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Nine Inch Nails › [With_Teeth]

cd • 14 titres

  • 1All the love in the world
  • 2You know what you are ?
  • 3The collector
  • 4The hand that feeds
  • 5Love is not enough
  • 6Every day is exactly the same
  • 7With teeth
  • 8Only
  • 9Getting smaller
  • 10Sunspots
  • 11The line begins to blur
  • 12Beside you in time
  • 13Right where it belongs
  • 14Home

enregistrement

Produit par Trent Reznor & Alan Moulder, Nouvelle-Orléans, Usa, 2000-2004

line up

Trent Reznor (instruments, programmation, sound design), Atticus Ross (programmation, sound design)

Musiciens additionnels : Dave Grohl (batterie 1-3, 6, 9, 10, 11), Photek (as Rupert Parkes (programmation 1)), Jerome Dillon (programmation, batterie 7, 14), Alien Tom (turntables 1)

remarques

Existe en version DualDisc (Nothing B0004553-82) avec l'album en version 5.1 surround sur la face DVD+ la video de "The hand that feeds".

chronique

Styles
indus
rock
Styles personnels
rock indus pépère

Le tant attendu nouvel album de l'un des projets les plus innovants en matière de rock industriel risque une fois de plus de diviser. Si l'ambitieux (prétentieux osèrent certains) 'The fragile' semblait avoir permis à Trent Reznor d'effectuer une catharsis et d'en finir avec une partie de ses démons, force est de reconnaître qu'avec 'With teeth' il s'est plutôt contenté du minimum. Non que l'on donnera dans le passéisme en regrettant que l'époque 'Broken' soit révolue, mais un peu plus de folie aurait été la bienvenue. Débutant par le très calme et presque 'jazzy' 'All the love in the world', l'album semble annoncer que son véritable point d'orgue sera la voix de Reznor. Celui-ci chante en effet relativement bien, poursuivant la veine mélodieuse qu'il avait surtout affirmé sur l'opus précédent. On ne peut que reconnaître l'effort et la sincérité notamment sur le sympathique 'Every day is exactly the same' ou le mélancolique 'Right where it belongs', dans la lignée d'un 'Hurt' mais en moins fort. Mais Reznor n'en finit pas pour autant avec son style tranchant dans le vif et le méchant 'You know what you are ?', le single très calibré dance-floor 'The hand that feeds' (tellement calibré qu'il en est obsédant) ou 'Getting smaller' rappellent l'époque 'The downward spiral'. L'ambiance générale (en particulier la production), si elle sonne brute, rapproche le tout d'une sorte de 'white-groove' (basse slappée, rythmiques à contre-temps) certes bien foutu ('The collector') mais un peu déroutant et surtout pas toujours de bon goût comme sur 'Only' (quel 'refrain' horrible) ou en moins pire 'Sunspots'. Des titres comme 'With teeth', 'The line begins to blur' ou 'Love is not enough' nous ramènent à un mix entre 'The downward spiral' et 'The fragile', très bruts et rampants. 'With teeth' est un album agréable malgré ses 'défauts', malheureusement sans surprise. Vous me direz qu'un album moyen par Reznor sera toujours meilleur que dix milles bouses, et que de toutes manières la qualité générale de 'With teeth' compense malgré tout, mais venant de Trent Reznor il est assez décevant de recevoir un album plutôt convenu et manquant cruellement d'émotions. Et ça, ça ne pardonne pas !

