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Philip Glass (1937) › Akhnaten

cd 1 | 7 titres | 69:50 min

  • ACTE I : ANNEE 1 DU REGNE D'AKHENATON, THEBES
  • 1 Prélude : Refrain, première strophe, deuxième strophe [10:44]
  • 2 Prélude : Troisième strophe [0:40]
  • 3 Scène 1 : Funérailles d'Aménophis III [8:59]
  • 4 Scène 2 : Le couronnement d'Akhénaton [17:15]
  • 5 Scène 3 : La Fenêtre des Apparitions [9:03]
  • ACTE II : ANNEES 5 A 15, THEBES ET AKHETATON
  • 6 Scène 1 : Le Temple [12:47]
  • 7 Scène 2 : Akhénaton et Néfertiti [10:10]

cd 2 | 7 titres | 58:50 min

  • 1 Scène 3 (début) : Narration, La Ville [2:30]
  • 2 Scène 3 (fin) : Danse [5:10]
  • 3 Scène 4 : Hymne [13:35]
  • ACTE III : ANNEE 17 ET LE PRESENT, AKHETATON
  • 4 Scène 1 : La Famille [11:36]
  • 5 Scène 2 : Attaque et chute [7:43]
  • 6 Scène 3 : Les Ruines [7:28]
  • 7 Scène 4 : Epilogue [10:37]

enregistrement

Eglise Karlshöhe et Tonstudio Bauer, Ludwigsburg, Allemagne, 1987. Produit par Kurt Munkacsi et Michael Riesman.

line up

Dennis Russell Davies (direction), Orchestre et choeur de l'Opéra National de Stuttgart. Distribution vocale : Paul Esswood (contre-ténor, Akhénaton), Milagro Vargas (alto, Néfertiti), Melinda Liebermann (soprano, la reine Tye), Tero Hannula (baryton, Horemhab), Helmut Holzapfel (ténor, grand prêtre d'Amon), Cornelius Hauptmann (basse, Aye), Victoria Schneider, Lynne Wilhelm-Königer, Maria Koupilova-Ticha (sopranos, filles d'Akhénaton), Christina Wächtler, Geraldine Rose, Angelika Schwarz (altos, filles d'Akhénaton), David Warrilow (récitant).

remarques

Première représentation à l'Opéra National de Stuttgart, le 3 mars 1984.
Cette édition discographique a été reprise telle quelle par Sony.

