Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesSSear Bliss › Grand destiny

Sear Bliss › Grand destiny

10 titres - 46:37 min

  • 1/ The slowing of time
  • 2/ The world beyond
  • 3/ Death in torment
  • 4/ Arx idolatriae
  • 5/ Labyrinth of pain
  • 6/ Hate blade
  • 7/ Black heart
  • 8/ God man
  • 9/ Moments of falling
  • 10/ Infinitude

enregistrement

Enregistré et mixé au Homestudio Szombathely du 6 novembre au 9 décembre 2000. Ingénieur : Bertalan Domby. Produit par Andras Nagy, Zoltan Schönberger et Bertalan Domby.

line up

Andras Nagy (basse, vocaux); Zoltan Schönberger (batterie); Istvan Neubrandt (guitares); P. Andras Horvath (guitares); Tamas Kondor (session clavier); The Sear Bliss Brass section : Zoltan Pal (trombonnes); Robert Pinter (trompette)

chronique

Styles
metal extrême
Styles personnels
black metal atmosphérique

Que l'on ne s'y trompe pas : ce qui distingue Sear Bliss de la masse des groupes de black metal n'est ni son pays d'origine, la trop rare Hongrie, ni même cette fameuse particularité d'avoir incorporé à son line-up une section cuivre, bien que ce dernier aspect ai un impact évident sur la musique du combo. Non, Sear Bliss se distingue tout simplement par la qualité et la forte personnalité de son black metal. Sombre, lourd, sordide, dépressif et sauvage, Sear Bliss est aussi percutant dans la profonde noirceur de ses passages les plus violents, que dans l'atmosphérique, le grandiloquent, et la mélancolie. De ruées blastiques dévastatrices à la force imparable en ponts instrumentaux mélodiques et délicats, les pièces de "Grand destiny" allient contraste et cohérence, espace et ténèbres, faisant preuve d'une richesse de vocabulaire à la fois rare, et parfaitement maîtrisée. Du furieux "The world beyond" au doomesque "Infinitude", Sear Bliss nous ouvre grand les portes d'un univers obscure et fascinant, traversé de rage et de haine comme de lourdeurs dramatiques, affectionnant les envollées cosmiques et grandioses, les larmes acoustiques, et les thèmes fatalistes assénés à grands coups de trombonne et trompette. Un arpège seul et triste souligné d'une longue plainte de cuivre profond, et "Death in torment" se termine avec classe, désespoir et sobriété, bien loin des poncifs du genre, ou d'une fureur devenue inutile face à la seule pertinence de quelques notes. Dévasteur ET atmosphérique? Sear Bliss a su mettre de son côté les atouts indispensables à une telle alchimie : une production lourde et crue d'où ressortent avec éclat les plages de piano et de guitares acoustiques, une basse mixée en avant qui assoit la lourdeur, l'étrange et le sordide, des vocaux très profonds et puissants à la reverb' parfaite, un soutien à la fois sobre et ample des claviers qui propulse les moments les plus nocturnes dans les sphères du cosmique et du grandiose, insiste sur le désespoir des accords, et enfin un travail des riffs et des rythmiques extrêmement soigné. Du plus black au plus heavy, les guitares sont constamment inspirées et justes, leurs soli frappés de technique et de musicalité en rajoutent autant au sentiment de folie qu'au plaisir purement musical. Elément principal de la composition, le riff prend chez Sear Bliss une dimension particulière grâce à tous ces détails d'arrangements qui viennent le transcender : intervention des cuivres, appui des claviers, alternance de rythmiques entraînantes et de breaks, une mise en perspective remarquable des différents passages par le truchement de structures riches et fouillées, mais jamais trop complexes. Pas le moindre sourire, pas de rayon de soleil : Sear Bliss fait dans le sombre, le triste et le déchirant, les paysages de limbes qu'ils nous font traverser sont glauques et étouffants, les accalmies rythmiques sont autant d'occasion de s'asseoir pour pleurer. Les triples croches déroulent des notes agressives tandis que le heavy pèse de syncopes malignes et d'harmonies terribles. Chaque pièce est une mine de trouvailles, une preuve de savoir faire, un manuel dépressif. Aussi cru et brutal que subtil et savant, "Grand destiny" s'impose comme un grand album de back metal, et marque un pas certain des inimitables Sear Bliss vers la maturité. C'est beau, c'est noir, c'est triste et éprouvant : c'est à ne pas rater.

note       Publiée le jeudi 14 avril 2005

partagez 'Grand destiny' sur les rseaux sociaux

ajoutez des tags sur : "Grand destiny"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Grand destiny".

ajoutez une note sur : "Grand destiny"

Note moyenne :        4 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Grand destiny".

ajoutez un commentaire sur : "Grand destiny"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Grand destiny".

vargounet › mercredi 11 mai 2011 - 20:07  message privé !

Oui PHANTOMS tue, j'adore cet album surtout le troisième morceau avec des solos de folie.

romano666 › mardi 10 mai 2011 - 23:32  message privé !

J'ai du mal à rentrer dedans et s'il faut que je m'y force, c'est pas bon... on verra avec le temps !

C'est dommage que vous n'ayez pas eu l'occasion de jeter une oreille sur Phantoms, car rien que le titre "far above the trees" mérite 5 boules pour l'album !!

vargounet › samedi 13 février 2010 - 13:42  message privé !

Faudrait que j'écoute celui-ci car Phantoms est définitivement excellent. Très épique avec des riffs qui font mouche, du BM atmosphérique très bon cru.

LordDerrick › mercredi 8 novembre 2006 - 21:29  message privé !
Je ne possède (pour l'instant) que l'album "Glory and Perdition", mais je vais prestement me pencher sur leurs précédentes réalisations ! L'avantage avec ce genre de groupe méconnu, c'est que leurs albums sont facilement dispo à moindre prix...
noar › dimanche 24 avril 2005 - 03:44  message privé !
Le type même de groupe méconnu malgré un potentiel élevé. Je ne parlerais que pour "Phantoms" et "The Haunting" qui sont leur 2 premiers albums. Tout est là (malgré une prod' approximative), le groupe a sa personnalité, des compos inspirées qui jouent beaucoup sur les ambiances en alternant les passages furieux, atmosphériques, les breaks, pas mal de bonnes mélodies, quelques solos heavy...Le tout auréolé de beaucoup d'emphase apporté notamment par quelques notes de claviers mais surtout renforcé par les cuivres sur ces climats trippants. Donc un groupe qui possède un certain charme, hors des sentiers battus. Pour la suite, je remarque simplement qu'il ne reste du line up originel que le bassiste chanteur mais ca paraît encore bien alléchant!