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John Adams (b.1947) › The wound-dresser

2 titres - 47:08 min

  • 1/ The wound-dresser (19:06)
  • 2/ Fearful symmetries (28:02)

enregistrement

Manhattan center studios, New-York, Etats-Unis, août 1989.

line up

Orchestra of St. Luke's, John Adams (direction), Sanford Sylvan (baryton), Naoko Tanaka (violon), Chris Gekker (trompette).

remarques

Fearful Symmetries, la seconde pièce de ce disque, est chroniquée à part.

chronique

Styles
musique classique
contemporain
Styles personnels
poésie chantée

"O captain, my captain..." Ca vous rappelle quelque chose ? Si c'est uniquement au film "Le cercle des poètes disparus" que vous pensez, je vous le dis tout de suite : vous avez perdu. Il s'agit de Walt Whitman, le poète qui est aux Américains ce que Victor Hugo fut aux Français : le conteur de toutes leurs épopées modernes. "Leaves of grass", ce recueil grandiose et fondateur, évoque la terrible Guerre Civile aux Etats-Unis qui opposa le nord et le sud, et durant laquelle Whitman officia comme infirmier. John Adams a précisément choisi de mettre en musique de larges extraits du poème « The wound-dresser » (1865), qui relate cette expérience : soigner les blessés sur le champ de bataille, leur apporter un dernier réconfort avant la mort… Bon, comme le texte lui-même est magnifique, le compositeur n’avait pas intérêt à se planter. Or, c’est une de ses plus grandes réussites à mon sens. La musique colle de très près au texte. L’orchestration, assez classique, réserve des ambiances variées : suite d’accords des cordes dans la première strophe, puis apparition de la trompette dans la deuxième. Vient ensuite un ajout de couleurs par des sonorités synthétiques, des percussions. Le dramatisme de la situation décrite est souligné par une alternance d’agitation et de calme, qui reflète aussi l’état d’esprit du narrateur. Certains passages coupent le souffle (« Come, sweet death… »). La partition est très chromatique, mais ne comporte aucune audace particulière. On pourrait être dans un opéra de Wagner ou de Debussy, ce qui est à la fois un compliment et un reproche si l’on s’en tient à l’absence de caractère novateur. Comme référence plus contemporaine, et pour être gentil, je pense aussi aux sonnets de Jean Cassou mis en musique par Henri Dutilleux. Sanford Sylvan, ce baryton dont le timbre s’était déjà avéré des plus séduisants dans « Nixon in China » (il y interprétait le rôle de Chou En-Laï), se voit à nouveau donner une partition à sa mesure : il la chante en parvenant fort bien à faire passer l’émotion poignante qui se dégage du texte et de la musique. La conclusion de « The Wound-dresser » se fait comme dans un rêve, envolée onirique et bouleversante sur des vers qui ne le sont pas moins : « Many a soldier’s loving arms about this neck have cross’d and rested, / Many a soldier’s kiss dwells on these bearded lips. »

note       Publiée le lundi 25 avril 2005

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