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Fela Kuti › Sorrow, tears and blood

  • 1977 • Kalakuta KK001-A • 1 LP 33 tours

2 titres - 23:54 min

  • 1/ Sorrow, Tears and Blood (10:13)
  • 2/ Colonial Mentality (13:41)

enregistrement

Decca Studio, Lagos, Nigéria, 1977

line up

Tony Allen (batterie), Lekan Animashaun (saxophone baryton), Henry Koffi (congas), Tunde Williams (trompette), Ukem Stephen (trompette), Okalue Ojeah (guitare), Ogene Kologbo (guitare), Leke Benson (guitare), Nweke Atifoh (basse), Nicholas Addo (congas), James Abayomi (percussions), Shina Abiodun (congas), Isaac Olaleye (marraccas), Bernadette Oghomienor (choeurs), Tejumade Adebiyi (choeurs), Regina Osuhor (choeurs), Felicia Idonije (choeurs), Suru Eriomla (choeurs), Shade Shehindemi (choeurs), Fela Kuti (saxophone, claviers, chant)

remarques

Cet album a fait l'objet d'une parution cd chez Barclay en 2001 où il se voit associé à l'album "Opposite People"

chronique

Styles
jazz
world music
Styles personnels
afro-beat

"Sorrow, Tears and Blood", un titre on ne peut plus explicite. Celui d'un album qui ne nécessite aucune lumière extérieure pour comprendre instantanément que la donne est désormais et irrémédiablement différente. Le tempo est nettement moins enjoué que celui des vingt minutes de "J.J.D.", et quand Fela s'empare du micro, assez vite cette fois, on le sent concentré, presque crispé. Il pèse chacun de ses mots : "tout le monde s'enfuit [...] certaines personnes meurent près de moi [...] la confusion règne en maître [...] sept minutes plus tard, la police est partie, l'armée a disparu. Il ne reste que tristesse, larmes, et sang, leur marque de fabrique habituelle". Pour ceux qui doutaient encore du pouvoir de la musique et de sa capacité à changer les choses, toute la discographie de Fela Kuti se dresse face à eux pour leur démontrer le contraire. Bien sûr, pour nous qui vivons dans une liberté aseptisée, ce message de résistance n'a plus aucune portée car partie intégrante du système qui nous opprime en silence et avec notre consentement. Mais ne plus croire en nos rêves, c'est le début de la désillusion. Tenter de les détruire provoque parfois des réactions en chaîne incontrôlables. "Colonial Mentality" est peut-être moins provoquant dans le propos, mais il sonne plus grave encore. Ce n'est pas une marche funèbre, mais nous n'en sommes plus très loin. Pour l'instant, Fela Kuti encaisse les coups et c'est encore groggy qu'il reprend la parole, toujours si peu enclin à courber l'échine. La pochette officielle de ce célèbre album qui sera publié ultérieurement est un montage des plus sommaires présentant sur fond noir, en vis-à-vis du texte en blanc, une photo de Fela, la jambe gauche dans le plâtre, jouant du saxophone - et non pas du piano - debout. Celle que nous vous présentons ici est celle du pressage d'origine que le fidèle illustrateur Ghariokwu Lemi avait prévu, et qui fût mise à l'écart suite aux pressions du gouvernement Nigérian auprès de la maison de disque Decca.

note       Publiée le lundi 23 mai 2005

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