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Archie Shepp › Four for Trane

5 titres - 36:34 min

  • 1/ Syeeda's Song Flute (8:30)
  • 2/ Mr.Syms (7:41)
  • 3/ Cousin Mary (7:14)
  • 4/ Naima (7:09)
  • 5/ Rufus [swung, his face at last to the wind, then his neck snapped] (6:25)

enregistrement

Van Gelder Studio, Englewood Cliffs, New Jersey, USA, 10 août 1964

line up

Charles Moffett (batterie), Roswell Rudd (trombone), Archie Shepp (saxophone ténor), Alan Shorter (trompette), John Tchicai (saxophone alto), Reggie Workman (contrebasse)

remarques

Il s'agit du pressage cartonné japonais à tirage limité

chronique

Styles
jazz
Styles personnels
post bop > free jazz

Le blues. Archie Shepp en vient, et ne cessera jamais d'y faire référence. Cette session inaugurale en tant que leader pour Impulse! possède la swinguante élégance du plus célèbre disque de Oliver Nelson ("The Blues and The Abstract Truth") auquel s'ajoute l'audace d'un John Coltrane déjà géant, et à qui il rend un vibrant hommage tout au long du disque. Son titre ne fait pas de mystère ; quatre compositions du maître et un original, interprété par une formation solide dont le choix esthétique ne peut trahir bien longtemps les louables intentions. En l'absence d'un instrument harmonique (un piano par exemple), Shepp fait d'emblée le choix de jouer sans filet. Secondé par des sidemen aussi alertes que réputés, "Four for Trane" devient une partie de cache-cache passionnante où des compositions lumineuses comme "Syeeda's Song Flute", "Mr.Syms" ou "Cousin Mary" se transforment en terrain d'essai free. Rattaché à ce mouvement, ne serait-ce qu'en raison des seules revendications politiques du saxophoniste, Shepp n'a pourtant jamais eu le profil de l'extrêmiste, comme l'étaient Albert Ayler ou Franck Wright. Ce n'est pas chez cet artiste que vous trouverez des hurlements ou des charges belliqueuses, bien qu'il en soit capable ("Rufus"). L'homme à la pipe est un cérébral, c'est un fait, et son besoin de cadrer son mode d'expression, bien qu'une telle décision puisse sembler en contradiction avec les préceptes véhiculés par le courant qui l'abrite, a pour seul but de renforcer son discours qu'il veut toujours intelligible et pertinent. L'interprétation de "Naima", soutenu par un Roswell Rudd déterminant, démontre à quel point Shepp se plaît d'abord à soupeser chaques éléments d'une pièce avant de se lancer dans la mise en scène d'un nouveau drame. Parce que rattaché à une écriture désormais indissociable de l'avant garde jazz, parce que interprété avec tact et intelligence, les qualités et l'aisance naturelle de "Four for Trane" en font sans doute une des sessions Impulse! les plus fédératrices d'Archie Shepp.

note       Publiée le lundi 6 juin 2005

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Coltranophile › lundi 6 août 2007 - 18:24  message privé !
Il ne faut pas leurrer, Shepp, tout grand musicien qu'il fut (car il n'est plus que l'ombre de lui-même et ce depuis plus de vingt ans maintenant), est avant tou une "éponge", une brillante éponge arrivé à une époque de mutation et d'émulation folle. Mais surement pas un innovateur en lui-même. Ses disques avec le NYC Five le voyait clairement aller sur le terrain d'Ornette, ses disques avec Cecil Taylor le voyait forger un langage soucieux de lyrisme autant que de puissance adaptable au cadre free (avec un certain succès) et son premier sur Impulse a le mérite d'être clair: c'est celui de la dette pleinement assumé à l'égard du maître. C'est donc son disque le plus apaisé, le moins habité par la rage politique. Peut-être pas son meilleur mais sans doute son plus modeste en un sens, un de ceux qui trahissent le moins un Shepp qui a toujours voulu se voir un peu plus grand que ce qu'il n'était.
Note donnée au disque :