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Van Der Graaf Generator › Present

  • 2005 • Virgin 7243 8 73679 2 0 • 2 CD

16 titres - 102:51 min

  • 1/ Every Bloody Emperor (7:03) - 2/ Boleas Panic (6:50) - 3/ Nutter Alert (6:11) - 4/ Abandon Ship! (5:07) - 5/ In Babelsberg (5:30) - 6/ On The Beach (6:50) - 7/ Vulcan Meld (7:19) - 8/ Double Bass (6:33) - 9/ Slo Moves (6:24) - 10/ Architectural Hair (8:55) - 11/ Spanner (5:02) - 12/ Crux (5:50) - 13/ Manuelle (7:51) - 14/ Eavy Mate (3:50) - 15/ Homage To Teo (4:45) - 16/ The Price Of Admission (8:51)

enregistrement

Pyworthy Rectory, North Devon, Angleterre, 15-21 février 2004

line up

Hugh Banton (orgue, basse), Guy Evans (batterie), Peter Hammill (chant, piano électrique, guitare électrique), David Jackson (saxophones, flûtes, effets sonores)

remarques

chronique

J'aimerais tant rédiger une chronique à la hauteur de toute l'estime et de tout le respect que j'éprouve à l'égard de cette entité hors du commun qui renaît aujourd'hui dans le coeur de milliers de fans non sans un pincement à la fois agréable et douloureux. J'aimerais tellement. Mais je n'en ai pas la force, je ne m'en sens pas capable. Ce n'est certes pas moi l'artiste. Des groupes progressifs influents, il n'en manque pas. Et si une poignée seulement peuvent se targuer d'être parvenu à rester pertinent sur le long terme, aucun n'est demeuré aussi intègre et authentique que Van Der Graaf Generator. Aucun. Jamais. Le logo qui orne la pochette de "Present" en dit long ; si c'est bien la formation classique qui est ici réactivée, celle-ci s'inscrit plus volontiers dans le prolongement direct de la sombre trilogie "Godbluff", "Still Life", "World Record". Brut, direct, puissant. Il aura fallu attendre trente ans, rien de moins, pour que Hammill envisage de reformer l'obscure créature. Trente ans donc, avec tout ce que cela comporte comme points de suspensions, de détours anodins, d'expériences concluantes, d'épisodes heureux ou malheureux, de rencontres fortuites et d'autres qui le sont moins. Des proches qui disparaissent, le temps qui passe inexorablement, et quelques signaux de détresse suffisamment puissants, voire dissuasifs, que pour se convaincre que quitte à se réunir, autant le faire quand on est encore de ce monde... Un monde qui a bien changé, et pas en mieux. Le présent que nous vivons est celui que l'on mérite. Tout porte à croire que notre époque aurait spécialement déroulé le tapis rouge pour que le Générateur, dans son rôle de véritable révélateur, vienne déverser sa bile sur nos existences en sursis. "Present" ne fera pas exception ; à l'instar de tous les autres titres de leur mythique discographie, leur nouvel album nécessite lui aussi un certain nombre d'écoutes afin de révéler toute la puissance lyrique qui se cache derrière chacune de ses notes. L'offrande est double puisque le premier disque nous propose six nouvelles compositions alors que le second disque s'attarde longuement sur l'aspect improvisation qui a toujours fait partie du mode de fonctionnement du groupe mais qui jusqu'ici - exception faite de "Time Vaults" - n'avait jamais fait l'objet d'autant d'attention. L'instrumentation sommaire de l'époque est reconduite, Van Der Graaf demeure donc intemporel. Mis à part quelques sonorités de clavier plus dans l'air du temps, un soin tout particulier apporté à la définition des médiums aigus sur les cymbales et divers effets électroniques (utilisés plus intensivement sur le disque d'improvisations), la seule différence notable est à mettre à l'actif du claviériste Hugh Banton qui se démultiplie pour jouer également quelques solides lignes de basse sur les nerveux "Nutter Alert" ou "Abandon Ship!". L'entrée en matière, "Every Bloody Emperor", sonne comme un nouvel hymne et se recouvre presqu'instantanément des couleurs du Générateur au gré de son long développement. "In Babelsberg" suit