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Richard Pinhas › East/West

14 titres - 75:56 min

  • 1/ Houston 69 : The crash landing (part I) (5:42)
  • 2/ London : Sense of doubt (2:46)
  • 3/ Kyoto : Kyoto n° 3 (2:55)
  • 4/ XXXXX : La ville sans nom (4:05)
  • 5/ Home : Ruitor (4:01)
  • 6/ New-York : West side (3:39)
  • 7/ Paris : Beautiful May (7:17)
  • 8/ Keflavik : The whale dance (3:05)
  • 9/ Houston 69 : Houston 69 (part II) (4:33)
  • 10/ Livre 5 : L'éthique (8:47)
  • 11/ Toward Belfast (6:41)
  • 12/ Polywaves intermed (2:09)
  • 13/ Last coda from Westernwail (15:16)
  • 14/ 1992 : Iceland : The fall (4:34)

enregistrement

Studios Davout, Ramsès, Synthe Production et Heldon, entre février et avril 1980 sauf "Houston 69" (de juin 1979 à mai 1980) et "The whale dance" (1979).

line up

François Auger (batterie et percussions sur "Houston 69"), Didier Batard (basse et basse fuzz sur "Houston 69"), Patrick Gauthier (polymoog sur "Houston 69" et sur "Beautiful May", ordinateur PPG sur "Beautiful May"), Georges Grunblatt (polymoog sur "La ville sans nom" et "Ruitor"), Richard Pinhas (électronique, E-mu, guitares, programmation, claviers polyphoniques, moog 55, ordinateur PPG, polymoog), Norman Spinrad (voix sur "Houston 69"), Steve Shehan (percussion sur "Tokyo n° 3"), Dominique E. (voix sur "West side").

remarques

chronique

Après s'être affranchi de ses compères de Heldon sur un dernier et très bon "Stand by", Richard Pinhas continue de livrer des albums solos, comme il le faisait déjà auparavant en parallèle avec le projet Heldon. "East/West" se situe entre le médiocre "Iceland" et l'excellente "Ethique". C'est un disque délicat à chroniquer, surtout si on commence par en écouter le premier titre. Or, convenons-en, c'est ce que nous faisons tous lorsque nous découvrons un album. Et là, le premier titre est tellement bon, c'est une telle tuerie, qu'il rend par contraste tout le reste singulièrement fade. Je commencerai tout de même par ce "reste" : ce sont les expérimentations de Pinhas à base de boucles de guitares déformées et répétées à l'infini, mixées avec des sons, percussions électroniques, synthétiseurs et moogs à gogo. Le résultat est assez inégal, entre une reprise décevante de David Bowie ("Sense of doubt"), la new-wave douteuse de "West side", l'ambient un peu insipide de "The whale dance" ; et les atmosphères mélancoliques de "La ville sans nom", "Beautiful May" ou de "Ruitor", qui rappellent dans leur meilleurs moments le Brian Eno d'"Another Green World" ou de "Before and after science" (je pense notamment au titre "Spider and I" de ce dernier album). Le problème dans tout ça, c'est que rien ne se détache réellement, et qu'on reste sur sa faim. Non, ce qui se détache, c'est bien entendu "Houston 69", dont les deux parties encadrent l'album : mmmh, c'est certainement un des morceaux de prog-électro les plus enragés et les plus jouissifs que j'aie jamais entendus : à soi seul, ça mérite bien plus le sous-titre de "guérilla électronique " que le premier disque d'Heldon : rythmique électro speedée et implacable, assauts de basse fuzz puis de la guitare de Pinhas, et voix distordue à l'extrême de Norman Spinrad... rencontre improbable entre King Crimson et Kraftwerk, tout ça prend réellement aux tripes ; sur la seconde partie, les percussions exotiques de François Auger donnent au morceau une coloration légèrement différente, mais non moins captivante. Cette réédition comprend de nombreux bonus (du dixième au quatorzième titre), pour l’essentiel des enregistrements publics de morceaux de l'album suivant, "L'éthique", mais qui sont ici joués dans une forme non encore achevée qui les rend méconnaissables : c'est intéressant pour le côté "work in progress" et aussi pour les improvisations véhémentes de Richard Pinhas à la guitare. "L'éthique", par exemple, dont le thème n'est pas encore trouvé, voit émerger une longue et douloureuse méditation du Français dans un solo torturé. "Belfast" reste encore un peu mou, de même que "The western wail", trop long et trop brouillon dans cette version. Bref, un disque dispensable, s'il ne contenait le mémorable "Houston 69".

note       Publiée le lundi 16 mai 2005

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notes

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mangetout › dimanche 8 mai 2016 - 19:39  message privé !

Très bel album du père Pinhas, avec un "Houston 69" tubesque, à la mélancolie bien présente et avec un Spinrad au chant destroy (et ouais tout peut arriver). Après comme dit dans la chronique, il y a quelques faiblesses et longueurs sur les autres morceaux, mais comme souvent chez Pinhas. Et quelle pochette, signée Druillet ! D'ailleurs je crois me souvenir que la planche originale trônait au mur, dans son appartement parisien lorsque je l'avais interviewé au milieu des années 90...