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Frank Wright › Uhuru na umoja

5 titres - 34:03 min

  • 1/ Oriental Mood (8:57)
  • 2/ Aurora Borealis (7:48)
  • 3/ Grooving (6:54)
  • 4/ Being (6:30)
  • 5/ Pluto (3:54)

informations

Paris, France, 1970

line up

Bobby Few (piano), Noah Howard (saxophone alto), Art Taylor (Arthur Taylor) (batterie), Frank Wright (saxophone ténor)

chronique

  • free jazz

Peu de souffleurs ont pu rivaliser avec Frank Wright. Peter Brötzmann, Pharoah Sanders, Albert Ayler... Que des ténors. Que des terreurs. Que des tueurs. Il y a une force, une pugnacité dans le vent chaud qui secoue les pièces métalliques de leurs instruments qui bouscule, qui dérange, qui fait se rendre compte qu'il se passe effectivement quelque chose, quelque chose d'à la fois grave, dans le sens important, et de fondamental. Entouré d'une fine équipe, cet autre exilé parisien trouve en Noah Howard (déjà aux côtés de Archie Shepp pour "Black Gipsy") l'élément complémentaire qui viendrait par opposition corroborer l'authenticité de ses éructations, comme l'air qui viendrait donner plus de volume au feu malin d'un pyromane. C'est d'ailleurs à Howard que nous devons les cinq plages de ce très spirituel "Uhura Na Umoja" qui s'inscrit en droite ligne de la grande tradition Coltranienne ; depuis "A Love Supreme", puis avec les manifestes "Karma" et "Jewels of Thought" de Pharoah Sanders, il fait partie de ces disques qui transforment le post bop introspectif de ces musiciens en un champ de bataille intérieur pour la conquête d'un au-delà intouchable auquel tous ils aspirent. Des phrasés sinueux, langoureux et délicats, presque attendrissants, ouvrent le bal sur "Oriental Mood". Ce n'est que pour mieux se laisser submerger par le torrent d'émotion qui va bientôt s'extraire de sa cage thoracique sous peine d'imploser. Si Frank Wright se faisait appeler Révérend c'est parce que derrière ses robes et capes loufoques digne d'un Sun Ra, il était en musique comme on est en religion. Jamais aussi à l'aise, jamais aussi libre d'être tel qu'en lui-même que quand il empoigne son saxophone ténor. On retrouve ici la même urgence qui à l'époque grilla les neurones de Christian Vander à l'écoute de "Impressions" ou "Meditations", lui soufflant à l'oreille l'idée un peu folle de créer le concept Magma. Une énergie sans pareille. Un engagement total. Un disque incroyable.

note       Publiée le samedi 26 février 2005

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    Coltranophile Envoyez un message privé àColtranophile

    C'est reparti pour du Frank Wright en intraveineuse. Étonnant que sa "tétralogie" commencée avec "One For John" soit si peu considérée.

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    Cinabre Envoyez un message privé àCinabre
    avatar

    Indispensable pour les amateurs de free!

    Note donnée au disque :       
    WZX Envoyez un message privé àWZX

    Ca cause pas mal du Church Number Nine, dans les comms de ce disque. Du coup, j'ai essayé. Et j'suis sur l'cul ! C'est... c'est, oui c'est du Rock. Incandescent comme rarement, tout feu tout flamme pendant 45 minutes, sans relâche, sans répit, sans jamais briser l'élan. Bobby Few survolté, Muhammad Ali sort la grosse caisse qui groove salement. Et ça poutre ! Merci les gars (les zicos comme les défricheurs qui ont signalé la perle) !

    WZX Envoyez un message privé àWZX

    Quelle ouverture de disque ! Etonnante aussi, presque solennelle, comme une procession. Et puis d'un coup la frénésie. La qualité de l'enregistrement est remarquable, et on profite à fond du son magnifique des quatre. Le titre donne un éclairage qui aurait valu d'être dans la chro : Uhuru Na Umoja, devise nationale de la Tanzanie (indépendante depuis une poignée d'années à l'époque) qui signifie Liberté et Unité.

    Coltranophile Envoyez un message privé àColtranophile

    Il doit être épuisé malheureusement. Sinon, ses disques ESP sont dispos sur un seul double CD dont l'excellent "Your Prayer". Il y a beaucoup de bons disques sur America mais aussi intense que celui-ci, non à part peut-être le "Space Dimension" que j'ai cité mais qui n'est malheureusement pas réédité. L'autre America que j'adore et qui est peut-être mon préféré avec celui-ci, c'est le "Scorpio" de Arthur Jones qui lui non plus n'a pas été réédité. J'ai du mal à saisir pourquoi mais la coincidence est triste.

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