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The Art Ensemble Of Chicago › with Fontella Bass
- 2004 • America records 067 865-2 • 1 CD digipack
cd • 2 titres
- 1Part One: How Strange / Part Two: Ole Jed22:03
- 2Horn Webb19:39
informations
Studio Decca, Paris, France, août 1970
line up
Fontella Bass (chant), Malachi Favors (contrebasse, basse électrique, banjo, sitar, percussions), Joseph Jarman (saxophones alto et soprano, clarinette, hautbois, flûte, sifflet, sirène, guitare, marimba, vibraphone, clochettes, gong, conga), Roscoe Mitchell (saxophones soprano, alto et basse, clarinette, flûte, sifflet, sirène, cymbales, clochettes, gong, steel drum, conga), Don Moye (batterie, marimba, blocks, clochettes)
chronique
Quel bonheur que de pouvoir réécouter un disque découvert alors qu'on n'avait pas encore franchi le cap de la vingtaine... La réédition de ce disque met, pour ainsi dire, un terme à une quête éperdue qui pourrait s'apparenter à celle du Saint Graal tant j'ai retourné ciel et terre pour pouvoir, à nouveau, laisser mon esprit s'en imprégner. Car, sort cruel, ce disque publié furtivement au format cd à la fin des années quatre-vingt, fut très rapidement retiré des bacs pour une raison qui m'échappe, mais qui doit être très certainement bassement mercantile. C'est amusant car je n'avais en vérité plus de souvenir précis au sujet de ce disque. Seulement le sentiment tenace d'avoir été marqué au fer blanc par la force qui s'en dégageait. A cette époque, je plongeais dans la plus parfaite insouciance dans les profondeurs de l'idiome jazz sans prendre au préalable une bouffée d'air pourtant nécessaire. L'apnée sans oxygène m'a réussi faut-il croire. Je découvrais au même moment "People in Sorrow" et le contraste entre ces deux disques, séparés pourtant d'une seule année, était déjà flagrant. Ils viennent de terminer l'enregistrement de la musique du film "Les Stances à Sophie", un autre monument. Pour cela, ils avaient réquisitionné les talents de Don Moye au rôle de batteur, désormais officiel, et qui rempile ici, mais aussi la grande Fontella Bass - accessoirement épouse de Lester Bowie - histoire de donner de réels coups de sang à ce brûlot free jazz funk. C'est la même Fontella Bass qui, à coup de cris, de larmes et de passion, vient donner un relief nouveau à la musique de l'Ensemble déjà peu avare en détails et en émotions fortes sur ce disque plus proche de leur grammaire d'origine. Une fois encore, et bien que ce soit à posteriori que j'ai découvert ce disque, un parallèle évident peut être érigé avec le mythique album d'Archie Shepp, "Blasé", puisque lui aussi jouit d'une présence féminine, en l'occurrence celle de Jeanne Lee. Incandescent, fougueux, virevoltant, habité, les deux longues plages de ce trésor enfin retrouvé véhiculent un tas de sentiments qui vous nouent les tripes. Bien que mes oreilles se soient depuis habituées à de tels degrés d'abstraction, si bien que je retrouve difficilement le côté hors norme qui m'avait tant frappé à l'heure de sa découverte, je reste toujours aussi admiratif et hautement réceptif devant une musique à la personnalité aussi marquée.
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commentaires
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- Tallis › Envoyez un message privé àTallis
Oui, Urban bushmen est formidable, probablement leur meilleur "live".
- Coltranophile › Envoyez un message privé àColtranophile
La période "parisienne" comme indiquée par jacques d. a été fructueuse et a permis d'avoir une vraie vue de ce qu'était l'AEOC a l'époque, vu qu'il y a un bon paquet de disques. C'est à leur retour aux US que les choses se sont compliquées et que la trace discographique se perd un peu avec un trou d'air entre 1974 et 1979. La "trilogie ECM" (terme impropre vu qu'il y'en a eu d'autres ensuite sur le label) a montré que le groupe avait beaucoup évolué entre temps et était arrivé à synthétiser beaucoup de styles en une musique étonnamment libre et construite pourtant, narrative mais jamais rigide. Le 4e ECM, The Third Decade, est un peu de le début d'une traversée du désert créatif. @gregdu62 "Nice Guys" t'ayant plu (et je te comprends parfaitement), il faut te jeter sur "Full Force" (plus abstrait et limite ambient par moments) et surtout le double live "Urban Bushmen" qui est un sacré brulot.
Message édité le 30-04-2025 à 17:29 par Coltranophile
- Note donnée au disque :
- jacques d. › Envoyez un message privé àjacques d.
Bonjour, toujours avec Fontella Bass, un Art Ensemble of Chicago généralement passé/passant sous les radars, d'une écoute plutôt facile à savoir l'album "Go Home" (paru sur Galloway Records en 1970, leur période "parisienne"), réédité en CD en 2010 chez Free Factory et couplé avec "Chi Congo" (une autre "parisiannerie" de 1970, ils étaient alors prolifiques). Bon, tout ça étant limite éditions "non officielles"... mais valant le détour.
- gregdu62 › Envoyez un message privé àgregdu62
Parmi les albums qu'évoque Darkmagus dans un commentaire il y a "Nice guys" (1979) qui m'a scotché hier soir. Réécouté 2 fois dans la foulée. Au moins 3-4 morceaux d'anthologie je trouve ("Ja", "Folkus", "597-59", "Dreaming of the master"). En ce moment je poursuis mon incursion Anthony Braxton (période 70's) et je me familiarise de plus en plus mais The Art Ensemble of Chicago (assez récent chez moi) me semble plus accessible dans de premiers contacts avec les albums. En tout cas "Nice guys" quel éclectisme aussi (la bascule reggae dans le morceau d'ouverture "Ja" m'a saisi).
- Dioneo › Envoyez un message privé àDioneo

J'ai l'impression qu'il y a meilleur compte à passer par l'amazon(ie), pour le coup... Y'a du neuf (via vendeurs de la "plateforme", surtout) à des prix raisonnables, apparemment.