à peu de choses près le même cheminement. Le moment est historique ; Van Der Graaf Generator est vivant ! A la première écoute, leurs six nouvelles compositions paraissent un peu tièdes, "On The Beach" se déclinant ni plus ni moins comme un morceau tiré d'un Hammill en exercice solo, mais il renferme cette fragrance si particulière qui habitait des classiques comme "The Wave" ou "Wondering". L'instrumental "Boleas Panic" s'écarte du lot, par la force des choses, mais il n'en demeure pas pour autant moins poignant. Ce Van Der Graaf là a mûri - et comment en aurait-il pu être autrement ? La rage paraît moins viscérale ; elle est plutôt transformée, sublimée. C'est vrai, Hammill ne nous donne pas le sentiment d'habiter ses textes comme autrefois, mais sa plume est plus affûtée que jamais. Le premier disque de "Present" ravive nos souvenirs et illumine toutes nos attentes tel le flambeau de la continuité sans jamais faire honte à ses prédécesseurs, chose que l'on aurait pu craindre. Sa force de persuasion est réelle, même si son degré d'émotion joue moins aujourd'hui dans le registre des montées systématiques d'adrénaline. Reste le second disque. On aurait pu s'arrêter aux seules chansons de Van Der Graaf Generator, mais sa musique, dépouillée une fois n'est pas coutume des paroles de son poète noir, mérite qu'on s'y attarde. En un peu plus d'une heure et dix titres, Van Der Graaf Generator nous ouvre son jardin secret en variant les approches au gré de plages réellement habitées qui confirment, si nécessaire, l'osmose qui a toujours soudé nos quatre compères. Peter Hammill ne s'exprimant plus ici qu'avec sa guitare électrique, alternant riffs et dissonances noise, c'est de toute évidence Guy Evans qui mène le groupe à la baguette, ses compères n'ayant vraiment aucune peine à se raccrocher aux rythmes qu'il prodigue. Le saxophoniste Dave Jackson demeure toujours aussi excellent, mais Hugh Banton, finalement fort discret sur le premier disque, réintègre son véritable rôle sur le second de façon plus prépondérante par le biais de ces gammes nuancées à l'orgue dont il est le seul à avoir le secret. Peut-être plus encore que sur le premier disque, c'est d'abord ici que l'âme profonde et tourmentée du Générateur se manifeste, qu'il s'agisse de jams endiablées ("Architectural Hair", "The Price of Admission"), de plages introspectives ("Crux"), expérimentales ("Homage to Teo") ou le plus souvent tout simplement psychotiques (l'inquiétant "Slo Moves", l'instable "Spanner"). S'il fallait en faire le bilan, on dira de "Present" qu'au-delà du cadeau qu'il représente, il renferme surtout en son sein une promesse peut-être encore plus belle : celle d'un retour, aux allures de mise en bouche, parfaitement négocié mais qui, en toute logique, appelerait à une suite.

note       Publiée le samedi 23 avril 2005

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notes

Note moyenne        9 votes

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vincenzo › lundi 27 avril 2020 - 10:48 Envoyez un message privé àvincenzo

Maintenant sans Jackson ça le fait vraiment pas...

Note donnée au disque :       
Aladdin_Sane › dimanche 26 avril 2020 - 19:18 Envoyez un message privé àAladdin_Sane

Je me rappelle les avoir vu en concert sur la tournéée de cet album. "Every bloody emperor", quelle sacrée introduction quand même.

Note donnée au disque :       
vincenzo › vendredi 3 décembre 2010 - 20:45 Envoyez un message privé àvincenzo

et Trisector ?

Note donnée au disque :       
bubble › lundi 1 octobre 2007 - 23:45 Envoyez un message privé àbubble
;
beetlejuice › lundi 26 mars 2007 - 07:08 Envoyez un message privé àbeetlejuice
Très bon le live aussi. Un son très brut c'est vrai, mais correct. Il y a même quelques tout petits pains de temps en temps, mais au moins ça pulse et ça respire la spontanéité... %%% Un truc est sûr aussi, ils ne font pas d'overdubs !