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Shub-niggurath › S/t

10 titres - 72:29 min

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  • 10/ (8:07)

enregistrement

France, 1992-1994

line up

Alain Ballaud (basse), Jean Luc Hervé (guitare), Edward Perraud (batterie, percussions), Véronique Verdier (trombone)

remarques

chronique

Styles
progressif
rock in opposition
Styles personnels
avant garde > expérimental > rock in opp

Shub-Niggurath est de retour. Sans doute ce que l’Hexagone a produit de mieux dans le genre depuis Art Zoyd. C’est dire... Enfin, quand je dis qu’ils sont de retour ; rien n’est plus faux ! Ce Shub-Niggurath posthume est comme une offrande déposée sur l’autel de son ignominie afin de lui rendre hommage. Car si la déesse semble éteinte, son esprit vit, et sa musique à travers elle, ne fait que lui rendre grâce (aux plus haut des Cieux, Amen). Constitué de plages enregistrés entre 1992 et 1994, c’est à dire des sessions qui auraient dû déboucher sur le successeur de "C’Étaient de Très Grands Vents", cet album éponyme présente le groupe au moment où il semblait s’orienter vers un retour à plus d’architecture dans leurs folles improvisations, reminiscentes des traces laissées sur "Les Morts vont Vite", sans le chant de Ann Stewart. D’ailleurs, pour l’occasion, la formation se ressert autour d’un noyau moins volatile dans lequel on compte la présence des essentiels Jean-Luc Hervé aux guitares et le bassite Alain Ballaud, secondés par Véronique Verdier au trombone et Edward Perraud qui remplace ici définitivement les talents de percussionistes de Michel Kervinio. Ces dix nouvelles histoires, sans titres, sont toujours aussi crispantes ; guitares, basses et percussions de tout types résonnent, larsennent, saturent, s’entrecroisent, s’entrechoquent, s’invectivent et s’embrasent avec et contre tout ce qui peut l’être dans un décor de fin du monde où la lumière de la rédemption semble incapable de se frayer le moindre chemin. Plus que jamais, l'ombre Keiji Haino mais aussi celles de Gary Smith (Mass) ou Derek Bailey (dans l'expérience Mirakle) rôdent sur leur vision de l'apocalypse. Ceux qui ont tant vénéré la noirceur sépulcrale dégagée par "C’Étaient de Très Grands Vents" regretteront peut-être que le groupe se soit ainsi éloigné du chemin logique qui l’avait jusqu’alors amené à exprimer l’inexprimable avec une économie de moyen sans égal pour revenir à un discours que l’on qualifierait peut-être comme plus jazz post moderne (en grande partie due à l’omni présence d’un batteur qui aimerait avoir l’envergure et le feeling d’un Rashied Ali). La musique de Shub-Niggurath exprime toujours autant le malaise, le cristallise et le fige sur disque afin de le déployer dans l’espace de votre demeure mais il le fait cette fois – et c’est une nuance de taille - avec ce soucis discutable de lui donner des contours plus formels. Tout ceci ne nous empêchera pas de continuer à plebisciter ce groupe regretté dont la grammaire demeure sans commune mesure avec tout ce qui a pu se faire sur le Vieux Continent ces vingt dernières années.

note       Publiée le vendredi 7 janvier 2005

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