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Luc Ferrari (1929-2005) › Les anecdotiques : exploitation de concepts n°6

cd • 15 titres • 54:28 min

  • 1Numéro Quatro, Ronda, Espagne, juin 2001 (un groupe de touristes espagnols dans un musée)
  • 2Plaza de toros, Ronda (l'arène est en réparation)
  • 3Essayage, Saint Jean d'Angélys, France, juillet 2001 (pendant une répétition, les comédiens essaient leur costume)
  • 4Le ciel de Toscane, Italie, août 2001
  • 5Superstrada n°2, Toscane
  • 6Un cyprès au coucher du soleil, Toscane
  • 7Mer d'Eze, France, septembre 2001
  • 8Les vendanges, Saint-Laurent d'Eze, France
  • 9Le ranch, Texas, USA, octobre 2001
  • 10Chicago, USA, octobre 2001 (répétition pour un concert Harley Davidson, Texas)
  • 11Promenade du dimanche dans un village
  • 12Les chaussures rouges, L'Estaque, France, juillet 2002 (visite à la cimenterie Lafarge)
  • 13Trou de mer, L'Estaque, juillet 2002
  • 14La Joliette, port de Marseille, France
  • 15Les portes du Rove, L'Estaque, même période (le Rove est un tunnel maritime qui donne dans une calanque à l'est de L'Estaque)

enregistrement

Enregistré à... se reporter au détail des titres ! Monté, mixé et réalisé par Luc Ferrari à l'atelier Post Billig entre juin 2001 et octobre 2002.

line up

Luc Ferrari (réalisation sonore), Brunhild Meyer Ferrari (traduction et voix en allemand)

remarques

Il s'agit d'une commande de Deutschlandradio, Berlin.

chronique

Luc Ferrari est un des plus fameux représentants, avec Pierre Henry et quelques autres, de cette musique concrète française qui recherche partout dans la nature un matériau musical, destiné à être remodelé pour former un monde sonore cohérent et se suffisant à lui-même. Contrairement à Pierre Henry, cependant, Luc Ferrari n'est pas un démiurge du son, un formidable bâtisseur de cathédrales sonores à l'univers halluciné et mystique. Non, Luc Ferrari est un plasticien délicat, qui enregistre un paysage sonore existant, au hasard de ses pérégrinations (regardez les titres des morceaux), et qui lui fait subir de subtiles métamorphoses, qui le recompose pour lui donner une perspective différente. Cette entreprise est unique dans l'histoire de la musique ; et son résultat est absolument fascinant. Comment décrire ça ? Vous entendez des touristes dans un musée, des voitures qui filent à toute allure sur une autoroute : vous êtes en "territoire connu" ; et puis, progressivement, par la répétition de certains sons, par quelques déformations imperceptibles, ces objets sonores s'animent d'une manière différente, ils acquièrent un rythme, une harmonie les uns par rapport aux autres qu'ils n'avaient pas auparavant. Et ce paysage qui vous était si familier devient une oeuvre d'art, grâce à la vision qu'en a donnée l'artiste. Luc Ferrari n'est pas à proprement parler un musicien, c'est un peintre, à cette différence près que le sens utilisé n'est pas la vue, mais l'ouïe. Ce qui aurait pu n'être qu'un laboratoire, un champ d'expérimentations rebutant, devient une expérience formidablement sensuelle, déroutante sans être effrayante. Le compositeur nous fournit des lunettes qui donnent une nouvelle dimension à des réalités sonores qui semblaient banales, et c'est exaltant au possible, d'autant plus qu'il tisse pour nous perdre d'étranges correspondances entre chaque étape du voyage, et qu'il y mêle quelques sons "extérieurs" : notes électroniques flottantes, interviews de femmes qui parlent de leur intimité et traductions occasionnelles en allemand par une récitante (il s'agit d'une commande de la radio allemande). Et ces éléments "extérieurs" sont non seulement parfaitement intégrés, mais ils établissent une liaison entre les "lieux" visités, que l'on finit par percevoir comme nécessaire, naturelle. Oui, je serais tenté de faire le commentaire le plus con du monde, mais tant pis, je le dis : c'est de la magie, et de la magie opérée avec "presque rien", pour reprendre le titre d'une autre de ses oeuvres. Inutile de parler en détail de chaque titre, ce serait nuire à la voluptueuse harmonie et à la continuïté sonore qui se dégage de l'ensemble. Ha, une dernière chose : ne vous fiez surtout pas au titre de ce disque : il n'a rien d'anecdotique. Sorti en 2004, il s'impose au contraire comme une des oeuvres majeures du compositeur français. N'accordez pas non plus d'importance au sous-titre, "exploitation de concepts" : il n'y a rien ici de cérébral ou d'intellectuel qui puisse rebuter l'auditeur ; embarquez-vous sans hésiter.

note       Publiée le dimanche 6 mars 2005

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CeluiDuDehors › lundi 29 août 2005 - 19:01 Envoyez un message privé àCeluiDuDehors
Luc FERRARI (1929-2005) RIP!
Slugbait › mercredi 27 juillet 2005 - 12:29 Envoyez un message privé àSlugbait
celui la est completement génia, tres poétique, tres beau, tres touchant. sacrément funky, surtout quand il va a l'Estaque - d'ailleurs notons que Le Rove est un bled et que le tunnel du rove (désormais effondré) permettait de rejoindre l'etang de berre a partir de l'estaque. Ce tunnel se situe du coté des calanques, au niveau justement du rove. (précision sans interet aucun, sinon je me serais abstenu bien évidement)
Eliphas › lundi 7 mars 2005 - 16:28 Envoyez un message privé àEliphas
ça fait plaisir toutes ces chroniques sur le classique contemporain, surtout que ça tombe droit au moment ou je commence à m'intéresser à ce genre de musique!