teen spirits", à Sonic Youth, puis à un flûtiau provençal, situe assez bien la chose. Mais quand les Boredoms, par exemple, s'amusent à ce genre de couplage, ils y ajoutent une folie salutaire qui fait cruellement défaut ici. Le reste de l'album est du même acabit, objet mou bizarroïde et indescriptible, pièce montée déconcertante mais rarement convaincante. Le pire, c'est encore dans les moments qui semblent davantage emprunts de "sincérité" (la chanson d'amour "chanson bateau", qui n'est pas assez excusée par l'ironie du titre ni par la référence à "Ship song" de Nick Cave) ; et le meilleur, c'est quand la formation joue sur un extrait de film (la scène de l'accident dans "Sailor et Lula" de Lynch) pour en accentuer la charge émotionnelle : ainsi, "Sticky hair-pin" annonce le procédé qui sera porté à son paroxysme dans "La maman et la putain". Aujourd'hui, l'influence de Diabologum se ressent fortement sur des formations françaises prometteuses comme M83. Un disque sympathique en certains moments, mais il n'y a pas encore grand-chose qui puisse laisser présager du volcanisme futur de Diabologum.

note       Publiée le dimanche 19 juin 2005

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Dioneo › dimanche 18 février 2018 - 22:56  message privé !
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(1/2) Marrant : tout en retrouvant à l'écoute tout ce que décrit la chronique... Je ne tombe pas tant que ça d'accord avec le chroniqueur. Et je pense que de n'avoir pas été fan inconditionnel et de tout temps de #3 doit aider à ça : à ne pas trouver ce disque si horrible ! À lui trouver même par passages un charme certain. Je m'explique : c'est vrai qu'on trouve là-dedans des, disons "procédés" que le groupe reprendra sur l'acclamé album - comme le dit Trimalcion, par exemple, la manière dont ils intègrent le sample de Lynch sur Sticky Hair Pin, qui rappelle effectivement le futur La Maman et la Putain et ce qu'ils y feront d'Eustache. En plus "grossier". Oui. En plus maladroit, en plus branleur, même, c'est en effet bien probable. Mais perso - ne mourant pas d'une admiration solennelle donc en écoutant #3 (même si maintenant je l'aime, ce disque) - ce côté à l'arrache, pas fini, de la chose, ne me dérange pas autant. C'est encore un stade vraiment expé de leur musique, sans doute, avec ce que ça peut comporter de discutable, de foutre ça en circulation (et à l'époque de le vendre, l'acheter étant alors à peu près le seul moyen légal de l'écouter, sans avoir forcément tâté avant). Mais... N'empêche que je lui trouve quelques moments où c'est déjà plus finaud que de la simple grosse arnaque ou de l'inutile bidouillage juvénile qui n'aurait jamais dû sortir de la chambre - principalement Chanson Bateau, pour la plus évidente (et précisément parce que sa conclusion l'emmène ailleurs, dans un truc plus flippant/sinistre que ce que dit son titre et son apparence de blague... cf les deux parties chantées par/avec la voix féminine, "quel plaisir d'habiter la terre..." et la conclusion du morceau, donc).

Note donnée au disque :       
Dioneo › dimanche 18 février 2018 - 22:44  message privé !
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(2/2) Après je le trouve pas fantastique, hein, mais pas intégralement à jeter, quoi. En gros ça me file plutôt le sourire que des boutons, quoi, pour ma part, cette incertitude sur le mode "alors je sais pas trop si on est chez le Dominique A du début ou chez Jean-Luc Le Ténia, là !". (D'ailleurs assez évident je trouve, le rapport entre ledit Dominique et ce disque - au-delà de la reprise du Courage des Oiseaux, je veux dire... Et sans vouloir faire de provoc' facile : peut-être pas si con que ça la question du rapport entre le même A ou d'autres chanteurs réputés "sérieux tristes" - je pense à Jérôme Minière, là, on pourrait en citer d'autres - et des supposés petits rigolos comme Le Ténia... Ce serait intéressant de balancer des titres des uns et des autres en aveugle, un coup, dans une assemblé de déclarés "amateurs" - pour voir si tout le monde ferait tant que ça la différence).

Note donnée au disque :