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Liaisons Dangereuses › Liaisons dangereuses

  • 2003 • Hit-thing Hit Thing CD 005 • 1 CD digipack

cd • 10 titres

  • 1Mystère dans le brouillard
  • 2Los ninos del parque
  • 3Etre assis ou danser
  • 4Apéritif de la mort
  • 5Kess kill fê show
  • 6Peut être...pas
  • 7Avant - après Mars
  • 8El macho y la neva
  • 9Dupont
  • 10Liaisons dangereuses

enregistrement

Conny's Studio, Allemagne, juin 1981

line up

Chrislo Haas (Chris Hass) (musique), Beate Bartel (musique), Krishna Goineau (chant), Joanna (chant)

remarques

chronique

Styles
electro
cold wave
new wave
Styles personnels
new wave minimale

Voilà une réédition que je n'ai pas manqué d'attraper au passage...beaucoup de souvenirs de dancefloor du milieu des 80's...rien pour rajeunir, mais une sorte de bonheur intact à l'écoute de ces étranges morceaux. Le projet Liaison dangereuses fait partie de ces formations de new wave minimale et créative dans lesquelles on peut classer Fad Gadget, No more, Grauzone, Kas Product...Des morceaux comme 'Los ninos del parque' rappellent même certaines pièces de groupes comme Malaria (rien d'étonnant puisqu'on y retrouve une de ses membres, si mes infos sont exactes). La structure démarre généralement sur une ryhtmique éléctronique minimaliste composée d'un rythme minimum et d'une basse sythétique; s'ajoutent par le suite divers sons (synthé, saxo) mais en règle générale, les mélodies sont réduites à leur plus simple expression. Le chant est très particulier, assez déshumanisé, presque caricatural par instants; alternant entre français et espagnol, avec un accent que je trouve charmant mais qui pourrait bien rebuter certains, il débute des textes dont il est parfois complexe de saisir toute la portée poétique, dirons-nous ('Je vis dans une montagne russe, je suis un glaçon qui fond...' ou 'C'est l'histoire d'un garçon qui ne pouvait pas arrêter de danser, il regardait tout autour de lui, tout le monde était assis...'). L'aspect délirant, légèrement expérimental ('Dupont') fait que l'ensemble, malgré son âge, reste assez crédible et vieillit plutôt bien. Les fans de sonorités 80's seront comblés.

note       Publiée le mardi 29 mars 2005

chronique

J’avais écrit une chro de Liaisons Dangereuses sans savoir que Twilight avait déjà posté la sienne (ne jamais sousestimer le vieux goth, jamais – ne jamais croire qu’on connait Guts dans ses moindres recoins) et puis je me suis dis "finalement pourquoi pas la poster, ça peut toujours servir". Qu’est-ce que j’en disais déjà, de ce disque ? A peu près ça, je crois : Album culte. Album encore trop méconnu. "Album en avance sur son temps" - une formule galvaudée qui prend tout son sens ici. Pour les quelques-uns qui douteraient encore que la new wave n’a pas sa place sur Guts, j’ai entre les mains un produit de premier choix qui leur prouvera le contraire. Un album moche. Un album kitsch. Un album glauque. Sur cet opus éponyme, œuvre d’un duo, Beate Bartel et Chris Haas, épaulé par le chant de Krishna Goineau, on se retrouve face à un de ces vieux ancêtres underground de la techno, et accessoirement (pour ceux que ça intéresse) une des plus grosses références de l’electro clash popularisée par les Miss Kittin & The Hacker, Tiga et consort. Et pourtant, tout ça sent le malaise à plein nez. Liaisons Dangereuses s’essaie en 1981 à une electro pop minimale et dansante à forts relents cold wave, la même année qu’un certain Alles Ist Gut. On pense par moments à une version malade de Soft Cell, à un cousin éloigné de DAF délesté de tout le côté ‘sexe & testostérone’, interprété par un déséquilibré dans un squat décrépi. Mais s’il est un disque auquel je pense irrésistiblement à son écoute, et même si le but et le style son différents, c’est bien le Play Blessures d’Alain Bashung, dont Liaisons Dangereuses est en quelque sorte le frère caché. Même ambiance cafardeuse, glauque et glaciale. Mêmes échos de malaise nocturne, mêmes paroles dérangées, entre humour macabre ("Kess Kill fé show") et phrasés littéraires troubles et ambigus, avec passages plus expérimentaux à la clé ("El Macho Y La Niña"). Certains titres comme le tube mythique proto-techno "Los Ninos Del Porque" (qui sonne toujours du tonnerre et qu’on croirait sorti récemment) se veulent plus enlevés, mais d’autres se vautrent dans une atmosphère des plus sordides, à l’image de cet "Apéritif de la Mort" vénéneux. Sinistre, vraiment. Dansant, et inconfortable en même temps. Moche comme une salle de bains abandonnée. Si les rythmes s’imposent d’eux-mêmes, le chant, fort laid, demande un temps d’adaptation - imaginez une voix french new wave bien old school à la Partenaire Particulier, en pire. Rire nerveux autorisés. Une fois les gloussements estompés on se retrouve seul, dans le froid et l’insalubre, dans un chiotte lugubre, dans une ruelle grise, bref loin de toute chaleur humaine, tenu éveillé par les beats glaciaux et la voix du Buffalo Bill de service - en ayant constamment l’impression que cette mascarade pas très drôle ça n’a pu être enregistrée que dans l’appartement d’un type louche, en vue de faire danser sa collection de mannequins. A passer pendant vos petites sauteries entre amis pour mettre l’ambiance.