note       Publiée le mercredi 4 mai 2005

chronique

Styles
pop
electro
dark wave
blues
stoner
Styles personnels
synth pop véner

Devenir quadra. Tout un programme, à ce qu'il semblerait. Responsabilités et tout le tralala, c'est plus le temps de la déconne et du narcissisme "je suis unique au monde, je vais réussir ma vie" : elle est à sa moitié, et ta gueule aussi. Et à un moment tu as mis cette bête en cage, en toi... De quel côté de la cage tu te situes ? Regarderas-tu la bête en face ? Ta droiture t'honore. Résistera-t-elle ? Tu veux sortir, prendre l'air, ne plus être étouffé par le domicile conjugal... Tout cela est bien naturel, nous sommes tous doubles, tous quelque peu des Ligonnès en puissance, c'est ça qu'on ose jamais s'avouer, hors bien des gens normaux peuvent être traversés par cette merde intérieure, leurs voisins sont toujours surpris quand ça arrive n'est-ce pas ? Si cliché, n'est-ce pas ? Cliché est synthèse pornographique du réel, et Reznor le musicien ayant réussi sa carrière connaît le réel aussi bien sinon plus que toi le prolo ; il sait être dérangeant, il veut pénétrer, baiser ton réel comme un animal... Cette merde intime a été en lui : il a pensé à tuer, lui ou les autres, mais il a fait The Downward Spiral. Et dix ans après le retour en boîte se fait violent, la catharsis adulescente à base de suicide et d'homicide est passée : l'heure est à l'affrontement avec les vrais démons, pas ceux qu'on se fabrique pour épater la galerie. Trent Reznor l'a compris, avec son disque le plus vulgos, et il n'a jamais cherché à refaire The Downward Spiral : ça, ça aurait été vulgaire. Il a préféré sortir With Teeth, comme Pacino qui a été Brigante après Montana, comme Depeche Mode qui ont préféré sortir Playing The Angel, même si leur Downward Spiral n'existe pas et serait plutôt un condensé de trois ou quatre albums... L'album le plus désinvolte, le plus accrocheur et le plus putasse de Trent Reznor, voilà ce qu'est With Teeth, plus encore que Pretty Hate Machine, qu'il taquine sans problème. Il a de plus en plus les traits et les yeux figés, le Trent, comme Marshall Mathers, c'est sûrement pas un hasard, mais il vieillit musicalement mieux que le rappeur. Parce que j'ai honte d'avoir conchié ce skeud à sa sortie, alors qu'il avait tout pour me plaire : la vitalité, l'épaisseur new wave, le musc, pas mal de choses. Sacrément bien moulé et gaulé dans son fute en cuir, Trent oublie ses démons en s'accaparant le bleu des néons comme un putain de trader dominateur dont le narcissisme promet quelques réponses existentielles coupantes comme des rasoirs... Enfin, "oublie"... On parlera de "Right Where It Belongs" à la fin, je préfère parler du suc majoritaire de ce skeud, et ce suc est tubesque en diable : il y a quelques classiques sur cet album récréatif. Reznor a survécu comme Gahan. On verra ça comme considération people si on est un crétin, si on a jamais traversé les mêmes abîmes, ils reviendront sans prévenir, et quand Trent en parle on est mis face au mur. Les deux chanteurs sont du reste des gothiques non officiels et non-revendiqués, mais des pôles magnétiques pour tout gothique qui se respecte, bien plus épais que Andrew Eldritch par exemple. Quant à se pendre à 23 ans, finalement, c'est moins grower : les goths survivants sont des combattants, ils font corps avec leur crasse intime pour en retirer un elixir. Et With Teeth est un concentré pop de NIИ. With Teeth est synth-pop à burnes et griffes (et dents), donc pop, plus pop que Madonna même, volontiers, sans perdre de son vice. Certes, il y a sur ce disque quelques hits bien faciles du beat, histoire de ramener quelques teens dans le giron, façon Broken de club. Mais With Teeth fonctionne sur les autres morceaux, sans expérimentation ou esthétisme, choses réservées aux tristes sires qui voient NIN à travers leurs verres progressifs. Trent exude d'un blues qui ne ressemble qu'à lui, celle du jeune gars qui écoutait Prince et Chuck D entre deux The Cure, devenu un vieux sans égal dans son secteur. Il est un hybride unique, si respecté pour sa violence quand celle-ci explose en gerbe noire, il doit être respecté pour sa violence quand elle se fait chuchotis, minauderie et booty-shakin'. Et concernant la violence faite berceuse, il a écrit "Right Where It Belongs", donc... Qui nous rend "Hurt" assez sympathique avec le recul. Chanson de pur rescapé : Trent se parle à lui-même, comme toujours ("there is no fucking you, there is only me", t'as pas entendu, pendant le tube du milieu ?), mais il nous parle à l'intérieur, avec la plus odieuse des intimités. Inutile de vous dire que des larmes peuvent poindre sans prévenir - si cliché - pourtant combien de titres sont capables d'en faire autant avec si peu ? Vous avez lu ces paroles ? Même Robert Smith a pas pu mettre le doigt pile à cet endroit. "Right Where It Belongs", c'est devenu mon "Under The Bridge" perso, hop, et j'emmerde Kiedis. Les bruits de foule en fond en disent long aussi, y en a parmi les amateurs qui causent production à propos de ce disque visiblement, alors qu'est-ce qu'ils disent du mix à ce moment, de ce son parfaitement adéquatement mat tout avant, puis limpide après, comme une douleur enfouie qui se réveille et nous prend au cœur, de ce moment où sa voix s'approche et s'éclaircit soudain, pour causer encore plus près ?... Trent Reznor est d'une sincérité qui force le respect, même si c'est un indélicat, un cruel. Simplement, un de ses trois albums indispensables.

note       Publiée le mercredi 13 mai 2015

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Note moyenne        71 votes

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born to gulo › vendredi 29 novembre 2019 - 14:35  message privé !

Oui.

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(N°6) › vendredi 29 novembre 2019 - 14:03  message privé !
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Quel assemblage de bombinettes cet album. Suffit le grand oeuvre, Reznor enage un batteur qui tabasse (on l'entend bien le Grohl) et aligne tuerie après tuerie. Pas au sens charcutage, au sens super-pop, finalement. Et puis la production cool du premier morceau, c'est Photek dis-donc. Je me souviens de la critique sévère à l'époque (un méchant mais rigolo "Avec dentier" m'est resté), mais en fait cet album est fabuleux. Depeche Nails ? Nine Inch Mode ? Très Reznor en fait.

Note donnée au disque :       
Raven › lundi 20 juin 2016 - 14:10  message privé !
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Oui, cette version dont tu parles est la version brute je crois, mais je préfère la version travaillée de l'album, le côté lo-fi, embrouillé, puis limpide, cliché mais (donc?) efficace comme une vieille photo qu'on regarde la gorge serrée.

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dariev stands › lundi 20 juin 2016 - 00:35  message privé !
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Y'a deux versions de "Right Where it Belongs", tiens, je savais pas ! Une qui serait sur la version UK du cd, baptisée "v2" et ayant des airs de démos, avec juste le petit piano qui est en fond de la version "normale",sans le grésillement continu. Tu les connaissais, je suppose, Raven ?

Demonaz Vikernes › mardi 19 mai 2015 - 22:26  message privé !

Encore une boule de moin. A l'inverse de Raven, j'ai adoré l'album à ça sortie, mais là je peux plus. Les titres à chier (the Collector, Getting Smaller, etc) le sont toujours, d'autres qui me branchaient (All the Love, Only (mais bon sang que le remix par EL-P est indispensable...), Every day) ne me branchent plus. Je garde Sunspots/Home/Beside, toujours agréables. Et l'incroyable Right Where It Belongs (qui surclasserait presque Hurt avec le temps) qui me fait garder la moyenne. Le dernier album écoutable du groupe.

Note donnée au disque :