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Paul Bley / Annette Peacock › Improvisie

2 titres - 37:37 min

  • 1/ Improvisie (13:55)
  • 2/ Touching (23:42)

enregistrement

Club B14, Rotterdam, Hollande, 26 mars 1971

line up

Han Bennink (batterie), Annette Peacock (piano, piano électrique, synthétiseur, basse, chant), Paul Bley (piano électrique, synthétiseur)

remarques

chronique

Styles
jazz
Styles personnels
free jazz

Si la curiosité est un vilain défaut, son absence totale transforme le prétendu artiste en quidam sans saveur. Ce qui ne fût pas le cas de Paul Bley, pianiste obtus qui a su intégrer son talent mélodique dans un phrasé résolument free, quelque part entre Bill Evans et Keith Jarrett, à l'opposé d'un Cecil Taylor. C'est la bague au doigt de l'ex-épouse de Gary Peacock qu'il entraîne avec lui sa femme, Annette, dans l'aventure. Ou plutôt, c'est l'inverse... Car Annette Peacock, faut il le rappeler, fût une des premières à utiliser le synthétiseur, et de fil en aiguille, ainsi en était-il aussi pour Paul Bley. Le "Synthesizer Show" était né et allait nous livrer quelques disques plutôt inclassables. Le line-up de "Improvisie" est le même que celui de "Dual Unity", à savoir Bley au piano électrique, Peacock au synthétiseur et au chant et l'hollandais volant Han Bennink à la batterie. La recette est la même aussi, sauf qu'"Improvisie" semble moins enclin aux compromissions. La plage titre est ouvertement sauvage, faite de sons inédits et d'agressions sonores contrôlées, érigeant un décorum harmonique hors du commun que même un Syd Barrett suspendu au plafond à l'aide d'un pinceau n'aurait pas pu imaginer. Faut dire qu'Annette Peacock, en bon élève de Thimothy Leary, se soignait elle aussi à grand renfort de tubes de LSD. "Touching", une réadaptation complètement hallucinée d'un titre paru six ans plus tôt sur l'album du même nom, clôture le concert dans un long déploiement d'effets renforcés par le chant écorché vif d'Annette Peacock. Un disque et une approche singulière qui se manifestera deux ou trois fois encore avant de s'effacer mais dans lequel, je me répète, on peut déjà déceler, en filigrane, l'émergence d'une réelle scène dédiée exclusivement aux expériences électroniques.

note       Publiée le samedi 26 février 2005

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notes

Note moyenne        4 votes

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Kronh › mercredi 6 janvier 2016 - 14:52  message privé !

R.I.P Paul Bley... C'est vraiment l'hécatombe en ce moment :(

Note donnée au disque :       
salida › mardi 25 août 2015 - 16:45  message privé !

Au-delà de l'aspect réellement inouï de cette musique, il y a quelque chose d'enivrant dans ces ballades abstraites, assez cotonneuses grâce aux claviers et aux cymbales, assez tranchantes grâce aux distortions. Bon je l'écoute pas tous les jours quand m hein...

baz › lundi 23 mars 2009 - 14:49  message privé !

Ah ben ouais, c'est sûr, là c'est pas les belles ballades étherées avec altschul qui caresse les fûts et les cymbales! On fait pas dans la dentelle, et les mélodies (et sons) concoctées par Bley sont parfois un peu kitsch, mais par contre, qu'est-ce qu'elle cartonne la mère Peacock! Enorme maîtrise de l'instrument, qu'elle utilise déjà comme un générateur de sons complètement abstraîts, hors de toute référence musicale. La transformation de la voix par le synthé donne des résultats assez surprenants, et l'intervention vocale sur touching est aussi magnifique que glaçante. Bennink transcrit très bien le climat éléctrique de cette session, en alternant interjections et grooves répétitifs. Bref, moi je le trouve hyper bien ce disque, complètement cintré, une véritable descente d'organes musicale. Pur chef d'oeuvre de free de l'espace

Coltranophile › jeudi 5 juillet 2007 - 13:20  message privé !
Bon, je vais commencer par dire que je suis un fan absolu de Paul Bley. Mais ses expérimentations aux synthetiseurs avec Annette, non, définitivement, ça ne passe pas ("Dual Unity" pas plus). D'ailleurs, c'est plus l'univers de Peacock (à l'époque) qui est à l'honneur que celui de Bley; en plus, avec Han Bennink derrière, qu'on choisit rarement pour le soyeux de sa frappe, vous avez droit à une bonne bouille sonore. Pour les collectionneurs uniquement et certainement pas représentatif de l'oeuvre de Bley.
Note donnée au disque :