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Gracious ! › S/t

  • 2000 • Vertigo UICY-9032 • 1 CD

5 titres - 44:28 min

  • 1/ Introduction (5:52)
  • 2/ Heaven (8:08)
  • 3/ Hell (8:29)
  • 4/ Fugue in D Minor (5:02)
  • 5/ Dream (16:57)

enregistrement

Spring Studio, Londres, Angleterre, printemps 1970

line up

Paul Davis (chant, guitare 12 cordes, timpani), Martin Kitcat (mellotron, piano, piano électrique, clavecin, chant), Alan Cowderoy (chant, guitare), Tim Wheatley (basse), Robert Lipson (batterie)

remarques

Il s'agit du pressage cartonné japonais à tirage limité

chronique

Styles
progressif
Styles personnels
pop psychédélique

Dans les jeunes années soixante-dix, alors que la musique pop s'enrichissait de sons étranges et de modes d'écriture s'éloignant d'une certaine forme d'académisme (avant de finir par en devenir une elle-même), la majorité des gros labels crurent bon de créer des sous labels spécialisés dans ces musiques encore dites alternatives. Les premiers, Decca mirent sur pied Deram (avec la clique Caravan et Camel), puis vint Emi avec Harvest (que rentabilisera Pink Floyd) et enfin Philips et le mythique Vertigo. Avec Charisma, et dans une moindre mesure Neon (sous label de RCA) et le presqu'incongru Island, tous ces labels eurent une importance capitale, trop souvent passée sous silence, dans la propagation de ce langage musical d'un nouveau genre qui allait faire couler beaucoup d'encre. De tous, Vertigo demeure sans doute un des plus prestigieux et des plus respectables. Tout simplement de par la qualité des artistes et des albums qu'il signa. Avec Black Sabbath, Uriah Heep, Colosseum, Gentle Giant et bien des années plus tard, Dire Straits, Vertigo avait de solides locomotives pour bien mener sa barque. Et pour financer des projets audacieux qui nous font prendre conscience, bien des années plus tard, à quel point la musique progressive était inventive à son époque alors qu'on la juge aujourd'hui sur des artistes qui pensent la pratiquer tout en l'ayant méticuleusement vidée de tout son sens. Le premier album de Gracious nous ramène donc à cet âge d'or. Jusque là, le groupe de Paul Davis et Martin Kitcat s'était fait connaître pour avoir fait les premières parties des Who. Pourtant, la musique de Gracious n'est pas sévèrement burnée, mais plutôt construite autour de déléctables subtilités qui mènent par la main l'auditeur au travers de cinq tableaux haut en couleurs. Il y a un foisonnement d'idées extraordinaires sur ce disque qui évoque la richesse harmonique des Beatles (sans compter sa référence parodique évidente dans un court passage du psychédéliquement kilométrique "Dream") et la candeur de Yes dans ses toutes jeunes années ("Introduction"). La thématique est explicite ("Heaven", "Hell") et les ambiances se succèdent avec un minimum d'effets pour un maximum d'efficacité (orgue, piano électrique, beaucoup de clavecin et enfin du mellotron sont mis à contribution). Une orchestration exemplaire, des digressions impromptues qui vont de la sonate pour piano au clair de lune de Beethoven à des brèves de comptoir, Gracious brouille les pistes tout en dessinant les contours d'une oeuvre à la forte personnalité qui pourrait paraître désuette aujourd'hui si délibérément on ne souhaitait pas prendre en compte son contexte ; en 1970, aucun des grands ténors du courant n'avait encore publié de disque d'une telle densité et d'une telle modernité ! Ça laisse réfléchir...

note       Publiée le vendredi 1 avril 2005

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Aladdin_Sane › jeudi 19 juillet 2018 - 14:37  message privé !

Tiens, je n'avais pas encore remarqué que cet album était chroniqué sur le site. Découvert dans les années 80 quand j'explorais les rééditions du label Vertigo (je me souviens avoir découvert également Cressida à l'époque). Au final, un très bel album qui mériterait plus de reconnaissance.

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Hymnos › mercredi 22 février 2006 - 12:22  message privé !
Second Hand ? Une chro ! une chro ! une chro ! :-)
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Progmonster › mercredi 22 février 2006 - 11:39  message privé !
avatar
...et Second Hand qu'on oublie aussi trop souvent :o)
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Hymnos › mercredi 22 février 2006 - 11:12  message privé !
Di'diou… qu'il est bon celui-là ! Avec Touch et Gnidrolog, un des groupes les plus modernes du début des années soixante-dix. Il faut absolument l’écouter ou le réécouter, c’est un régal !
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