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György Ligeti (1923-2006) › Works for piano : Etudes, Musica ricercata

26 titres - 74:16 min

  • ETUDES POUR PIANO (PREMIER LIVRE, 1985) - 1/ Désordre (2:22) - 2/ Cordes à vide (3:16) - 3/ Touches bloquées (1:57) - 4/ Fanfares (3:37) - 5/ Arc-en-ciel (3:52) - 6/ Automne à Varsovie (4:27) - ETUDES POUR PIANO (DEUXIEME LIVRE, 1988-1993) - 7/ Galamb borong (2:48) - 8/ Fém (3:05) - 9/ Vertige (3:03) - 10/ Der Zauberlehrling (2:20) - 11/ En suspens (2:07) - 12/ Entrelacs (2:56) - 13/ L'escalier du diable (5:16) - 14/ Coloana infinita (1:41) - MUSICA RICERCATA (1951-1953) - 15/ I (2:43) - 16/ II (3:52) - 17/ III (1:12) - 18/ IV (2:18) - 19/ V (3:12) - 20/ VI (0:50) - 21/ VII (4:04) - 22/ VIII (1:15) - 23/ IX (2:15) - 24/ X (1:22) - 25/ XI (4:14) - ETUDES POUR PIANO (EXTRAIT DU TROISIEME LIVRE - 1995) - 26/ White on White (3:52)

enregistrement

enregistré à la Salle de Musique, La Chaux de Fonds, Suisse, du 6 au 9 décembre 1995

line up

Pierre-Laurent Aimard (piano)

remarques

Il s'agit du troisième volume de l'édition Ligeti, qui, sous la supervision du maître en personne, doit regrouper à terme l'intégrale de sa musique. Commencée par Sony Classical, cette gigantesque entreprise est actuellement poursuivie par Teldec.

chronique

Styles
musique classique
contemporain
Styles personnels
musique contemporaine / piano

Attention ! Avant de rentrer dans ce monument, il convient de se découvrir en signe de respect, et de s'enlever de l'esprit tous les préjugés que l'on a sur la musique contemporaine en général, et sur celle de Ligeti en particulier. Ses Etudes sont véritablement universelles, échappant à toute catégorisation ; et elles s'imposent comme les plus importantes partitions pour piano seul écrites dans la seconde moitié du vingtième siècle, rien de moins. Le compositeur hongrois en a commencé la publication en 1985 et a continué régulièrement, jusqu'à aujourd'hui, à ajouter des pierres à l'édifice. Alors par où commencer ? Ce qui frappe en premier dans cette musique, c'est la richesse extraordinaire des timbres du piano, la multitude de couleurs évoquées par un seul instrument, utilisé dans tous les registres imaginables, d'une tintinnabulation de clochettes jusqu'à des grondements d'outre-tombe. Ecoutez la fresque impressionniste d'"Automne à Varsovie" : ce sont les feuilles des arbres que l'on voit tomber, les gouttes de pluie que l'on entend. Il y a là un véritable traité des sensations (écoutez aussi "Vertige", la bien-nommée). Souvent, c'est une nostalgie poignante qui sourd de ces pièces ("Cordes à vide", "Arc-en-ciel" qui fait croire à du Keith Jarrett ou du Bill Evans, "Entrelacs"). A d'autres moments, c'est l'aspect percussif de l'instrument qui prime ("Désordre", "Galamb borong", l'énergie cinétique de "Fanfares"), dans une virtuosité souvent extrême, mais jamais gratuite.Le sommet est sans doute atteint avec les deux dernières études du deuxième livre : un motif ascensionnel qui s'accélère de "L'escalier du diable" à "Coloana Infinita", et qui finit par vous étourdir, débutant dans le registre le plus grave du piano et se terminant par le martèlement frénétique de la touche la plus aiguë, après être passé par les tournoiements d'une véritable spirale sonore. Les influences de Ligeti sont très nombreuses, mais ça n'est que du Ligeti que l'on entend en définitive, nous faisant passer par tout le spectre des émotions : terreur et exaltation, sublime et grotesque, larmes et rire, car le compositeur hongrois n'a pas oublié son sens de l'humour ("Touches bloquées") et il y a toujours dans son oeuvre un aspect ludique. C'est ce qu'atteste également "Musica Ricercata" (1953), pièce beaucoup plus rigide dans le principe et dans l'esprit (deux notes différentes utilisées pour le premier numéro, trois pour le deuxième, puis quatre, cinq...jusqu'aux douze notes du onzième) mais qui, souvent ironique, laisse entendre des ambiances variées nous faisant vite oublier le parti-pris de départ : cavalcades, valses, fugues, et dans VII, utilisation d'un moteur rythmique qui fait fortement penser à la musique répétitive d'un Philip Glass, vingt ans avant lui... Cette interprétation de Pierre-Laurent Aimard, pianiste ayant des affinités particulières avec la musique contemporaine, a été supervisée par le compositeur lui-même. Bon, je crois que vous m'avez compris : vous devez vous frotter à ce disque.

note       Publiée le lundi 28 février 2005

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darkmagus › samedi 31 août 2013 - 01:22  message privé !

J’adorre les « musica ricercata », faussement hésitantes et naïves, j’ai retrouvé le même esprit dans les pièces pour piano et piano préparé de Mauricio Kagel, notamment celles réunies sous le titre énigmatique de « Rrrrrrr ».

Tallis › jeudi 22 août 2013 - 07:28  message privé !

Parfaitement fascinant

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ellington › jeudi 2 avril 2009 - 02:23  message privé !

Etrange d’abord . Dérangeant . Bancal . Emouvant à la dérobée . Mélodique mais avec une grande méfiance de la mélodie . Vivifiant . Moqueur .C'est la mort qui est évoquée souvent mais nous n’aurons pas droit à un requiem . Ligeti n’est pas là pour me consoler . Ligeti me fait peur .

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Trimalcion › vendredi 1 avril 2005 - 15:02  message privé !
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Oui, c'est ça. En fait, Sony a laissé tomber en cours de route pour cause de changement de "politique" au sein de cette maison de disques (trop coûteux...) et Teldec a continué sous le nom de "Ligeti project" je crois. Chez Teldec, il y a notamment eu un deuxième enregistrement du fameux "requiem", qui jusqu'ici ne connaissait qu'une seule interprétation datant de 1968.
Note donnée au disque :       
Arno › vendredi 1 avril 2005 - 03:16  message privé !
Si j'ai bien compris Trimalcion, y a 8 volumes chez Sony et 5 chez Teldec pour le moment, c'est ça ?... J'ai trouvé le 6 à ma médiathèque, qui se termine par une oeuvre à l'orgue insupportable, c'est géant...