chronique

"Akhnaten" ("Akhénaton" en Français), créé en 1984, est le dernier volet de la trilogie entamée avec "Einstein on the Beach" (1976) et "Satyagraha" (1980) - laquelle trilogie représente sans doute ce que Philip Glass a fait de mieux. Des cellules mélodiques sont communes aux trois opéras, ainsi que le choix d'axer la "narration" (qui n'en est pas vraiment une) sur une personnalité importante de l'histoire de l'humanité. "Einstein..." représentait l'apogée de l'orthodoxie répétitive du compositeur américain ; puis "Satyagraha" donnait à cette musique un souffle nouveau, une sorte d'élan sacré néo-paganiste, qui se confirme pleinement avec "Akhénaton", dans une ambiance tout de même nettement plus lourde et solennelle (on rapprochera d'ailleurs certains traits de cet opéra des fameuses "Carmina Burana" de Carl Orff : écoutez la scène des funérailles d'Aménophis). Il faut dire qu'une bonne partie de ce qui était dans les voix de "Satyagraha" est passée ici dans l'orchestre, un orchestre beaucoup plus fourni, puisque toutes les panoplies de cuivres et de percussions se sont ajoutées. Toutefois, Glass, qui n'est pas un grand orchestrateur, mais qui est malin, garde une singularité de timbre, puisqu'il supprime tous les violons (ne gardant qu'altos, violoncelles et contrebasses pour les cordes). Résultat ? Une sonorité nettement plus artificielle, plus "synthétique" (dans la "Danse" par exemple) qui est précisément l'effet recherché. Il y a dans la pâte sonore de l'orchestre, alourdie des vents et cuivres utilisés à foison, une sorte d'épaisseur, d'onctuosité, de moelleux, qui servent à merveille cette musique hypertonale, dans la fluctuation de ses arpèges tournoyants et dans la transe de ses pulsations qui s'entrecroisent. Comme dans "Satyagraha", il s'agit d'une suite de tableaux, donnant ici à voir les principaux moments de la vie du pharaon Akhénaton, pharaon rebelle à l'ordre institué qui créa une nouvelle religion (le premier culte monothéiste connu dans l'histoire de l'humanité - un culte au soleil, "Aton"). Akhénaton fut renversé dans la violence et un retour à l'ordre ancien fut rapidement décidé. De même, le choix de l'Egyptien ancien comme langue chantée sert à focaliser l'auditeur non sur le sens littéral des paroles mais sur le caractère sacré du rituel (ce qui faisait le charme de la messe en latin, n'est-ce pas ?). L'aspect "zen" de la musique de "Satyagraha" a toutefois laissé place à un aspect cérémonial et imposant, voire même monumental : tout est gravité, hauteur (à l'image de ces pyramides du haut desquelles...) Mais l'inspiration mélodique du compositeur est encore à son zénith : le caractère hypnotique de la "Fenêtre des apparitions", l'émouvante scène d'amour entre Akhénaton et Néfertiti, l'Hymne, d'un lyrisme suave et habité... autant de moments extatiques dont l'Américain avait alors le secret, servis par une interprétation et un enregistrement cette fois-ci excellents. Et les voix ? me demanderez-vous, car nous sommes quand même dans un opéra. Eh bien c'est un autre point fort de cet enregistrement. Philip Glass a décidé de confier le rôle-titre à une tessiture de haute-contre, qui lorsqu'elle se mêle à l'alto de Néfertiti ou au soprano de la reine Tye, donne un résultat des plus envoûtants. Bien sûr, cette tessiture d'homme qui en voix de tête chante aussi haut qu'une femme, pour qui sait réellement l'apprécier, n'est pas de ce monde... C'est d'ailleurs très émouvant d'entendre le mythique Paul Esswood, contre-ténor qui avait participé à l'aventure du "renouveau baroque" avec Nikolaus Harnoncourt et Gustav Leonhardt pour la première intégrale des cantates de Bach, et qu'on retrouvait chantant le sublime "Erbarme Dich" sur la première Passion selon Matthieu par Harnoncourt. Une bien belle fin de carrière que lui offre en tout cas Philip Glass : beaucoup de chanteurs se seraient sans doute damnés pour être les premiers à interpréter le duo avec Néfertiti, le trio de la "Fenêtre des apparitions", ou bien encore les plaintes déchirantes du final. C'est par cet opéra que Glass tente le plus de s'inscrire dans une certaine tradition de musique vocale sacrée, et qu'il y réussit le mieux, sans renoncer le moins du monde aux particularités de son langage musical.

note       Publiée le mercredi 23 mars 2005

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Arno › samedi 14 février 2015 - 21:23  message privé !

Je vais le voir demain à Anvers... Excité comme une puce...

stankey › dimanche 11 novembre 2012 - 12:43  message privé !

Je ne connais pas du tout cet artiste à part la musique de Candyman, vous donnez envie de partir à l'abordage ^^

Jacques Capelovici › dimanche 11 novembre 2012 - 12:04  message privé !

Tiens, c’est justement ce que j’écoutais ce matin en faisant du rangement (besoin du souffle épique des Funérailles d'Aménophis III pour s’y mettre). Et même réflexion : envie de voir ça sur scène, "La Chute de la maison Usher" d’il y a quelques mois m’aillant passablement déçu (sentiment de déjà-entendu + héroïne goth-pouf tape à l’œil tout droit sortie d’une couverture d’Orkus).

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zugal21 › samedi 10 novembre 2012 - 23:24  message privé !

Acquis récemment. Séduit. Envie de le voir sur scène.

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Hallu › mercredi 1 août 2012 - 06:30  message privé !

Vu Koyaanisqatsi en live hier, et c'était... triste. Michael Riesman faisait chef d'orchestre/clavier principal, et il a été désastreux. Des fausses notes dans tous les sens, des problèmes de rythme, de synchro avec la projection du film... Sans compter le mec qui a juste à dire "koyaanisqatsi" 20 fois en 90 min, mais qui trouve quand même le moyen d'en foirer un... Bref très déçu, seuls les chanteurs et les instruments à vent tenaient la barraque.

Note donnée au disque :