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John Adams (b.1947) › Chamber symphony

6 titres - 52:47 min

  • CHAMBER SYMPHONY
  • 1/ Mongrel airs (7:45)
  • 2/ Aria with walking bass (8:08)
  • 3/ Roadrunner (5:45)
  • 4 à 6/ GRAND PIANOLA MUSIC

enregistrement

CTS Studios, Londres, Angleterre, février 1993.

line up

London Sinfonietta, John Adams (direction).

remarques

Grand Pianola Music, la seconde pièce de ce disque, est chroniquée à part.

chronique

Le post-modernisme, c'est cela : prendre Schönberg comme référence parce que c'est le compositeur qui a eu le plus d'influence sur l'avant-garde musicale durant plus d'un demi-siècle (inventeur du dodécaphonisme, renoncement définitif à la tonalité), et mixer sa musique à celle des cartoons de Tex Avery, qui semble finalement pas si éloignée. Certains d'entre vous connaissent peut-être les tentatives de ce genre, plus récentes, de John Zorn. Si elles vous réjouissent, essayez d'écouter John Adams, qui ajoute là-dedans son talent d'orchestrateur brillant (à défaut d'être génial) et une bonne dose d'humour et d'ironie. Il y a comme toujours des influences multiples de compositeurs importants du XXème siècle, au premier rang desquels Stravinsky. Mais bon, comme le titre de "Chamber symphony" fait explicitement référence à Schönberg, revenons-en à lui. S'il obsède tant John Adams, c'est sans doute parce qu'il symbolise la "modernité" musicale dans toute sa splendeur : celle qui théorise sur le "progrès" en art autant qu'elle crée. Même si l'on déteste le compositeur autrichien, on ne peut être que fasciné par sa figure tutélaire, écrasante, celle du "père" de l'avant-garde. Même quand Terry Riley intitule son oeuvre fondatrice "In C", c'est à cause de Schönberg, qui a déclaré que malgré le sérialisme qui allait dominer le monde, on pourrait tout de même continuer à composer de la bonne musique "en ut" (c'est-à-dire avec une tonalité). Une obsession pour tout le monde, donc. Pour en revenir à la pièce d'Adams, eh bien l'exercice de style est très réussi : fermez les yeux, et vous verrez défiler Bugs Bunny, le loup dingue, et bien d'autres : basse tressautante, montées et descentes en cascade des bois et de la flûte, apostrophes cinglantes des cuivres, et un déchaînement rythmique propre à John Adams... et aux musiques de Scott Bradley, compositeur attitré de Tex Avery. Comme dans la symphonie de chambre d'Arnold Schönberg, l'effectif instrumental assez réduit permet d'obtenir une grande clarté des lignes musicales qui se mêlent dans une confusion millimétrée... une virtuosité qui compense largement la sécheresse qu'on pourrait trouver à l'absence de toute accroche consonnante. Bref, une oeuvre de plus pour adorer ou détester John Adams, au choix.

note       Publiée le lundi 25 avril 2005

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Jean Rhume › vendredi 26 août 2011 - 20:12  message privé !

"à défaut d'être génial" c'est abusé.