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Spk › Zamia Lehmanni (songs of byzantine flowers)

cd | 9 titres | 48;19 min

  • 1 Invocation (to secular heresies) [05:15]
  • 2 Palms crossed in sorrow [04:30]
  • 3 Romanz in moll (romance in a minor key) [04:25]
  • 4 In the dying moments [06:30]
  • 5 In flagrante delicto [07:33]
  • 6 Alocasia metallica [06:03]
  • 7 Necropolis [05:29]
  • 8 The garden of earthly delights [03:19]
  • 9 The doctrine of eternal ice [04:25]

enregistrement

Enregistré et produit par Graeme Revell, Australie, 1985-1986 ; réédition et remaster par Brian Williams (Lustmord)

line up

Graeme Revell (tous les instruments), Sinan (chants sur 4, 6 & 8), Jan Thornton (chant sur 5), Choeurs de l'Ancienne Eglise Orthodoxe russe de la Sainte Annonciation-Assomption de Sidney (sur 1 & 4)

remarques

Réédition CD supervisée par Brian Lustmord

chronique

Styles
ambient

Après avoir vrillé les tympans des fans d'indus de la première heure aux début des années 80 avec des attentats sonores encore inégalés, puis flirté avec le business en sortant une abominable merde (Voodoo age machine), Graeme Revell, alors seul aux commandes de cet incroyable projet des antipodes, accouche de ce qui est tout simplement le chef-d'oeuvre de la musique dark et ambient. Le thème en est la culture byzantine (développement de l'Empire Romain fin du IVème siècle - 1453 en Orient), et son influence sur l'art symboliste et décadent, sur ses subtilités et ses excès. Le livret abonde d'ailleurs en citations d'auteurs tels que Huysmans, Mallarmé, Baudelaire, Lautréamont et autres Beckett, comme pour signifier l'étendue infinie de cette culture...mais ce disque est avant tout une véritable invitation au voyage, à la rêverie, mais par des chemins tortueux, comme si l'âme devait se décharger avant de trouver la sérénité (la trouve-t-elle vraiment ?)...Un chef-d'oeuvre intemporel, malgré ses références marquées, que beaucoup considèrent encore comme la référence en la matière (Raison d'Etre, Sephiroth, Letum...). Ne passez surtout pas à côté de ces rivages perdus, de ces senteurs âcres et inoubliables d'un exotisme infernal. Pour ma part, il y a longtemps que je n'en ai pas bougé...

note       Publiée le mardi 6 novembre 2001

chronique

Styles
ambient

Pionniers du courant industriel avec Throbbing Gristle à la fin des années 70, les Australiens de SPK partagent avec le groupe anglais une préférence pour la déconstruction, la manipulations des masses par un détournement des médias, la gangrène humaine comme explication radicale aux maux de notre temps. Moins ouvertement politisé mais tout aussi prompt à user d'images et de slogans chocs, SPK a su renouveler son approche musicale à chaque démo ou album, de la noise extrême de “Information Overload Unit” (1981) qui anticipa la notion de power electronics aux saveurs tribales et post-punk de “Auto-Da-Fé” (en fait une compilation de singles et d'inédits, 1983), en passant par l'une des plus importantes références du genre, “Leichenschrei” (1982). De cette diversité s'échappe une constante, celle de frapper les esprits par un discours anticonformiste et une assise socio philosophique empruntant autant à Nietzche qu'à Bataille ou Bachelard. Le collectif va pourtant se dissoudre en 1983 pour renaître aussitôt en tant qu'entité monocéphale sous la férule de Graeme Revell (aujourd'hui compositeur pour le cinéma avec à son actif quelques “scores” magnifiques). Époque oblige, l'électronique prend le dessus et s'acoquine avec les dance-floors et “Machine Age Voodoo” sort en 1984, flop new wave qui agit comme un électrochoc pour ceux qui attendaient une radicalisation en réponse à l'ère Reagan. Pourtant Revell va surprendre son monde en cultivant les racines de la dark ambient (même si Lustmord les développera plus significativement peu après) avec “Zamia Lehmanni”, un enchevêtrement classieux de samples, chants religieux, nappes et “field recordings” et d'une aura mystique embaumée de fragrances XIXème (citations littéraires et historiques, influence de la culture byzantine sur le Romantisme et le Décadentisme européen). Évitant fort à propos le foutoir que pourrait représenter un tel canevas, la musique oscille entre pure ambient sombre et élans mystiques du plus bel effet, illustrant les mystères de civilisations reconquises par la littérature, la nature et ses merveilles (le zamia lehmanni, fierté du Des Esseintes de Huysmans dans “A Rebours”, est un ananas aux proportions inhabituelles) et une présence numineuse dans chaque évocation/invocation qui ponctue le cheminement du pélerin/auditeur, tant et si bien que l'on pourrait presque y déceler une analogie avec les travaux de Dead Can Dance de la même époque et surtout une préfigurations de certaines des envolées de leur “Serpent's Egg”. Le chant de Sinan irradie par sa beauté et sa tristesse sur le fabuleux “In Flagrante Delicto”, sorte d'Ave Maria revisité et dont la force ne se dément toujours pas trente ans plus tard. Intemporel bien que bardé de références “Zamia Lehmanni” est ce que l'on nomme au-delà de tout axiome sujet/objet une pierre angulaire d'un édifice pourtant fragile mais sur lequel l'ouvrage du temps n'a aucune prise. Et si la version CD de 1992 supervisée par Lustmord (et éditée sur une subdivision de Mute) offre un mix quelque peu différent il rend un des plus beaux hommages qui puisse être à un chef-d’œuvre : demeurer à tout jamais dans un écrin que rien ni personne ne pourra souiller. (chronique parue à l'origine dans Noise Magazine n°4, fev/mars 2008)

note       Publiée le jeudi 15 août 2019

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sergent_BUCK › vendredi 13 janvier 2017 - 04:15  message privé !
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J'en suis, merci du tuyau !

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Hazincourt › jeudi 12 janvier 2017 - 16:19  message privé !

Si vous aimez ce superbe album, je vous conseille l'écoute de "Paradiso (Amsterdam 30/05/1987)" un bootlegs au son très cool sous titré "Zamia Lehmanni live" et qui possède une version hargneuse de Crack!.

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Coste › lundi 28 septembre 2015 - 20:40  message privé !

Je découvre enfin. On dirait un parfait gemischt entre Eno et Lustmord.

The Gloth › samedi 29 novembre 2014 - 22:58  message privé !

Inspiration de J.K. Huysmans en effet : le Zamia Lehmanni et l'Alocasia Metallica sont deux des variétés de plantes que Des Esseintes se fait livrer, dans le chapitre de "A Rebours" où il collecte des végétaux qui ressemblent à tout sauf à des plantes.

Note donnée au disque :       
ricccco › jeudi 22 novembre 2012 - 15:35  message privé !

mon préferé de spk et de loin