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Peter Blegvad & Partridge, Andy › Orpheus the lowdown

  • 2003 • Apehouse APECD 005 • 1 CD digipack

12 titres - 32:43 min

  • 1/ Savannah (3:21)
  • 2/ Brown Out on Olympus (1:33)
  • 3/ The Blimp Poet (4:32)
  • 4/ Night of the Comet (2:02)
  • 5/ Necessary Shadows (0:51)
  • 6/ Galveston (2:24)
  • 7/ Beetle (2:29)
  • 8/ Heartcall (1:22)
  • 9/ Noun Verbs (7:07)
  • 10/ Eurydice (2:18)
  • 11/ Divine Blood (1:11)
  • 12/ Steel Bed (3:33)

enregistrement

The Shed, Swindon, Angleterre, 1990 - 2003

line up

Peter Blegvad (instruments, voix), Andy Partridge (instruments, voix), Ralph Salmins (batterie), Erica Wexler (voix)

remarques

chronique

Styles
ambient
pop
ovni inclassable
Styles personnels
narratif

Pour entrer pleinement dans ce disque, il faut attendre les soirées d'hiver. Il faut tirer les rideaux, ne plus laisser aucune lumière filtrer au travers des fenêtres et créer son propre éclairage tamisé à l'aide de bougies mortuaires. Une fois installé, dans votre fauteuil ou - qui sait - dans votre lit, il est temps d'appuyer sur la touche play de votre télécommande pour débuter la séance. Pour autant, ne pas avoir au préalable une connaissance étendue de la langue de Shakespeare pourrait s'avérer être un grand handicap. Car, avant même d'être une musique, "Orpheus, The Lowdown" est un livre. Conçu sur une période couvrant de manière assez stupéfiante treize longues années, Peter Blegvad (guitariste des Slapp Happy, transitant par Henry Cow, puis collaborateur de Fred Frith et Lindsay Cooper) et Andy Partridge (chanteur et compositeur en chef des XTC) nous délivrent là un objet pour le moins hors du commun. Silencieux comme la mort, les textes oniriques de Blegvad multiplient les grilles de lecture dans des jeux de mots et des non-dits lourds de sens. Les arrangements minimalistes qui s'extraient du néant rafraîchissent notre mémoire pour l'imprégner d'images fortes et durables. Presque rien n'est reconnaissable. Tout a été assujeti à une métamorphose radicale, transformant chaque son, chaque onde, en un courant électostatique, comme les derniers soubresauts d'un corps inerte sous l'impulsion d'un défibrillateur. L'atmosphère véhiculée au gré de ces plages s'inscrit dans le sillage des aventures discographiques obscures des presque comparses de Cassiber, diluant leur extrêmisme noisy dans le confort d'un édredon aux harmonies précieuses, à l'image de celles qui ornaient, dans l'indifférence quasi générale, les arrangements sur mesure de Joe Jackson pour son "Heaven and Hell" en 1997. Là, les ombres que l'air provoque en faisant trémousser les flammes peuvent donner libre cours à votre imagination fertile qui se laissera absorber par la noirceur candide d'exposés inquiétants tels que "Night of the Comet" ou "Noun Verbs". "Orpheus, The Lowdown" ne s'adresse pas à tout le monde. Même l'esprit curieux et ouvert qui aimerait y délaisser ses peurs et s'y épancher de temps à autres trouvera dans le caractère univoque de cette collaboration une persistante frustration ; celle d'une oeuvre belle et changeante comme la lune, mais que l'on ne peut pas approcher.

note       Publiée le mardi 17 mai 2005

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