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Steve Lacy › Mal Waldron with Steve Lacy quintet

5 titres - 61:34 min

  • 1/ Vio (18:24)
  • 2/ Jump for Victor (8:54)
  • 3/ Blue Wee (12:32)
  • 4/ Vio [alternate take] (12:37)
  • 5/ Jump for Victor [alternate take] (9:07)

enregistrement

Studio Decca, Paris, France, mai 1972

line up

Kent Carter (contrebasse), Steve Lacy (saxophone soprano), Mal Waldron (piano), Steve Potts (saxophones alto et soprano), Irene Aebi (violoncelle, voix), Noel McGhie (batterie)

remarques

chronique

Styles
jazz
Styles personnels
free jazz

Ces deux-là étaient comme les doigts d'une main, inséparables. Mal s'est éteint à Bruxelles en 2002 et il ne restait plus à Steve qu'à le suivre, chose qu'il fit deux années plus tard. Entrée en matière bien macabre pour un duo de solistes dont la fascination commune pour les abstractions post bop de Thelonious S. Monk avait cimenté leur union artistique au-delà de toute vraisemblance. Deux corps, deux instruments, et pourtant, Mal Waldron et Steve Lacy ne parlaient que d'une seule voix. Ils se sont souvent retrouvés associés sur disque, même dans des projets plus intimistes, en duo, revisitant leur mentor (comme sur "Communiqué" paru en 1992 chez Black Saint), et toujours une osmose, une symbiose qui fonctionne dès la première seconde. Waldron occupe l'espace sans être imposant mais possède au bout de ses doigts cette sensibilité à fleur de peau qui fait rimer silences avec impact émotionnel appuyé de par sa science de la note exacte. Je ne devrais pas dire une chose pareille, mais si jamais vous étiez tenté d'acquérir un des deux titres de cette collection où apparaît le quintette de Steve Lacy sans vraiment trop savoir lequel, je vous dirais sans hésiter de vous précipiter sur celui-ci. Chaque secteur du travail effectué par le groupe en l'absence de Waldron sur "The Gap" est ici magnifié, dopé par sa présence qui apporte une profondeur, une consistance à l'ensemble sans pour autant nuire au désir de liberté véhiculé par cette musique. C'est vrai, l'atmosphère paraît tout de même moins austère, mais Steve Lacy ne se prive pas pour nourrir nos tympans de quelques redoutables stridences dont il a le secret. Trois titres seulement - mais quels titres ! - et en bonus deux prises alternatives qui aideront peut-être les plus réticents à reconnaître la qualité exceptionnelle de ces deux interprètes. De l'impressionniste "Vio" aux notes faussement aléatoires prodiguées par Mal Waldron sur "Blue Wee", en passant par l'habituel tandem de soprano entre Lacy et Potts sur "Jump for Victor", c'est encore un superbe disque de jazz moderne que la série Free America nous propose d'écouter.

note       Publiée le samedi 26 février 2005

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notes

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WZX › lundi 10 août 2020 - 23:02  message privé !

Pas très commenté, ce disque. Pour ma part je l'avais laissé de côté après peu d'écoutes, la faute surtout aux deux soufflants mixés très en retrait. Mal Waldron est impressionnant en tout cas, avec un jeu atypique : presque toujours en accords plaqués, cellules rythmiques répétées/transposées, progressions harmoniques implacables. Et une belle habilité dans la façon d'amener les transitions entre solos, qui ne paraissent pas juste collés les uns à la suite des autres. Parmi les moments que je retiens : le sommet d'intensité sur le solo de Steve Potts sur Vio, le deuxième solo de soprano de Blue Wee avec ces tremolos de piano à l'atmosphère mystérieuse.
Et il faudra que j'essaie les versions bonus, pas présentes sur mon disque !

Reflection › samedi 2 mars 2013 - 17:47  message privé !

Petite question pour les connaisseurs :

Les enregistrements suivant valent-t-ils le coup ? Je ne connais que l'enregistrement, ici chroniqué, de ces 2 comparses.

Mal Waldron - Steve Lacy ‎– Sempre Amore (1987)

(label italien)

Steve Lacy / Mal Waldron ‎– Snake-out (1982)

(label suisse) Live 14 aout 1981 DREHER/Paris

Je vous remercie

Coltranophile › mercredi 4 juillet 2007 - 16:31  message privé !
Une fois n'est pas coutume, on sera d'accord sur celui-ci, c'est en tout cas le point de départ idéal pour découvrir Waldron et Lacy à l'oeuvre ensemble. Lacy, étant un saxohoniste terriblement rigoureux, a souvent été taxé d'une certaine froideur ou d'être volontairement hermétique. A tort sans doute, car quand Waldron est à ses cotés, son lyrisme apparaît évident. Et Irene Aebi n'en est pas encore à emmerder tout le monde avec sa pseudo-voix. Les bonus sont loin d'être inutiles.
Note donnée au disque :