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Jackie McLean › Let freedom ring

4 titres - 38:06 min

  • 1/ Melody for Melonae (13:24)
  • 2/ I'll Keep Loving You (6:18)
  • 3/ Rene (10:03)
  • 4/ Omega (8:29)

enregistrement

Van Gelder Studio, Englewood Cliffs, New Jersey, USA, 19 mars 1962

line up

Walter Davis, Jr. (piano), Billy Higgins (batterie), Jackie McLean (saxophone alto), Herbie Lewis (contrebasse)

remarques

Il s'agit du pressage cartonné 24-bit japonais à tirage limité

chronique

Styles
jazz
Styles personnels
post bop > avant garde

L'heure est grave. C'est ce que semble exprimer sans plus attendre les touches d'ivoire qui donnent à l'entrée dans ce disque tout son côté dramatique. McLean n'est pas Coleman, aussi, même si son discours s'émancipe et traduit, disques après disques, son obstination à vouloir s'écarter de cette sacro-sainte déclinaison d'accords, communément admise et utilisée à l'excès, il maintient ses expérimentations dans un cadre dans lequel il est toujours parvenu à s'épanouir, celui du hard bop. Le disque s'ouvre donc avec "Melody for Melonae", deuxième titre qu'il dédie à sa fille après "Melonae's Dance", en bonus sur la version cd de "Jackie's Bag" ; ce ne sont pas ses débordements au saxophone - que d'aucun qualifierait de fausses notes - qui font le disque. C'est néanmoins la première fois que McLean ose franchir ce pas décisif entre une interprétation passionnée, vécue de l'intérieur, et la même interprétation, dont la puissance irrépressible amène à ce qui pourrait être interprété comme un étalage impudique d'un cri porté vers l'extérieur. Assimilant les leçons de Coleman (liberté de choix d'accords) et de Coltrane (déclinaison de l'échelle modale), Jackie McLean est peut-être un des seuls acteurs de l'époque à proposer une synthèse des courants alors les plus novateurs, sans concéder le moindre terrain à la facilité. L'altoiste est conscient de ce qui se trame, et ce n'est pas un hasard si, fait rarissime, il choisit de signer lui-même, les notes de pochettes. Dans ce nouveau quartette, aucun des quatre titres de ce tir groupé n'échappe aux violentes poussées dissonantes du saxophoniste, même pas le très posé "I'll Keep Loving You", un titre de Bud Powell. "René", dédié à son fils, mais surtout à sa suite, "Omega", en hommage à sa mère, renforce un mode d'écriture à la fois très original et très moderne (l'utilisation de la contrebasse de Herbie Lewis sur ce titre en est un parfait exemple). "Let Freedom Ring" est à Jackie McLean ce que "Giant Steps" fût pour Coltrane ; le point à partir duquel ils se révélèrent avant tout à eux-mêmes.

note       Publiée le jeudi 7 avril 2005

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Note moyenne        5 votes

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gregdu62 Envoyez un message privé àgregdu62

Un bel album, un sax peu routinier mais qui en effet n'en est pas pour autant froidement technique et emporte l'auditeur dans son élan - mon préféré à ce jour de McLean leader sur les 3 écoutés (surtout après l'ennuyeux "capuchin swing" que je n'ai pas re-tenté). ici, la découverte s'est accompagnée d'un replay régulier du premier morceau

Note donnée au disque :       
Coltranophile Envoyez un message privé àColtranophile

Il est rare d'écouter un artiste triturer son propre vocabulaire, se lancer dans de l'inédit tête la première et arriver à ne pas ennuyer ou frustrer l'auditeur. Et McLean pourtant réussit à être fascinant ici car même s'il ne maîtrise plus la donne comme sur ses disques hard-bop, il est constamment sincère, d'une sincérité aussi évidente que touchante. Merveilleux.

Note donnée au disque :