note       Publiée le vendredi 23 janvier 2009

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Note moyenne        5 votes

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Dioneo › lundi 10 juillet 2017 - 18:34 Envoyez un message privé àDioneo
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Oui, j'avais vu ça - et je me suis procuré cette bande-son, tu penses bien eh eh. Bien disparate, pleine de pistes que j'ai envie de suivre et d'autres qui me font plutôt dire "euh, ah, OK" sans vouloir forcément pousser. Et bon aussi... Faut dire que la lecture du bouquin m'a donné surtout envie d'écouter en entier les albums ou EP - y'a pas toujours d'album, certains n'ayant pas eu le temps d'en faire avant d'arrêter ou de créer/devenir d'autres projets - des groupes cités là-dedans. (Je bloque pas mal sur Amok Koma, ces jours, notamment, le premier Abwärts... Imparfait sans doute, éclectique, mais avec des choses - une deuxième partie de disque en particulier qui se tient beaucoup mieux que le début en terme d'enchaînements, consistance... - qui m'accrochent bien. Assez intrigant truc, pour le moins).

Shelleyan › lundi 10 juillet 2017 - 18:29 Envoyez un message privé àShelleyan
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Il y a aussi un cd compilation qui va avec ;0)

Dioneo › lundi 10 juillet 2017 - 16:38 Envoyez un message privé àDioneo
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Et pas étonnant avec ça que ce disque sonne tout à la fois joueur et affolé (au sens de précipité, pas le temps de calculer), premier degrés et plein de bizarreries dont on se dit qu'elles doivent être codées ou du moins blagues intimes... Et je l'aime vraiment bien, perso, ce disque tout bidouillé et plein d'idées en vrac, parfois complètement naïves, frais, avec autant de noirceurs que de rire à peine retenu qui bouillonnent sous les surfaces synthé - expé sous les toits comme ils disent donc, et nourri du plaisir de faire plutôt que de son image. (Un peu tout ce qui manque je trouve à la plupart des groupes des scènes néo-cold/goth/... qui rejouent aujourd'hui ces scènes avec toutes les fringues et les poses d'époques bien choisies sur les photos... L'humour pas "xième degrés" du truc, aussi, qui fait que ça va au delà de la blague).

Dioneo › lundi 10 juillet 2017 - 16:30 Envoyez un message privé àDioneo
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"CHRISLO HAAS : L'album n'est né qu'à cause de cette liaison dangereuse avec la Bartel. Nous l'avons enregistré entièrement dans une petite chambre sous les toits. C'était devenu possible pour la première fois avec l'apparition de ces trucs portables. Faire l'amour toute la journée, travailler la nuit. Ce fut une putain d'affaire sexuelle. Presque pornographique. Le disque a été conçu dans ce champ de force, faire l'amour, tripatouiller un peu les machines...

BEATE BARTEL : Nous avons fait le mix chez Cony Plack. J'avais deux nuits pour le réaliser. C'était violent. Nous savions que nous n'aurions qu'une seule chance, c'est tout. C'est de là que vient cette chose. Aucun montage. Tout est live"

(Propos cités in Dilapide ta jeunesse/Verschwende Deine Jugend, recueil de bouts d'interviews agencés par Jürgen Teipel sur les scènes punk/postpunk/new wave/neue deutsche welle allemandes - en gros entre 1976 et 1983... Intéressant bouquin qui incite à se replonger dans tout ça, même à aller chercher d'autres groupes/projets issus de cette histoire, pas forcément aussi connus que les "évidents" Neubauten, ci-présents Liaisons, Malaria!, Palais Schaumburg... Ou D.A.F., évidemment, chez qui le mec a même chopé son titre).

dariev stands › vendredi 23 janvier 2009 - 19:57 Envoyez un message privé àdariev stands
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Hey, ça veut dire quoi ça ? que un mec des Liaisons Dangereuses joue sur Der Kleine und die bose et sur Produkt ? putain, j'en apprend une là... merci ! laisse moi le temps d'entraver quelque chose à ces deux albums de malade et je chronique ça !!