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Ali Farka Touré › Talking timbuktu

10 titres - 60:59 min

  • 1/ Bonde (5:28)
  • 2/ Soukora (6:05)
  • 3/ Gomni (7:00)
  • 4/ Sega (3:10)
  • 5/ Amandrai (9:22)
  • 6/ Lasidan (6:06)
  • 7/ Kelto (5:42)
  • 8/ Banga (2:32)
  • 9/ Ai Du (7:09)
  • 10/ Diaraby (7:25)

enregistrement

Ocean Way Recording Studio, Los Angeles, septembre 1993

line up

Ry Cooder (guitare, guitare steel, mandoline, basse, marimba, tamboura, chant), Jim Keltner (batterie), Ali Farka Touré (guitare, banjo, percussions, chant), Clarence "Gatemouth" Brown (guitare, violon), John Patitucci (basse), Hamma Sankare (percussions, choeurs), Oumar Touré (bongos, conga, choeurs)

chronique

A moins que vous dépensiez une énergie colossale à vous tenir toujours à l'écart de tout ce qui peut toucher de près ou de loin au cadre des musiques du monde, vous ne devriez pas avoir échappé à la déferlante Ali Farka Touré, orchestré par Ry Cooder. Le guitariste américain s'est depuis illustré avec un autre énorme coup médiatique, encaissant cette fois le jackpot - et pour longtemps - par l'entremise du Buena Vista Social Club. Dans les deux cas, le principe est identique ; on ressort du placard de vieilles gloires dans leur pays d'origine et on emballe le tout dans une solide campagne de marketing qui va pilonner les cervelles maléables des pauvres petits gauchos en mal de sensations qui culpabiliseraient presque de ne pas voir ces artistes figurer dans leur répertoire de la culture mondiale. Si le procédé est déplorable de par les effets pervers qu'il engendre, force est de constater qu'à ce jour aucune initiative, exceptée celle-là, ne parvint à passionner les foules, même si cela reste de façon intéressée, pour toutes les parties du reste, et pas nécessairement pour les bonnes raisons non plus. Réduit à un sommaire descriptif qui ferait de lui le John Lee Hooker du Tiers Monde - la classe ! - Ali Farka Touré s'est en réalité toujours illustré par le recherche de métissage dans sa musique. Il est vrai, elle a indéniablement un côté bluesy que Ry Cooder vient ici renforcer pour assurer un minimum d'intérêt auprès de l'américain moyen mais à la charge pondérale excessive. Aussi m'empresserais-je de souligner par deux fois que ce mélange des genres n'est pas à mettre au crédit de Ry Cooder, mais bien du guitariste Malien. Pour vous en convaincre, et c'est là je présume l'effet souhaité par "Talking Timbuktu", penchez vous sur d'autres disques du bonhomme, comme "Niafunké" par exemple, publié en 1999, et tout aussi superbe. Pour les accro de Ry Cooder, essayez d'imaginer que s'il avait donné une suite à "Paris Texas", elle se serait peut-être appelée "Texas Bamako"...

note       Publiée le mardi 7 juin 2005

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varg › jeudi 10 février 2011 - 00:36  message privé !

ouais c'est dans le docu de scorsese sur les origines du blues. certes le disque reste assez intègre, il lorgne parfois un peu trop du mauvais côté de l'atlantique, sans que ce ne soit jamais trop gênant nénamoins, mais ce côté bluesy made in USA fait vraiment vulgaire à côté des autres disques de farka toure (notamment ceux avec toumani diabate). un bon moyen de découvrir le "blues" malien, mais surtout ne pas s'arrêter là.

The Gloth › lundi 31 janvier 2011 - 13:35  message privé !

Pour gloser un peu, je rappelle que ce n'est pas la musique malienne qui est "bluesy", c'est le blues qui est "Malien" (ou plutôt mandingue), la majorité des Africains emmenés aux Amériques comme esclaves venaient d'Afrique de l'Ouest et c'est leur musique, mélangée à celle des blancs, qui a donné le blues. Ali Farka Toure a d'ailleurs expliqué en interview qu'il a découvert le blues en entendant John Lee Hooker et qu'il s'était étonné d'entendre un américain jouer ce qu'il identifiait comme de la musique traditionnelle malienne...

Sinon, rien à voir mais le morceau "Aï Du" est sur la B.O. de "L'Auberge espagnole", dans une chouette scène où Romain Durys et Cécile De France écoutent le disque en fumant du shit...

Note donnée au disque :       
The Gloth › vendredi 4 avril 2008 - 12:35  message privé !
Magnifique album. La participation de Ry Cooder & co ne dénature pas la musique de AFT, au contraire elle la transcende je dirais. Un peu à l'inverse des déplorables chipotages de Manu Chao produisant Amadou et Maryam en détournant un bon quart du disque pour y mettre ses merdes à lui...
Note donnée au disque :